Partager l'article ! Deux Messes pour Satan : une ascétique, une érotique: Certains mages en herbe ne comprennent point qu’il existe un rituel consacré à Satan ...
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Certains mages en herbe ne comprennent point qu’il existe un rituel consacré à Satan
et décrit avec des luxures et qu’un autre soit exposé avec un sérieux de damné, exercé seul par l’opérateur, bien souvent à l’image d’un cénobite ayant décidé de vivre en
ermitage.
Eliphas Lévi répond à cette question dans son « Dogme et rituel de haute magie », précisant bien que dans l’art de la magie comme celui de la cérémonie, il faut toujours compter par deux.
Ainsi, relatif aux temps antiques, il est des auteurs qui rapportent et décrivent des pratiques de débauchés à des fins dites sacrées tandis que d’autres vantent « un enseignement ésotérique majeur ». En fait, des mages pratiquaient une cérémonie dévotionnelle, l’utilisant aussi pour consacrer tous les objets sacrés, et une autre messe, le lendemain ou un autre soir approprié, pour des pratiques moins conformes et souvent plus obscènes, se servant là des nombreux objets ayant été consacrés lors de la première cérémonie. Ceci est entendu en filigrane par ce qui suit :
« L’équilibre est la résultante de deux forces. (…) Toute la nature est bisexuelle, et le mouvement qui produit les apparences de la mort et de la vie est une continuelle génération. (…) L’androgyne magique (Baphomet) porte écrit sur le bras droit « solve », et sur le bras gauche « coagula ». L’emploi alterné des forces contraires, le chaud après le froid, la douceur après la sévérité, l’amour après la colère, etc., est le secret du mouvement perpétuel et de la prolongation de la puissance. (…) Les anciens, dans leurs symboles et dans leurs opérations magiques, multipliaient les signes du binaire, pour n’en pas oublier la loi, qui est celle de l’équilibre.
Dans leurs évocations, ils construisaient toujours deux autels différents et
immolaient deux victimes, une blanche et une noire ; l’opérateur ou l’opératrice, tenant d’une main l’épée et de l’autre la baguette, devait avoir un pied chaussé et l’autre nu. Toutefois,
comme le binaire serait l’immobilité et la mort sans le moteur équilibrant, on ne pouvait être qu’un ou trois dans les œuvres de la magie ; et quand un homme et une femme prenaient part à la
cérémonie, l’opérateur devait être une vierge, un androgyne ou un enfant (d’où la présence d’Eros Cupidon sous la forme d’un adolescent ailé qui se tient au côté de Vénus – Bacchus – NDA). (…)
Tous les instruments magiques doivent être doubles ; il faut avoir deux épées, deux baguettes, deux coupes, deux réchauds, deux pentacles et deux lampes ; porter deux vêtements
superposés et deux couleurs contraires ; il faut n’avoir sur soi aucun métal, ou en avoir au moins deux. Les couronnes de laurier, de rue, d’armoise ou de verveine, doivent être
doubles » (Eliphas Lévi – Dogme et rituel de haute magie)
En synthèse, de même, et de ce fait, les anciens pratiquaient deux cérémonies, comme il en existait de deux sortes, une mystique une phallique, une servant à consacrer tous les objets, à se consacrer soi-même, et à aborder la divinité tout absorbé pour elle, une autre au contraire servant au sacrifice incluant la prostitution sacrée, et dans les cercles privés, la débauche.
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