Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 16:24

Nous n’abordons pas les mystiques bouddhique et tibétaine pour les approfondir, simplement pour servir ou approcher d’une manière originale les expériences qui furent entreprises sur des sujets mis sous hypnose à la fin du dix neuvième siècle ; et tant d’autres, non écrites sur le papier, mais mises en œuvre, depuis les mages antiques jusqu’aux fameux nécromanciens (nigromans) du moyen âge.

 

Ceux-ci avaient remarqué le rayonnement lumineux qui s’échappe des yeux humains, du bout des doigts, bleu du côté gauche, rouge du côté droit. Parallèlement, l’enseignement tantrique décrit, dans sa mystique, deux canaux, l’un bleu l’autre rouge, évoluant en zigzag le long de Kundalini, partant des testicules et montant jusqu’aux narines, qu’il nomme Idâ et Pingala. Un troisième canal Sushûmna de couleur jaune est facteur d’équilibre des deux autres. L’ensemble figure le fameux caducée d’Hermès.

 

Les expériences du colonel de Rochas permirent, grâce à des médiums, de visualiser ces rayonnements sortis par certains organes du corps humain mais n’autorisèrent pas à leur définir des particularités, ce que les mystiques orientaux ne manquèrent pas de faire.

 

« Idâ* est le canal « gauche » de couleur bleue, qui porte les courants « lunaires », de nature féminine**, lié à l’œil gauche, de nature « sattvika », c’est-à-dire qu’il est responsable des « rêves, des hallucinations ou des visions, voulant dire « image » ». Ces énergies dites « lunaires » symbolisent les forces nocturnes, celles qui s’exercent dans les ténèbres de l’inconscient, non différenciées, s’exprimant par exemple dans les impulsions de l’amour ».

 

(* Idâ et Pingâla sont, dans leur langue, des noms féminins, mais pour des raisons de clarté, puisqu’il s’agit de canaux, nom masculin, nous les évoquons au masculin.)

 

(** Le tantrisme décrit « Idâ » d’aspect féminin, tandis que l’enseignement tibétain dit qu’il est masculin, d’où son identification à un dieu et non une déesse, Soma (ou « Chandra » signifiant « Lune »). Inversement pour Pingala. (Lama Anagarika Govinda – Les fondements de la mystique tibétaine) (Pierre Feuga – 112 méditations tantriques – L’Originel))

 

« Pingala est le canal « droit » de couleur rouge. Porteur des courants solaires, il est de nature masculine et renferme une énergie destructrice. C’est lui qui apporte la vitalité et la puissance mâle, la vigueur.

 

Sushumnâ est le canal médian central de couleur jaune, responsable de l’équilibre des influences générées par les deux autres canaux Idâ et Pingala ». (Harish Johari - Chakras, centres d’énergie de transformation – éditions Entrelacs)

 

Complément d’informations pour les mages en herbe :

 

« Pendant la période de la Lune montante (Nouvelle Lune à Pleine Lune), Idâ domine pendant neuf jours sur deux semaines, au lever et au coucher du Soleil. Pingâla est plus actif pendant le cycle descendant de la Lune (Pleine Lune à Lune Noire) et intervient pendant neuf jours sur quinze au moment du lever et du coucher du Soleil ».

 

Et, d’une certaine manière, nous pouvons reconnaître de la nature du canal Idâ dans la femme et de Pingala dans l’homme mâle ; à moins de dire que la femme hérite dans le visible comme dans l’invisible cher au mage des qualités qui sont celles d’Idâ, et l’homme mâle celles de Pingala.  

 

Bien sûr, ces enseignements servent à nous pour nos propres études sur les activités érotique et luxurieuse. Le rayonnement bleu, nous l’évoquions dans des chapitres précédents, concerne, dans sa dimension érotique, la sexualité (domination) (Heith), apte à diffuser subtilement des images qui viennent se coller au cerveau mâle et à s’y fixer jusqu’à former des fantasmes (dans l’Antiquité, le même phénomène mettait en scène des larves capables de devenir « Qliphoth » (Images ou Coques), puis des « Fantasmes » (entités incubes et succubes). On dit qu’il produit des « hallucinations », terme anciennement lié à la folie, mais on sait que les mêmes spécialistes identifiaient le « fantasme » avec la même folie, source du péché… mortel). Soit.

 

Nous estimions que le rayonnement rouge était moins puissant chez la femme, et nous constatons ici que c’est normal puisqu’il concerne le type masculin, le Soleil et la vigueur chez le mâle. Il se projette néanmoins par l’œil droit et est doué d’un magnétisme qui fait « tourner la tête », trouble l’esprit. Il s’échappe à la manière d’une spirale hypnotique.

 

Ces deux canaux partent des organes sexuels et remontent jusqu’aux narines, rayonnant par les yeux. Ils passent autour de chaque centre de force, notamment bien sûr les trois dont nous rendons compte des activités, Muladhara, Svadhisthana et Manipura.

 

Si bouddhisme et tantrisme nomment ces canaux Idâ et Pingala, les arcanes d’Eros les nomment plus clairement « luxure » et « virilité ». Idâ étant un courant « lunaire », nous constatons, en rapport avec nos propres études, que « Heith », la puissance sexuelle diffusée par le pôle féminin (femme), se rapporte au caractère « Chet », lequel correspond au signe du Cancer, dont le Maître est la Lune.


   

 

Lors des pratiques de certaines Messes Noires ou des cérémonies sataniques, de mêmes certaines Bacchanales conduites par des mages expérimentés, des magies étaient exercées conjointement à des luxures. Cependant, il ne faut pas mélanger ces sabbats très particuliers avec leurs simulacres exécutés par la foule, utilisant ces moyens comme un superbe défouloir et rien d’autre. Le culte populaire ne doit pas être confondu avec celui des initiés, même si le terme « débauche » est utilisé pareillement dans les deux cas. Comme dit Satan Lui-même : « Les crédules et les ignorants servent les causes des élites mais leur utilité s’arrête là ; Dieu a créé suffisamment d’âmes bonasses pour que ce bas monde fasse du profit plus qu’il n’en faut ; mais mes Elus, qu’ils se gardent bien de toute manipulation mentale, qu’ils ne cèdent rien ». Ou, comme écrit Eliphas Lévi : « C’est aussi une tradition de la haute magie que les pentacles et les talismans perdent toute leur vertu quand celui qui les porte entre dans une maison de prostitution ou commet un adultère. Le sabbat orgiaque ne doit pas être considéré comme celui des véritables adeptes ». (Eliphas Lévi – Dogme et rituel de haute magie)

    

Soit, des mêmes médiums, au cours d’expériences très anciennes, signalent que lorsqu’une activité mise en œuvre par un sujet est liée à un centre de force, celui-ci rayonne davantage, semble s’ouvrir. Ainsi, lors des activités de luxure, ils remarquèrent combien le centre Svadhisthana semblait briller et s’ouvrir. Celui-ci communiquant avec « l’astral », et les antiques de Priape étant les mêmes que les satanistes du dix-neuvième siècle, ils invoquèrent le règne de « Qliphoth » (cf. « Ces énergies dites « lunaires » de Idâ s’exercent dans les « ténèbres de l’inconscient »), centre « passerelle » entre la raison et le psychisme, lequel reçoit des influences esprits infernaux de la luxure, entre le monde et son Anti-Monde, entre le règne des hommes et ceux que certains visualisaient comme des Boucs ou « Seïrim », des démons sexués. D’où l’affirmation des Pères de l’Eglise qui assurèrent que « l’activité génésique fait entrer les démons dans ce bas monde ». En réalité, nous pouvons être certain que ce phénomène n’a rien d’une automaticité mais peut seulement s’effectuer sous certaines conditions plus ou moins décrites ici, c’est-à-dire empreintes d’une grande considération mystique autant que magique.

 

Ce centre Svadhisthana (Léviathan, Lilith), d’aspect féminin (tandis que Manipura (Bouc, Asmodée) est d’aspect masculin), est capable de s’échauffer lorsqu’il reçoit des agressions venues du plan physique comme du plan psychique et même Qliphotique ; qu’il transmet mécaniquement aux organes sexuels lesquels connaissent immédiatement une excitation. Des médiums ont vu cette roue (Svadhisthana) former comme un anneau lumineux semblant tourner sur lui-même, telle une toupie, briller comme de l’or et s’ouvrir, à mesure d’une irritation luxurieuse. Le tout est communiqué aux canaux Idâ et Pingala qui répercutent les effets à l’ensemble du corps avec les conséquences que l’on devine.

 

 

L’iconographie du Baphomet peut être mieux comprise par cette étude des trois centres Muladhara, Svadhisthana et Manipura : le premier chakra a pour élément la terre, qui est le socle sphérique sur lequel il est assis ; le deuxième est représenté par les ailes d’aigle (dans la mystique chrétienne, l’aigle est symbole de l’Air, tandis que dans la kabbale originale, l’aigle – remplacé parfois par le scorpion – est symbole de l’Eau : le rapace déploie ses ailes en chutant de la montagne vers le lac pour s’y abreuver) ; le troisième se rapporte au Feu, que l’on voit par le flambeau allumé au sommet du crâne. La tête de Bouc se trouve à l’exact emplacement du centre sacré, règne des organes génitaux.

 

A mesure d’une excitation luxurieuse chez la femme devenue l’autel, des médiums visualisèrent donc un « anneau lumineux semblant tourner sur lui-même », et à mesure que son irradiation s’intensifie, une sorte de tête d’un bouc apparut (d’où la tête du Baphomet placée à hauteur du centre sacré).

 

C’est Alain Daniélou qui écrit, dans son livre « Le mystère du culte du linga » (éditions…), traduisant le Linga Purâna (Le livre du phallus) : « A sa racine (du phallus ou lingam) est le créateur Brahmâ ; au centre Vishnou ; à la troisième partie, qui est cylindrique, le Grand Dieu ou Mahâ-Deva (Baphomet). L’autel du linga est la Grande Déesse (femme). L’ensemble représente la divinité totale. En vénérant ce tout, les dieux et la Déesse sont vénérés ». Plus loin : « On doit vénérer le dieu suprême sous la forme du linga (phallus) de Shiva. Le Soleil donne vie au monde. Ce qui donne la vie est son symbole. C’est le porteur du linga, le Lingi (Baphomet), que l’on vénère dans l’organe de la génération ».


 Plus loin dans le texte, et ceci des pratiques tantriques a sans doute inspiré pour partie le rituel de la Messe Noire : « Parce qu’il ne pouvait trouver un seul instant où Shiva et Shakti n’étaient pas en copulation, le sage les maudit en disant : « Vous serez vénérés sous la forme d’un phallus planté dans une vulve ». Ainsi l’homme s’acquittera des trois rituels : le premier envers les dieux (démons) qu’il paiera par des sacrifices ; le deuxième envers ses ancêtres ; le troisième envers la Tradition payée par l’étude des textes sacrés ».



 

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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