Partager l'article ! Bodin ou les années terribles de Satan: « Vengez-vous, ou vous mourrez » : tel devint le slogan de Satan au temps le plus t ...
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« Vengez-vous, ou vous mourrez » : tel devint le slogan de Satan au temps le
plus terrible de son règne, celui de l’Inquisition. Pour leur Dieu « lumineux et vêtu de blanc », pour son Fils resplendissant sur sa croix, les catholiques au pouvoir abusèrent du
pouvoir du feu pour brûler au bûcher combien de victimes innocentes, juger sous la torture tant de gens dont le seul crime fut leur crédulité et leur ignorance. Bodin se réjouit de ces meurtres
en série, jurant qu’ils sont commis pour le bien de l’humanité désormais chrétienne. De leur côté, les satanistes d’en bas n’étaient plus autre chose que des charlatans, des manipulateurs de
masses, des vendeurs à la sauvette, des « baisouillards » prêts à tous les mensonges pour réussir leurs forfaits crapuleux, qu’ils soient financiers ou licencieux. Ils promettaient la
fortune au pauvre… moyennant finances… juraient la fécondité à une telle… moyennant échangisme… La mystique consistait en quelques figures géométriques, les formules magiques en quelques phrases
bien sonnées : et le tour était joué. Ces satanistes ne sont pas à confondre avec ceux « d’en-haut » qui continuèrent malgré
l’Inquisition, même s’ils agirent davantage en secret, ce qui est d’ailleurs le propre d’une telle
activité. D’un côté, des Chrétiens faits juges et brandissant la croix du Christ pour justifier leur génocide et autres meurtres après tortures ; de l’autre, des charlatans se présentant
comme les héritiers de Satan pour usurper le commun des mortels, une justice et une administration faibles, un tel désordre ne pouvait qu’engendrer massacres et
injustices.
Les scènes décrites par ce Jean Bodin montrent à quel point les uns étaient devenus fous comme les autres. Il n’y a pas de « bons » et de « mauvais » mais que des tortionnaires et des assassins, des gens devenus malades mentaux par une morale castratrice, anti humaine.
Eliphas Lévi n’a pas de mots tendres pour Jean Bodin
(1529-1596), écrivant que « cet israélite de conviction catholique par nécessité, n’a eu d’autre intention, dans sa « Démonomanie des
sorciers » (1580), que d’atteindre le catholicisme dans ces œuvres, et de le saper dans le plus grand de tous les abus de sa doctrine. L’œuvre de Bodin est profondément machiavélique
et frappe au cœur les institutions et les
hommes qu’il semble défendre. On
s’imaginerait difficilement, sans l’avoir lu, tout ce qu’il a ramassé et entassé de choses sanglantes et hideuses, d’actes de superstition révoltante, d’arrêts et d’exécutions d’une férocité
stupide. Brûlez tout ! Semblaient dire les inquisiteurs, Dieu reconnaîtra bien les siens ! De pauvres fous, des femmes hystériques, des idiots, étaient brûlés sans miséricorde pour
crime de magie ; mais aussi de grands coupables échappaient à cette injuste et sanguinaire justice ! Ces assemblées de sorciers et de sorcières n’avaient d’ailleurs et ne pouvaient pas
avoir de rites réguliers : tout y dépendait du caprice des chefs et des vertiges de l’assemblée. Ce qu’en racontaient ceux qui avaient pu y assister servait de type à tous les cauchemars des
rêveurs, et c’est du mélange de ces réalités impossibles et de ces rêves démoniaques que sont issues les dégoûtantes et sottes histoires du sabbat qui figurent dans les procédures de magie et
dans les livres des Spranger, des Delancre, des Delrio et des Bodin ». Le même auteur kabbaliste concluant : « Ces noires légendes magiques de Bodin » : le défenseur du
Dieu des catholiques – par nécessité, décrit par maintes descriptions horribles des pratiques sataniques avouées sous la torture infligée par les inquisiteurs défenseurs du
crucifié.
Aussi les seules assertions louables du défenseur de Dieu en 1580 sont celles qui tiennent d’une
connaissance de la kabbale enseignée à cette époque et dont nous rendons compte, sous la forme d’extraits, dans les paragraphes suivants.
Pour lui, le Satan du moyen âge, le Diable qui règne
jusque dans les campagnes, est sans conteste possible, le Pan antique (Priape) : « (…) Nous voyons en la XXIX position sur les Hymnes d’Orphée ces mots, « Frustra naturam adit,
qui Pana non attraxerit ». Pour néant on use des choses surnaturelles, qui aura attiré Pan, c’est-à-dire qui aura invoqué Satan. Car tous les anciens ont entendu par le mot de Pan*,
ce que les Hébreux appellent Satan, et
par les terreurs paniques, ils ont toujours signifié les frayeurs des Diables, et ceux que souffrent les Démoniaques fuyant les malins esprits, quand ils viennent les vexer : et Plutarque au
livre « De Oraculorum defectu », appelle le Prince des Démons le Grand Pan, à la mort duquel les autres Démons furent ouïs faisant de grands cris ».
(* « Le nom de Seth constitue le terme Satan. Les facétieux semblent s’en être emparés comme c’est leur coutume, et en ont fait « Satan », du verbe « Sitan » (New) signifiant « s’opposer ». (Bunsen - HPB – Isis dévoilée ; p.156)
Typhon, l’adversaire d’Horus (Pan), est figuré sous la
forme d’un serpent et il ne fait aucun doute qu’il est plus tard une forme du dieu Seth. Le professeur Reuvens se
réfère à l’invocation de Typhon-Seth, disant que les Egyptiens célébraient la fête de Typhon sous la forme d’un âne, qu’ils appelaient Seth.
Ceci bien que le mot « Seth » semble signifier, en hébreu, ainsi qu’en égyptien, un « pilier », et dans un sens plus direct, « en érection ». Dans une célébration de Mithra, on trouve une fête insolite, celle de l’âne. Le conte initiatique de « Peau d’Âne », repris par Charles Perrault, évoque « l’initiation » sous le couvert de robes de différentes couleurs pour finir par la peau de l’âne.
Plutarque soutient qu’en Egypte, dans le combat qui opposait Horus à Typhon (le Soleil décline en septembre lorsqu’il entre dans la constellation du Serpent, celle-ci allant de la Balance au Capricorne), Typhon s’enfuit durant sept jours sur un âne, et engendre Ierosolumos et Ioudaios. Or, c’est à la même période qu’on raconte qu’un culte était rendu à une divinité nommée AO ou IAO, ces voyelles contrefaisant le braiement d’un âne, il devint évident que Typhon était Seth.
Dans la cérémonie dédiée aux démons de la luxure, on trouve donc conforté l’organigramme démoniaque suivant :
Nord : Ba’al Peor ou Belphégor, Priape
Est : Asmodée ou Asmodeus
Sud : Satan ou Seth An (Anubis)
Ouest : Lilith)

Un point demeure constant, puisque Satan est l’antique Pan (Priape), son domaine de prédilection est la luxure : « Les Hébreux demeurant d’accord que le Diable, par la permission de Dieu, a grand pouvoir sur les parties génitales, et sur la concupiscence, disent en allégorie, que Satan est porté par le serpent. Philon et tous les Hébreux disent que le serpent en sens allégorique signifie « Volupté », « qui se traîne sur le ventre ». Aussi voyons-nous en Tobie, qu’un malin esprit (Asmodée –NDA) tua sept maris, qui auraient épousé la fille de Raguel, la première nuit de noces. Et il ne faut pas s’émerveiller si le Diable se sert fort de telles liaisons, car premièrement, il empêche la procréation du genre humain, qu’il s’efforce tant qu’il peut d’exterminer. En second lieu, il ôte le lien sacré d’amitié entre le mari et la femme ; en troisième lieu, ceux qui sont liés vont paillarder ou adultérer. (…) Ainsi, Satan use de ce moyen pour attirer les hommes à lui, en partie aussi pour empêcher la procréation du genre humain : et néanmoins, il incite les personnes qu’il a gagnées à des paillardises contre nature et des sodomies détestables ». (Jean Bodin Angevin – De la démonomanie des sorciers) Les Pères de l’Eglise, au moyen âge, continuent de dénoncer les antiques pratiques mystiques antiques ayant dégénéré en une prostitution vulgaire menée « à grande échelle », et autres luxures comme les rapports illégitimes ou extra conjugaux.
Bodin est d’accord, les actuels démons sont les dieux antiques : « Des éléments, on est venu aux autres créatures, adorant spécialement les dieux, qu’ils figuraient avoir trouvé le pain et le vin, qu’ils ont nommé Bacchus et Cérès : et les Egyptiens le bœuf, comme le plus vil animal qui soit au monde, sous le nom d’Apis*. Et Satan, pour aider cette opinion, se présentait quelquefois en forme de bœuf (taureau –NDA), et puis à sa mort, on faisait de grands gémissements. Et même les Israélites, ayant la superstition d’Apis (Pan Priape, qui est Belphégor ou Ba’al Peor –NDA) gravée dans leur cœur, pour figurer Dieu, qui les avait tirés d’Egypte, ils firent un veau de fonte ».
(* On se souvient du Baphomet sous la forme de Bacchus, devant qui les Bacchantes dansaient avec sensualité, mouvant leur corps voluptueux à la manière d’un serpent, scène décrite par Edouard Schuré dans « Les Grands Initiés ». Il décrivait Bacchus comme « un taureau au double sexe », soit « Apis Pan Zakhor N’qava » (hbqn rkz Naf syfa), nom dont le chiffre est 666.)
L’auteur cite les témoignages des condamnés pour mœurs sataniques, ne s’étonnant pas le moins du monde qu’ils
avouent sous la torture, et sachant qu’ils vont finir sur le bûcher… Les aveux sont tous nourris d’une folie avant même d’être une vraie bêtise et l’on a de la peine à croire que des gens
inspirés du Fils de Dieu aient pu côtoyer ainsi la bassesse intellectuelle et se fourvoyer dans le meurtre avec aussi peu de répugnance. Nous citons un rare aveu pouvant approcher d’une
vraisemblance : « Tiré de 1552, le docteur Picard et d’autres théologiens décrivit que la fille était entre deux ou trois femmes, soudain ils voyaient qu’elle s’écriait, bien qu’elle se
trouvait liée par les deux mains, en sorte qu’il était impossible de la délier, sans couper le lien, il confessa qu’il y avait un esprit malin. Personne ne voyait rien hormis la fille, qui voyait
un nuage blanc. Et quand les sorcières et les sorciers confessent la copulation charnelle avec le malin esprit, plusieurs médecins disent que ce sont des Ephialtès et des Hyphyaltès, ou Incubes
et Succubes ».
« Et quand à ce point le sorcier Troiseschelles à qui le roi Charles IX donna la grâce pour accuser ses
compagnons, dit au roi, en présence de plusieurs grands seigneurs, que les sorciers étaient transportés aux assemblées, où il se trouve un nombre infini de telles gens, qui adorent le bouc et le
baisent aux parties de derrière, et puis dansent dos à dos sans se voir et après il s’accouplent avec les Diables en figures d’hommes et de femmes ». Ou l’inverse : des hommes et des femmes se déguisent en animaux ou têtes de boucs puis se livrent aux excès
charnels... Copulations entre homme et femme, avec les démons, entre femme et femme, entre homme et homme…
Alors, il décrit à son tour, ces assemblées nocturnes à la lisière du bois, dans les campagnes, où les hommes et les femmes, rassemblées par un chef, fêtaient Priape nommé Satan : « Un nommé Le Gras se trouve aussi en ce lieu aux Diables, qui étaient en forme humaine, mais fort hideux à voir. Après la danse, les Diables se couchèrent avec elle et eurent leur compagnie : et l’un d’eux la prit et la baisa par deux fois, et habita avec elle l’espace de plus d’une demi heure : mais délaissa aller la semence fort bien froide. (…) « Un grand nombre d’hommes et de femmes confessèrent qu’ils étaient la nuit transportés aux danses et puis qu’ils s’accouplaient avec les Diables, qu’ils adoraient en figure humaine ».
« Cela était notoire en toute la Grèce et l’Italie. Car les Faunes, Satyres, Sylvains ne sont rien d’autre chose que ces Démons et malins esprits : le verbe « Satyriser » signifie « paillarder ». Saint Augustin, au 15ème Livre de la Cité de Dieu, dit que telle copulation des Diables avec les femmes est si certaine, que ce serait grande imprudence d’affirmer le contraire. Voici ses mots : « Et quoniam creberrima fama est, multig se esse expertos, vel ab eis qui experti essent, de quoru fide dubitandu non est audisse cofirmat, Sylvanos, & Innos, quos vulgo Incubos vocat, improbos saepe extitisse, mulieribus, & earu appetisse, & peregisse concubitum : Et quosdam Daemones, qui Galli Dusios nuncupant, hanc abidue ammundiciem, & tentare, & efficere, plures, talésque asseuerant, ut hoc negare impudentiae esse vide atur ».
La luxure, force du Diable capable de saisir l’homme jusqu’à sa chair pour en faire son esclave, est un péché contre lequel Jean Bodin lutte de toutes ses forces ; citant la Bible, il prouve que « cette puissance est celle de Satan depuis le début des temps » : « Et qui voudra intelligemment considérer les chapitres 40 et 41 du Livre de Job et discuter les allégories de Béhémoth et de Léviathan, que tous interprètent comme les ennemis du genre humain, du corps et de l’âme, il pourra découvrir de beaux secrets touchant la propriété des esprits malins. Il est dit que la force de Béhémoth est dans ses reins, en son ventre et en sa queue : qui signifie la cupidité et la partie bestiale : et les anciens Hébreux disaient que « Satan a la puissance des voluptés bestiales ». Puis « qu’il s’est vautré entre les marécages », qui signifie « les vices et les immondicités auxquelles Satan se délecte ».