Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 14:44

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A chaque empire qui s’effondre, les hommes croient que vengeance est faite, que les méchants sont punis et que le monde à venir sera désormais doux et agréable pour eux, que la justice inversera le cours des fortunes. Mais les mœurs continuent de même, d’autres prennent la place des anciens et tout recommence.

 

En regard à cette histoire de l’Antiquité, Babylone tombe et avec elle Adon et Mylitta, l’Astarté de toutes les contrées et les nombreux Baals. Mais point leur mystique, encore moins les pratiques luxurieuses qui les consacrent.

 

baphomet-v-nus-avant-apr-s.jpgAdon chute à Babylone, qu’importe à Rome ; pour lui donner plus d’attrait encore, on fait précéder son nom du qualificatif « cupide », en latin « Cupiditatem » (dont l’étymologie conduit jusqu’au provençal « Cobeitat » devenu « convoiter »). « Cupiditatem » signifiait, du temps des Romains, « Qui désire ardemment », dans le domaine de la « concupiscence » bien avant celui «  de désirer posséder des richesses ».

 

Ce mot latin « Cupiditatem » a sans aucun doute servi pour créer le nom du dieu du Désir Cupidon (appelé encore « Amour »), mais pas seulement ; comme il fut conçu dans l’esprit des mystiques, il est forcément l’Adon babylonien, le dieu-taureau, l’exacte reproduction de Bacchus. Pour redonner au culte de ce dernier une dynamique alors qu’il chutait à Babylone, ses inventeurs précisèrent de ce dieu-taureau qu’il était vertement concupiscent et « pris d’un désir ardent », d’où « Cupiditatem Adon » (« Adon le concupiscent » ou « Adon qui désire ardemment ») ou « Cupidon ». Lorsqu’Adon fut officiellement déclaré mort à Babylone, les Romains changèrent sa face de taureau ou de caprin cornu en celle d’un angelot.

 

Car « l’ange souriant » est la représentation angélique du Kerub, figure mystique qu’il perdra parce qu’il est le fils spirituel d’Adon mais personnage physique qu’il deviendra après la mort de son père…

 

L’idée de rendre au dieu-taureau Adon un tempérament « concupiscent » suggérait à ses dévots qu’en sa présence, les limites de la luxure seraient encore repoussées, d’où leur commandement premier : « Tout ce qui est bon est permis ». C’était aussi l’occasion d’une grande porte ouverte une nouvelle fois à la prostitution dite « sacrée ».

 

v-nus-mylitta2-overblog.jpgParfois, des spécialistes de l’étude des noms insistent sur le caractère androgyne de la divinité et promettent que le féminin et le masculin sont toujours contenus dans le nom. Ainsi, « Cupa » signifierait « Coupe » pour Vénus ou Astarté ; et « Adon » pour le dieu-taureau, le Baal. De cette manière, le culte tantrique voyant honorer la déesse et le dieu sous la forme d’un yoni et d’un lingam seraient conservés. L’antique culte de la Shakti, dont la figure pour l’adorer serait celle d’un yoni (ctéis ou mullos), serait devenu celui de Cupidon, ce qui expliquerait pourquoi l’angelot accompagne plus souvent sa mère Vénus que son père, tantôt Jupiter (Adon), tantôt Mars, tantôt Mercure. Pourquoi aussi, dans de nombreuses représentations de l’antique Mylitta babyloniennes, ce sont des femmes ailées qui portent des carcans remplis des flèches et qui remplissent la fonction qu’occupera auprès de la Vénus romaine Cupidon.

 

Des sculptures babyloniennes, et certaines orientales, montrant un fils dans les bras de sa mère, celles de Mithra par exemple, figuraient une mère compatissante tandis que le fils aimait le sang. Ainsi nous voyons un homme tuer un taureau et la légende dit : « C’est Mithra ».

 

Alexander Hislop, dans « Les deux Babylones » précise sur ce sujet : « Si la régénération par le baptême, point de départ des croyances romaines, et la justification par les œuvres, sont toutes les deux d’origine chaldéenne, le principe contenu dans le sacrifice non sanglant de la messe ne l’est pas moins. Tacite nous apprend qu’il n’était pas permis d’offrir du sang sur les autels de la Vénus de Paphos. (…) Cette présomption est grandement confirmée quand nous lisons dans Hérodote que cette coutume extraordinaire et abominable de Babylone, la prostitution des vierges en l’honneur de Mylitta, était observée aussi à Chypre, en l’honneur de Vénus. Mais le témoignage de Pausanias change cette présomption en certitude. « Tout près de là, dit cet historien, parlant du temple de Vénus à Athènes, se montre le temple de la Vénus céleste, qui fut d’abord adorée par les Assyriens, puis par les Paphiens de Chypre, et enfin par les Phéniciens qui habitaient Ascalon en Palestine. Mais les Cythéréens vénéraient cette déesse parce qu’ils avaient appris les rites sacrés par le moyen des Phéniciens. « Ainsi la Vénus d’Assyrie c’est-à-dire la grande déesse de Babylone et la Vénus de Chypre, étaient une seule et même déesse, et les autels non sanglants de la déesse de Paphos montrent le caractère du culte particulier à la déesse de Babylone dont elle était dérivée.

À cet égard, la reine déesse de Chaldée différait de son fils qu’on adorait dans ses bras. Il était, nous l’avons vu, représenté comme heureux de voir le sang répandu. Mais elle, comme mère de la grâce et de la miséricorde, comme céleste colombe, comme espoir du monde, était opposée au sang et était représentée avec un caractère doux et pacifique. Aussi à Babylone elle portait le nom de Mylitta, la Médiatrice. Pour justifier ce caractère de médiatrice, elle fut appelée Aphrodite, c’est-à-dire « celle qui dompte la colère », « celle qui par ses charmes pouvait calmer la colère de Jupiter », et « apaiser les esprits les plus furieux des dieux ou des mortels ».

 

Donc, si une Mylitta antique portait dans ses bras un Mithra/Adon sanguinaire, tenant une arme pour tuer (le taureau en particulier, des victimes sacrifiées ou des ennemis), son avatar grec puis romain, soit Aphrodite et Vénus, tiennent dans leur main un fils dont la caractéristique, à l’inverse d’Adon, est d’être non sanguinaire. En conséquence, son arme, qu’on lui fait tout de même tenir pour signifier son assimilation avec Adon, ne sert pas à tuer mais à aimer.

 

C’est peut être aussi une grande porte ouverte pour légitimer ces pratiques luxurieuses exercées sous la forme d’un sacrifice rendu pour un culte, celui de Vénus (Aphrodite, Mylitta). L’auteur cité ci-dessus rend compte du sacrifice des vierges, nous avons commenté bien d’autres. Sans aucun doute, le fait que Cupidon, assimilé à Adon, porte une arme non plus pour du sang mais pour inspirer du désir charnel, signifie que les sacrifices des dévotes et dévots de Vénus concernaient indéniablement la luxure.   

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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