Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /2009 17:36

Le rayonnement de bleu et de rouge sorti par certaines parties du corps humain et vu par des médiums mis en état d’hypnose correspond, confère aux enseignements orientaux (bouddhisme, tantrisme), aux canaux Ida et Pingala qui longent en se croisant les sept principaux centres de force et qui dessinent le fameux caducée grec.

 

 

Il peut paraître opportun de mélanger les enseignements de différentes cultures. Nous ne le faisons pas par hasard. C’est pour rendre compte de l’activité, au dix-neuvième siècle, d’un certain Charles Hacks, dit « Docteur Bataille » - personnage réel ou imaginaire -, dont l’auteur et éditeur Léo Taxil se fait l’écho dans quelques-uns de ses ouvrages, qui raconte s’être promené en Inde et avoir rencontré des maîtres de Brahmâ lui avoir avoué, après l’avoir écouté décrire les démons de sa mythologie : « Le vrai Brahma est Lucifer ! » (Léo Taxil – Satan Franc-maçon anciennement « Le diable au XIXème siècle »). Vrai ou faux, peu importe. Par contre, le même maître l’emmena dans un temple de Calcutta où Bataille fut saisi d’y trouver l’exacte reproduction de notre Baphomet.

 

(* Léo Taxil, qui reprend les notes du Docteur Bataille, présente la reproduction exacte du Baphomet, tel que l’idole existe dans le Grand Temple Rouge du Directoire Maçonnique de Calcutta (Inde) :  « L’étoile à cinq pointes, formée par cinq lames de métal enchevêtrées les unes dans les autres, et qui figure sur le front de l’idole, n’est autre que le pentagramme magique ; l’hiéroglyphe qui se détache sur le globe terrestre reproduit fidèlement ce que les théurgistes appellent la « signature de Baal-Zeboub ». Le serpent, qui est à la droite du bouc, la tête devant un soleil rayonnant, est le serpent indien, dit Eléphanta ; celui de gauche est le serpent égyptien, dit d’Osiris. Celui qui est enroulé, supportant le globe terrestre, est nommé serpent d’Eva. Les trois serpents sont en or massif, artistiquement ciselés. » Le docteur Bataille ajoute : « … Grâce à un lingam que lui ont remis les fakirs de Ceylan, les portes les plus secrètes des temples lucifériens de l’Inde continentale s’ouvrent devant moi. J’y rencontre des « brahmes » qui parlent un excellent français, et lui révèlent que le « vrai Brahma est Lucifer ! »)


 Comme le veut le principe du « cercle rouge », « tout ce qui, en apparence, était sans lien vient se rejoindre en un point précis ». C’est le cas présentement. Mélangeons les différentes mystiques pour le comprendre.

 

Parmi les sept centres de force ou chakras du serpent Kundalini, corps subtil de l’homme, nous trouvons Svadhisthana, le deuxième centre en partant du bas (plexus sacré), réputé pour communiquer avec le plan psychique, dont les organes sexuels sont les représentants dans le plan physique, dont l’animal symbole est le Makara. Ce Makara, nom fait de Kâma (désir) et Mâra (mort), ressemble à un dauphin, un requin ou une baleine, que les kabbalistes identifient avec Léviathan.

 

 

Le premier centre de force (plexus pelvien), Muladhara, communique avec lui, son point physique est situé dans le rectum (Alain Daniélou – Le mystère du culte du linga – éditions du Relié – p.103) et son animal symbole est un éléphant. Qu’on peut identifier avec Béhémoth. D’où la fréquente collaboration de ces deux esprits infernaux dans le panthéon des démonologues du moyen âge.


  

 Le troisième centre de force (plexus solaire), Manipura, est son supérieur, son autorité mentale ; on le trouve figuré par un bélier. Les spécialistes du tantrisme assurent qu’il s’agit d’Agni, dont le règne est le Feu. Agni est tantôt figuré par un bélier (Soleil) mais tantôt aussi par un bouc (Lune). La kabbale fait correspondre étrangement ce centre avec Netzah, dont la planète est Vénus, et le maître en démonologie Asmodée.


 Une autre étude en science occulte laisse entendre que la baleine Makara (Léviathan) dans la mystique orientale correspond au bouc lascif occidental. Une permutation des lettres suffit à comprendre :

 

Makara

 

 

r

q

m

Conversion des lettres par la méthode At-Bach

 

 

g

d

y

Guedi ou « bouc »

 

 

 

; D’où, sans aucun doute, que les meilleures figures dans la science occulte occidentale, montrent un pentagramme fait d’une tête de bouc entourée du nom Léviathan, parfois aussi « Lilith – Samaël ».

 

 

Voici d’autres correspondances entre les différents arbres et la Kundalini pour les centres cités :

 

Kundalini

Centres physiques

Kabbale

Couleur - élément

Planète

Manipura

Plexus solaire

Netzah (Vénus)

Jaune - Feu

Soleil

Svadhisthana

Plexus sacré

Hod

Yesod

Orange – Eau

Lune – Mercure

Muladhara

Plexus pelvien

Malkuth

Rouge – Terre

Terre

 

Au règne de Qliphoth comme dans le panthéon des démons, ils sont nombreux les esprits infernaux qui règnent dans Svadhisthana (Yesod) ou « juste à côté », comme Lilith, Gamaliel Nahashiel (le Serpent obscène), Samaël (Hod), Belphégor (Priape), Mammon, Anubis, Asmodée (Netzah) et même Satan (Seth) Lui-même (Malkuth de Qliphoth).


Ceux qui cherchèrent jadis à opérer des liaisons entre les différents cultes et différentes croyances - les Gnostiques furent des génies dans ce domaine -, parvinrent à rapprocher le bouc phallique (Priape, Ba’al Peor, Baphomet Mendès) avec la mystique des centres psychiques formant la Kundalini. D’où cette déduction : « (…) Le pentagramme reflète la valeur des deux serpents du Caducée. Leur mouvement est à rapprocher de la circulation des chakras dans le corps subtil du corps humain. Marquès-Rivière (Yoga tantrique) écrit : Il est incontestable par exemple que le caducée érigé à la place du sexe sur les idoles baphométriques et les boucs des sabbats est une représentation (…) d’une connaissance initiatique (…) de la force Kundalini ». (Jean-Pierre Bayard – La symbolique du feu)


 Les kabbalistes aimant personnifier les différentes forces de la nature, surtout celles humaines, chacun des chakras devint une divinité et sa représentation prit la forme de l’animal symbole qui lui correspondait. Ainsi, le centre Svadhisthana fut déifié par Léviathan mais sa figure se dédoubla tantôt en une baleine effrayante tantôt en un bouc lascif au regard concupiscent.

 

Cette figure devint un dieu avant de dégénérer en un démon, car le moyen le plus efficace pour ses dévots de lui rendre gloire était de sacrifier à lui par les organes lui correspondant* et ceux-ci font partie du triangle uro-génital, principalement les orifices sexuels. On surprit alors des rituels particulièrement permissifs où le mystique pratiquait un office incluant la fornication en vue de sacrifier pour son dieu futur démon.

 

(* « Et finalement, certains mystiques le défendent, comment sacrifier à ce démon Léviathan (Satan, Belphégor, Priape, Lilith, Samaël, Asmodée…) autrement que par un rapport charnel puisque les organes qui le représentent dans le corps humain sont les orifices sexuels ? »)  

 

Le premier moyen âge, avec son florilège d’anecdotes salaces, n’est pas exempt de pareils cultes abordés sous la forme d’une messe. Des kabbalistes avaient enseigné aux prêtres d’alors les noms de ces démons, dont nombre d’orthographes ont évolué par rapport aux originales, et ces religieux, adorateurs de Priape, enrichirent leur culture mystique avec celle que nous étudions*.

 

(* Ils apprirent que « Svadhisthana dans Qliphoth, c’est le siège de la décence et de l’indécence, de la morale et de l’immoralité, de la retenue et de la permissivité, du désir et de la luxure ; c’est le lieu du passage entre la réalité et le psychisme, entre la vie (Eros - Kâma) et la mort (Thanatos – Kâma) ou le monde et l’anti-monde ; c’est ce plan et le plan astral (plan psychique). Sa figure est tantôt celle d’un monstre marin, tantôt celle d’un bouc lascif au regard lubrique, exhibant un pieu dressé et démesuré.

 

Evoquant la Kundalini, Carl Gustav Jung écrit : « Le bélier du Manipura est l’animal sacré d’Agni, le dieu du Feu. Sous sa forme astrologique, le Bélier est le domicile de Mars, la planète ardente des passions. En vérité, Agni constitue un symbole parfait, c’est à nouveau l’éléphant (Muladhara), mais sous une autre forme. Le bélier est un animal sacrificiel, exige des hommes un sacrifice et celui-ci concerne les passions ». (CG Jung – Psychologie du yoga de la Kundalini))



Des prêtres de Priape s’engagèrent au moyen âge dans la pratique de ces messes luxurieuses où, pour sacrifier à leur dieu (démon), il fallait engager des liaisons intimes avec des hommes et des femmes. Etant oint par leur Tout Puissant, leur propre organe sexuel ne pouvait que l’être aussi ; par conséquent, pour apporter la force du Bouc dans un couple, la vigueur pour le mâle ou l’assurance de féconder pour la femme, ces prêtres officiaient charnellement. Au point que nous trouvons nombre de témoignages datant du premier moyen âge où ces religieux n’étaient plus désirés dans les maisonnées, la porte leur étant définitivement fermée, doublée d’une considération amoindrie. Jugés trop libertins, leur luxure influençait l’infidélité dans le couple.

 

Ils plaçaient la figure du bouc dans le pentagramme inversé, se signaient le front, priaient pour invoquer quelque démon, pendant que devant eux s’allongeait nue la femme ou l’épouse qui incarnait l’autel ; le religieux, soulevant sa robe, exhibait bientôt une ardeur, dont on disait qu’elle fut celle de Priape Lui-même*, et sacrifiait dans les deux vases à la gloire du Bouc**.

 

 

(* Un exemple d’une consécration du membrum viril mâle, pratiquée lors du culte de saint Côme et saint Damien, inspiré des rituels pour Priape à Lampsaque : « Dans l’église et près du grand autel, on fait la sainte onction avec de l’huile de saint Côme. La recette de cette huile est la même que celle qui est indiquée dans le rituel romain : on y ajoute seulement l’oraison des saints martyrs, Côme et Damien. Ceux qui vont sacrifier se présentent à l’autel, mettent sans honte à découvert leur virilité, laquelle est toujours l’original de la figure en cire qu’ils ont auparavant offerte. Le chanoine, en administrant l’onction sur le membrum virile, récite cette prière : « Per intercessionem beati Cosmi, liberet te ab omni malo. Amen ». Cette huile sainte ne sert pas seulement à l’onction que le chanoine administre ; mais on la distribue dans de très petites carafes, afin qu’elle puisse servir à oindre les lombes (régions lombaires, reins, hanches) de ceux qui sont épuisés à ces endroits. Dans la présente année 1780, ajoute notre observateur italien, quatorze cents de ces carafes ont été débitées aux dévots de ce pays ». (Jacques-Antoine Dulaure – Histoire abrégée des différents cultes))

 

(** Dans les rituels tantriques relatifs au Makara, nous lisons : « Dans le tantrisme, la Grande Déesse acquiert un rang prédominant, on reconnaît là une redécouverte du mystère de la femme, et l’on pratique le rituel des cinq choses interdites, les 5 M (Makara) : le vin (Madhya), la viande (Mâmsa), le poisson (Matsya), les grains grillés (mudrâ) et le commerce charnel (Maithuna) ». Jacob Needleman, dans « Tibet in America », remarque : Dès qu’il est question de tantrisme, diverses associations scabreuses et fantasques s’élèvent dans l’esprit occidental, débouchant d’ordinaire sur un pastiche de science-fiction et des acrobaties sexuelles susceptibles de faire rougir même les plus imaginatifs de nos pornographes contemporains et d’éclipser entièrement les exploits de nos plus robustes guerriers érotiques ». (Mircéa Eliade – Le Yoga : Immortalité et liberté – Payot 1954)



« Vers le milieu du treizième siècle, les chanoines de l’église de Sainte-Marie de Rome, avaient, à l’imitation des prostituées religieuses de l’antiquité, placé le théâtre de leur débauche dans le lieu consacré au culte. C’était dans la chapelle souterraine qu’ils réunissaient des femmes publiques ; c’était en face des objets les plus révérés du christianisme qu’ils se livraient sans crainte à la brutalité de leurs passions » (Jacques-Antoine Dulaure – Histoire abrégée des différents cultes).

 

« Des prélats profitaient de ce désordre, et vendaient aux ecclésiastiques des concubines. Chaque prêtre, même ceux qui, à cause de leur âge, ne se souciaient plus de cette facilité. Les ecclésiastiques non mariés menaient une vie infâme, et, au grand scandale du public, entretenaient plusieurs femmes libertines dans leurs maisons. (…) Ailleurs, on vit des habitants des campagnes qui ne voulaient point recevoir de curé, à moins qu’il n’eût une concubine, de crainte que ces curés ne débauchassent leurs femmes. Aussi les prêtres étaient si méprisés, qu’un auteur contemporain dit, au commencement du treizième siècle, que les seigneurs ne permettaient plus qu’aux fils de leurs fermiers, de leurs domestiques, de leurs serfs, d’embrasser l’état ecclésiastique ; que les prêtres eux-mêmes avaient tant avili leur état, qu’ils n’osaient plus se montrer en public pour ce qu’ils étaient, et avaient soin de cacher leur couronne ou tonsure qui pouvait les faire connaître ». (Même auteur)

 

L’auteur du livre intitulé « Speculum humanae vitae », après avoir passé en revue les abus multipliés qui existaient de son temps dans toutes les classes du clergé, parle ainsi des chanoines : « Plus ils sont libres, plus ils sont licencieux, et se livrent à tous les vices. Une seule femme ne suffit point à un seul chanoine ; et, outre celle qui vit avec eux dans leur maison comme leur épouse, ils ont encore un grand nombre de jeunes filles pour concubines ».

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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