Partager l'article ! Comment la Lilith fardée devint Lilith d’outre-tombe…: Jérémie dénonce ; 7 - 17 : « Tu ne vois donc pas ce qu’ils f ...
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Jérémie dénonce ;
7 - 17 : « Tu ne vois donc pas ce qu’ils font dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem ? Les fils ramassent les bois, les pères allument le feu, les femmes pétrissent
la pâte pour faire des gâteaux à la Reine du Ciel » ; dont on nous précise qu’il s’agit d’Astarté, laquelle est Mylitta (Vénus), la belle assise sur la Bête (Baal ou
Mithra).
Plus loin, le même prophète ajoute, concernant la confection du priape ou Baal ou Ashera ; 10 – 3/10 : « Oui, les coutumes des peuples ne sont que vanité ; ce n’est que du bois coupé dans une forêt, travaillé par le sculpteur, ciseau en main, puis enjolivé d’argent et d’or. (…) C’est de l’argent en feuilles, importé de Tarsis, c’est de l’or d’Ophir, une œuvre de sculpteur ou d’orfèvre ; on les revêt de pourpre violette et écarlate, ce sont tous œuvre d’artisan ».
Tiens donc, nous trouvons pareilles matières et mêmes couleurs chez la « prostituée de Babylone » que décrit Jean dans son Apocalypse : « La femme, vêtue de pourpre et d’écarlate, étincelait d’or, de pierres précieuses et de perles* ». Outre que la femme peut bien figurer la Babylone entière en tant que pays, la description d’une femme à ce point luxurieuse insiste sur les mœurs des peuples concernées, des femmes plus particulièrement. Et la faute est dirigée vers les gouvernants spirituels que sont les divinités vénérées, Baal Adon et Vénus Astarté Mylitta.
(* La prostituée fameuse : « Alors l’un des
sept anges aux sept coupes s’en vint me dire : « Viens, que je te montre le jugement de la prostituée fameuse, assise au bord des grandes eaux ; c’est avec elles qu’ont forniqué
les rois de la terre, et les habitants de la terre se sont saoulés du vin de sa prostitution ». Il me transporta au désert, en esprit. Et je vis une femme, assise sur une Bête écarlate
couverte de titres blasphématoires et portant sept têtes et dix couronnes. La femme, vêtue de pourpre et d’écarlate, étincelait d’or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la
main une coupe en or, remplie d’abominations et des souillures de sa prostitution. Sur son front, un nom était inscrit – un mystère ! – « Babylone la Grande, la mère des prostituées et
des abominations de la terre ». Et sous mes yeux, la femme se saoulait du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus. A sa vue, je fus bien stupéfait ; mais l’ange me dit :
« Pourquoi t’étonner ? Je vais te dire, moi, le mystère de la femme de la Bête qui la porte, aux sept têtes et aux dix cornes. Cette Bête-là, elle était et elle n’est plus ; elle
va remonter de l’abîme, mais pour s’en aller à sa perte ; et les habitants de la terre, dont le nom ne fut pas inscrit dès l’origine dans le livre de la vie, s’émerveilleront au spectacle de
la Bête, de ce qu’elle était, n’est plus et reparaîtra. C’est ici qu’il faut un esprit doué de finesse !
Les sept têtes, ce sont sept collines sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois, dont cinq ont passé, l’un vit, et le dernier n’est pas encore venu ;
une fois là, il faut qu’il demeure un peu. Quant à la Bête qui était et n’est plus, elle-même fait le huitième, l’un des sept cependant ; il s’en va à sa perte. Et ces dix cornes-là, ce sont
dix rois ; ils n’ont pas encore reçu la royauté, ils recevront un pouvoir royal, pour une heure seulement, avec la Bête. Ils sont tous d’accord pour remettre à la Bête leur puissance et leur
pouvoir. (…) (le Christ est ici assimilé au soleil et à son rôle dans le système solaire)… Et ces eaux-là, poursuivit l’ange, où la Prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des
nations et des langues. Mes ces dix cornes-là et la Bête, ils vont prendre en haine la Prostituée, ils la dépouilleront de ses vêtements, toute nue, ils en mangeront la chair, ils la consumeront
par le feu ; car Dieu leur a inspiré la résolution de réaliser son propre dessein, de se mettre d’accord pour remettre leur pouvoir royal à la Bête, jusqu’à l’accomplissement des paroles de
Dieu. Et cette femme-là, c’est la Grande Cité, celle qui règne sur les rois de la terre ».)
Ces divinités ont été jetés dans la fosse commune, exécutées des millions de fois, à chaque fois qu’une borne publique fut détruite. Finalement, elles ont retrouvé le lieu d’outre-tombe qu’elles n’auraient jamais dû quitter puisque c’est de là que nous venons tous. Des déesses et dieux, leurs opposants en ont fait des démons dont le règne est celui des ténèbres. C’est ce que décrit le prêtre Esaïe, 34 – 14, dans l’une de ses visions prophétiques où il imagine la Reine de Babylone ayant chuté dans un lieu pareil à celui d’outre-tombe :
« Tous ses princes seront anéantis ;
Les épines croîtront dans ses palais,
Les ronces et les chardons dans ses forteresses.
Ce sera la demeure des chacals,
Le repaire des autruches ;
Les chats sauvages du désert rencontreront les hyènes,
Et les Séirim (satyres) s’y appelleront les uns les autres ;
Là aussi se tapira Lilith pour y trouver le calme.
Et trouvera son lieu de repos ;
Là le serpent fera son nid, déposera ses œufs,
Les couvera, et recueillera ses petits à son ombre,
Là se rassembleront tous les vautours ».
Sauf que le texte traduit au plus proche de l’écrit original, cité par Georges Lahy (Vîrya) dans son « Dictionnaire encyclopédique de la Kabbale » (Editions Lahy),
précise : « Là aussi se tapira le spectre de Lilith pour y trouver le calme ». Autrement dit, « ce qu’il restera de
Lilith »… ou de celle jadis « vêtue de pourpre et d’écarlate, étincelait d’or, de pierres précieuses et de perles ».
« Lilith » ne serait donc plus le nom d’un alien d’aspect féminin mais celui acquis par celle déchue. Donc, il s’agirait bien de Mylitta Astarté après sa chute, ce que décrit Jean des
siècles plus tard. De plus, le prophète signale les Séirim ou « Velus » en ce lieu, eux qui incarnent la puissance luxurieuse à l’action plutôt que la mort seulement. Et donc le verset
le plus
juste est : « Le satyre
connaîtra le satyre » ; le verbe « connaître » signifiant ici, comme le précise en note ajoutée la TOB biblique dans Genèse 19 – 5 : « Fais-les sortir vers nous pour
que nous les connaissions » : « Connaître » en hébreu signifie également « avoir des relations sexuelles » ». Soit, confère au verset d’Esaïe, « les
satyres auront des relations sexuelles entre eux ». Leur cortège rapporté par Jacques-Antoine Dulaure est décrit ainsi : « Divers monuments antiques qui nous retracent les scènes
des groupes de satyres, nous représentent des hommes dont la tête était couverte d’un masque entier ou têtière, et le corps et les jambes enveloppées de peaux de bouc. On peut croire que le
travestissement était complet, et qu’un phallus artificiel était substitué au naturel. (…) Que les jeux obscènes des groupes de satyres fussent figurés ou réels, ils n’en étaient pas moins des
attentats à la pudeur publique ; et un père de l’église grecque, révolté de ces scènes scandaleuses, s’exprime de la sorte : « L’homme le plus débauché n’oserait jamais, dans le
lieu le plus secret de son appartement, se livrer aux infamies que commettait effrontément le chœur des satyres, dans une procession publique ». (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités
génératrices)
Le texte d’Esaïe laisse croire que le lieu en question respire tant la mort que les seules entités attirées sont celles qui viennent d’outre-tombe ; mais celles cités ne
conviennent pas au rôle qui leur appartient. Sauf si le prophète se projette dans l’avenir et imagine la chute de celles et ceux qui brillent en haut du pouvoir au
moment où il écrit son exhortation. Dans ce cas, Lilith devient ce qu’il reste d’Astarté
Mylitta, l’antique Prostituée sombre en une vampiresse. Le Zohar 3.69a engage pareille vision dans un langage on ne peut plus « crépusculaire » : « Le Roi a renvoyé la
Matrone, c’est la servante qui a pris la place de la Matrone, et elle favorise les païens, ainsi qu’il est écrit : « C’est pour trois choses que la terre est troublée… par un esclave
lorsqu’il règne, par une servante lorsqu’elle est devenue l’héritière de sa maîtresse ». L’histoire de l’antique Lilith commençait bien par la servante d’Ishtar que ses prêtres nommaient
Innana…
Nous trouvons au moins une ville dans la Bible qui se nomme Seïr, terme signifiant « Bouc » et identifié au satyre grec ; et « Jéroboam avait établi des prêtres pour les hauts-lieux, pour les satyres et pour les veaux qu’il avait fabriqués » (Chroniques2 11 – 15). Plutôt pour les idoles phalliques à la face de taureau représentant le dieu Adon ou Baal… Et Esaïe, lui, se réfère à leur danse lascive dans la Babylone lorsqu’il les décrit avec désolation, écrivant au verset 21 du chapitre 13, « Les Seïrim y danseront », que la Septante traduit par « daimonia ».
Un pareil lieu morbide et mortel que celui exposé par Esaïe est annoncé pour Babylone que le prophète de l’Apocalypse décrit comme une prostituée ; Ap 18.1 :
« Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ; elle s’est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d’esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d’oiseaux
impurs et dégoûtants ». Idem qu’avec Esaïe, le texte peut se lire à différents niveaux, l’un décrit des entités subtiles, l’autre des personnes probablement réelles. Lilith devint ainsi une
démone, soit une entité « demandeuse », condition d’existence qu’elle vivait lorsqu’elle était « prostituée ». Somme toute, la « prostituée » devient une
« démone » outre-tombe : un théorème qui plait aux religions. Sauf que si Babylone a bien chuté, la prostitution ne s’est point arrêtée pour autant, elle a continué dans la Grèce
antique et surtout à Rome. Lilith la Rouge (l’Ecarlate) était toujours autant attirante.
La déesse antique entra dans le règne des démons nommés en goétie les Qliphoth.
