Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 15:03

(Suite du chapitre « Anatomie de la femme par des diaboliques »)

(Suite du chapitre « Rencontres avec des Nymphes et des Démones… »)

(Suite du chapitre « Les diaboliques, les femmes et la « chaîne magique »)

(Suite du chapitre « Comment engendrer le démon ; homoncule ; Golem…»)

 

ca6 lilith & les satyres2La majorité des écrits qui traitent des techniques d’envoûtement concernent des pratiques maléfiques conçues au moyen-âge, bien souvent que le débutant d’aujourd’hui ne peut plus réaliser faute des documents nécessaires et des produits mentionnés introuvables, le tout publié sans doute pour attirer la curiosité des esprits épris d’histoires fantastiques. Mais il est de nombreux cas aussi où la sorcellerie servit des exercices bénéfiques. Rappelons ici que des rituels magiques servent trois causes, celle de la luxure (désir), celle de la compassion (pour soi ou pour autrui), celle de la destruction.

 

Les diaboliques, dans leur quête d’engendrer le démon, s’aidaient du rituel de la luxure. Une belle femme servait leur objectif et, s’inspirant de l’art hiératique, il importait à ces sorciers « qu’elle engendre des démons », lesquels deviendraient autant leurs protecteurs que leurs commissionnaires dans l’invisible. Pour ce faire, ils idolâtraient la femme comme certains le font pour une divinité. Partant de l’enseignement qui dit que « Lilith est la mère des démons, celle qui les enfante », les diaboliques instrumentaient la pratique magique de sorte que la femme qu’ils avaient choisie devînt pour l’heure, Lilith « en persona » ; ainsi les voyaient-on marquer sur son front un pentagramme inversé au centre duquel ils écrivaient le nombre 666, ce même chiffre qu’ils écrivaient sur sa poitrine ; et sur le pubis, comme dans son dos sur le coccyx, le nom de Lilith. Lorsqu’elle était allongée sur l’autel, les diaboliques récitaient au-dessus d’elle des incantations, enchantements, ou même des mantras appropriés. Soudain, « ils voyaient Lilith ».

 

bn7 overblogMais le processus d’identification de la femme avec Lilith ne parvient pas à la réussite avec cette seule mise en scène. Les diaboliques ajoutent, en complément d’étude, que « la femme doit être choisie avec soin, ses prétentions à incarner doivent être évidentes ». En parallèle, « il faut confectionner une dagyde ». « L’ex-voto de l’envoûtement magique est la figure, modelée en cire de la personne choisie dont on veut l’identification avec la démone (Lilith). Plus la ressemblance est parfaite, plus le bénéfice a chance de réussir. La tradition magique prescrit d’administrer à cette image diabolique les sacrements appropriés, jusqu’à répéter les formules de consécrations choisies. Le mieux est de fabriquer l’ex-voto un vendredi. Le nom de Lilith sera inscrit sur sa poitrine ou son ventre, et avec elle, les noms de son serviteur et de ses soutiens. Et sur le front, le nom de la femme choisie pour l’incarner, ou son image, laquelle pourra occuper l’ensemble de la face du voult. Dans la goétie, le prince de l’enfer est invoqué sous le nom de Satan, bien qu’il s’agisse au commencement de Vénus, et ici, pour l’ouvrage de luxure, de Lilith ». « On dit qu’il y a des sorciers, des prêtres ou des mages qui savent fabriquer des momies de cire qu’ils nomment au ventre du nom de la démone puis à la tête du nom de la femme choisie pour le rituel d’identification ».

 

Les formules prononcées sur l’image diabolique pour la consacrer à Lilith sont nombreuses ; certaines, approximatives, proviennent de formules antiques, d’autres, du moyen âge, et il n’est pas impossible que parfois, il s’agisse d’une autre entité d’aspect féminin.

 

Kâlî Lilith NB2Passant l’huile sur l’ex-voto, le célébrant peut formuler l’incantation suivante :

« Celui qui forge l’image, celui qui enchante, la face toute puissante, l’œil concupiscent, la langue douée du serpent, les lèvres du Désir, la parole salace. Esprit infernal incube, souviens-t-en ! Esprit infernal succube, souviens-t-en ! »

 

Ou bien il peut répéter plusieurs fois le mantra oriental connu des tantristes et qui glorifie Kâlî, et que beaucoup attestent comme ayant comme propriété à celui qui le prononce d’accorder richesses, prospérité, et plaisirs sensuels :

 

Krîm Krîm Krîm Hûm Hûm Hrîm Hrîm Svâhâ Kâlî     

 

Mantra qu’il pourra copier sur le corps de la partenaire choisie pour incarner Lilith, à hauteur de ses hanches, devant ou derrière, ou des deux côtés.

 

Ou bien une incantation inspirée de l’invocation à Lilith, que des diaboliques, versés dans le mysticisme de l’Egypte antique concoctèrent :

 

A-lilith-serpent-tortueux3-d-mon-sceau.jpg« Heureux celui que j’admets en ma Présence et qui connaîtra mon noir manteau, celui qui connaîtra mes griffes et se verra dans mes yeux. Voici que l’heure vient et le sistre sonne sept fois, prenez garde, la Démone est dans son Heure, Elle vient en dansant, Elle vient en chantant, Elle vient avec sa faim de sang et de sperme…

Fais l’encensement !

Je suis la Mystérieuse, la Mère des Fantasmes, Celle qui connaît tous les désirs, viens, je suis dans ton amante… tu n’auras jamais plus d’amour et plus de haine pour une autre.

Je suis Lilith, j’aime, je dévore, je protège, je torture.

Appelle-moi, souviens-toi de Celle que j’étais et aime moi. Je suis la Porte Ouverte, la Coupe, la Pute, la Bouche Dévorante, le Puits sans fond. Voici que les étoiles sont sur nous, il est l’heure, le rite est prêt, les flammes sont allumées, Lilith est la Reine ».     

 

Ou enfin le « Pater Noster » suivi du « Je vous salue Marie » que des prêtres « défroqués » modifièrent pour lui porter sacrilège et qui atteste ainsi que ce texte servit à ceux qui invoquèrent Lilith au moyen-âge :

 

Notre Mère qui est en Enfer,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne de luxure vienne,

Que ta volonté soit faite

Sur la Terre comme en Enfer.

Accorde-nous aujourd’hui tes indulgences.

Pardonne-nous nos abstinences comme nous te dévouons nos sacrifices.

Soumets-nous à ta luxure et ne nous délivre pas de ton mal.

Car tu es le Royaume et le Pouvoir et la Gloire pour toujours.

 

Je te salue Lilith, pleine d’outrage,

Mère des Lilis et Lilin, des élus qui sont tes esclaves,

Le Bouc est avec toi.

Tu es bénie entre toutes les démones,

Et Taniniver* le fruit de tes entrailles.

Sainte Lilith, Reine de Sodome,

Maudissez nos âmes errantes,

Maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort.

Aum. Shemhamforash !

 

 

Ou bien la version satanique par excellence, venue de Russie du temps de Raspoutine :

 

« Je suis le tentateur de la vie qui se cache dans chaque bête et dans chaque ventre. Une caverne vibrante, torpide, chargée de nectar, avec l’attrait des plus fins plaisirs. (Au-dessus du Ctéis de Lilith)

 

Je suis une verge dynamique avec une tête d’acier, attirant vers moi des myriades de nymphes, tumescentes de désir ! (Au-dessus du Phallus de Priape)

 

Je suis une joie charnelle luxuriante, un agent porté par le mouvement fou de l’extase ! (Au-dessus de l’union coïtale)

 

Mon corps est un temple, où demeurent tous les démons. Je suis un panthéon de chair ! »

  

Les diaboliques disaient que « la dagyde n’est pas utilisée dans ce cas pour être jetée au feu ou torturée, piquée d’épines pour des volontés mortelles. Au contraire, elle est consacrée tant et si bien à Lilith qu’elle doit la représenter, et si une image, celle de la femme choisie, lui est accolée, celle-ci finit bien par figurer uniquement Lilith. Et si jamais, pour clore définitivement le rituel, un sorcier déciderait de la brûler pour recommencer ce rituel d’identification avec une autre femme, la destruction du voult ne signifierait pas celle de son modèle, mais qu’il envoie son œuvre à son Inspiratrice démoniaque (Lilith) en signe d’humble remerciement via l’Esprit du Feu ou Grand Médiateur ».  

 

lilith2-version-overblog.jpgC’est lorsque « tous les sortilèges occultes auront été affectés à la dagyde que la femme choisie pour incarner Lilith, par l’effet du transfert, le deviendra. Dès lors, elle n’est plus seulement la femme, l’autel, la prêtresse, mais la démone Lilith « en persona », comme disent les diaboliques. Alors les préliminaires, les approches luxurieuses, les fréquentations, fussent-elles conçues sous le sceau de la dépravation, il est d’évidence certain que chacun des sorciers commerce charnellement avec l’Archidémone Lilith, et que du fruit de son opus coupable, chaque acmé voit s’engendrer un démon ». Le même récit décrit une scène telle quelle, « étendue sur l’autel, vers lequel monte un vieux prêtre( ?), qui laisse tomber ses vêtements et se dénude, puis redescend, s’approche d’elle, fait le signe du diable, entre en elle par derrière, sacrifie au rite de Priape, ne cessant point, et le visage rougi, le front mouillé et les yeux tuméfiés, vient à souiller avec sa semence exactement là où est écrit « Lilith » sur le pubis, répétant plusieurs fois : « Consacre, consacre, consacre ». Le suivant, irrité du spectacle auquel il vient d’assister, tenant en main le pieu de Priape pour se protéger des esprits infernaux éventuellement jaloux, prend son tour dans l’orifice de Lilith, celle qui n’enfante point d’enfant mais que des démons, pour son heure du sacrifice. Ainsi de suite, et bientôt, parmi les nôtres, il en est qui conversent avec des présences surprenantes ».     

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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