Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /2009 15:05


S’il faut encore distinguer ces trois centres Muladhara, Svadhisthana et Manipura, bien qu’ils travaillent intimement ensemble pour ce qui est des affaires luxurieuses, la correspondance de chacun avec le visage le permet : Muladhara (Terre ; éléphant de terre) se rapporte aux maxillaires inférieurs, mâchoires ; Svadhisthana (Eau ; Makara Léviathan des eaux profondes) à la bouche jusqu’au fond de la gorge ; Manipura (Feu ; Agni le bélier ou Pan Baphomet le bouc (Priape)) aux yeux (rappel des médiums voyant des boucs sortir des yeux par le fluide lumineux qui s’échappe d’eux).



 

En général, les traductions du mot « Svadhisthana » trouvées ici et là dans différents manuels enseignant le tantrisme vont de la formule « lieu d’habitation du Moi » à « Demeure du Soi ». Ces expressions sont aussi claires qu’obscures, aussi strictes qu’imprécises, aussi évidentes qu’insatisfaisantes. Un autre mot « Dévachan » tire racine de « Deva-sthan » ou « Deva-sthana » signifiant « Terre des Dieux » ou encore « Pays des Dieux ». La racine « sthana » se trouve dans « Svadhisthana » et veut donc dire « terre » ou « pays ». Ici, « sthana » peut signifier aussi le « règne » (Sanctus Regnum), « l’Athanor » ou le « dôme ».  

 

 

Passons à la racine « Svadhi ». Certains lui donnent le sens de « plaisant », en référence au plaisir, ou même de « désir » (la Terre du Désir). D’autres considèrent « Svadhisthana » comme dérivant de « Adhisthana » signifiant « support » ou « base » :  dans ce cas, « Sv » compterait pour la marque de Shiva et « Svadhisthana » signifierait « support de Shiva » (rappel des propos de Wilhelm Hauer à propos du symbole de Svadhisthana, sur lequel figure un croissant de lune : « (…) Considérant le croissant de lune, non pas comme un symbole féminin : il relève de Shiva ; en Inde, le croissant est toujours le signe de Shiva »).

 

 

Il existe un sens du mot « Svadhi » fort méconnu et qui pourtant est révélateur, « l’offrande ». « Svadhisthana » signifierait donc au mieux, le « siège de l’offrande ». Et citant Erich Fromm : « (…) L’exemple le plus simple se trouve dans la sphère sexuelle. La sexualité masculine atteint son point culminant dans l’acte de donner, l’homme fait don de lui-même, de son organe sexuel à la femme. Au moment de l’orgasme, il donne sa semence. Il ne peut éviter de donner s’il est puissant. S’il ne peut donner, c’est qu’il est impuissant ».

 

En quelque sorte, « l’émission du semen lors de l’orgasme » s’apparente à l’offrande et figure Svadhisthana (« siège du don du semen » ou « offrande »). Une dimension que les sorciers noirs - futurs satanistes - adorateurs de Priape comprirent à la perfection.

 

 

Svadhisthana, ou « centre sacré », est la source de l’activité sexuelle, intervenant à l’initiative des pulsions physiques, des impressions psychiques puis, et surtout, des perceptions extérieures (astral, Anti-Monde, Qliphoth…), parfois des influences majeures (Dâkinî, Dâka, démons incubes, succubes). L’emblème figurant Svadhisthana est Makara. Nous savons qu’il est identifié en Occident avec le bouc puisque le signe astral du Makara correspond avec celui du Capricorne (Lame du Diable). Dans l’ancien horoscope brahmanique, le Makara équivalait au Scorpion. Ce dernier, trouvé dans le Tarot, est positionné avec le caractère Nun (Lame de la Mort). Nun est le poisson, ce qui peut expliquer pourquoi, dans l’historique figuratif du Makara, nous trouvons cet animal illustré comme un dauphin, une baleine, et assimilé au Léviathan biblique.

 

Les sculptures sont celles du célèbre Temple de Khajuraho

Ou d’un crocodile dont il est dit « qu’il se déplace sinueusement, incarne la nature sensuelle, lui-même possédant un grand pouvoir sexuel, au point qu’autrefois, on se servait de la graisse de crocodile pour accroître la virilité des hommes » (Harish Johari – Chakras, centres d’énergie de transformation – éditions Entrelacs). Exactement la même figure que décrit Isaïe quand il évoque les deux Léviathan, dont l’un est « Léviathan, Serpent Tortueux ».  

 

Le mot « Makara », signifiant en sanscrit « cinq – main », suggère la forme du pentagone : par voie de conséquence, celle du pentagramme (d’où l’icône fort célèbre d’une tête de bouc présente dans un pentagramme inversé).

 

 

En clair, le maître de Svadhisthana se trouve illustré sous deux formes possibles : un serpent et un bouc. Le serpent figure la luxure dans le mouvement ; le bouc la lubricité. Le serpent marque l’influence magnétique attirante ; le bouc sa puissance génésique. Paradoxe : l’activité sexuelle du mâle est davantage en conformité avec la symbolique du bouc, bien que son organe génital, sous son apparence extérieure, ressemble au serpent ; à l’inverse, l’activité sexuelle de la femme suit la symbolique du serpent, tandis que son organe génital interne, ressemble à la tête d’un bouc vue de face.

dessin médical d'un utérus en plan de coupe

 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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