Partager l'article ! Dieux phalliques changés en démons ; Lilith, maîtresse du lupanar: Ces dieux puissants figurés par des Phallus virils, ils les ont enterr ...
eros666
Ces dieux puissants figurés par des Phallus virils, ils les ont
enterrés, jetés dessus la terre noire ou abandonnés au fond des sanctuaires après avoir cassé leur effigie obscène, et espéré ainsi qu’ils disparaitraient définitivement de la surface du sol*…
Mais là, dans le silence, car les dieux ne meurent jamais, ces puissances jadis adorées devinrent les Génies secrets teintés de noir. Puisque les Anciens les figuraient par d’immondes objets
oblongs, les nouveaux spiritualistes les logeraient plus bas que terre, dans les règnes des ténèbres. Paradoxalement, c’est là qu’ils vivent le mieux à leur place, et c’est en leur compagnie que
les hommes se sentirent plus à l’aise pour pratiquer leurs messes sexuelles. Ils plaçaient les effigies des pires diables à chaque point cardinal, et commençaient leur sacrifice, en le leur
dédiant.
(* Cité dans « Horus, 666 et le culte du Phallus », Pierre Nicolas Rolle apporte ce fait historique : « Ce culte subsista en Egypte jusqu’à la fin du quatrième siècle de l’ère chrétienne. Lorsqu’en 389, l’évêque Théophile obtint de l’empereur Théodose la permission de détruire l’idolâtrie égyptienne, il mit en fuite les prêtres, brisa les idoles, démolit les temples ou y établit des monastères. Le temple d’Osiris tombant en ruines fut converti en temple chrétien, et on trouva dans les souterrains un grand nombre de phallus que l’évêque Théophile fit apporter au milieu de la place publique, afin, dit Socrates, de couvrir d’ignominie les mystères des païens. Quelques-uns des Phallus étaient doubles, d’autres triples, d’autres avaient des ailes : suivant Kircker, les ailes signifiaient la prompte puissance de la faculté génératrice. Dans la table Isiaque, Osiris est représenté avec des ailes ».)
Prenez Amon-Râ le dieu des dieux de l’Egypte antique, il devint au moyen âge, grâce à
Collin de Plancy, le grand et puissant marquis de l’empire infernal, non plus illustré par un bélier mais avec une figure de loup et une queue de serpent, qui vomit des flammes lorsqu’il prend
une forme humaine, qui n’a de l’homme que le corps, sa tête étant celle d’un hibou et son bec laissant voir des dents canines très effilées.
Un autre cas est celui d’Asmodée : connu par les mystiques sous le nom Aeshma Deva, il est une divinité perse, dieu de la guerre, d’un tempérament colérique, peu ou pas porté sur la luxure, si ce n’est durant les heures où les soldats fréquentaient le bordel. Comment ce Génie a-t-il dégénéré en un démon de l’impudicité ? Le Talmud donne une indication intéressante, disant « qu’il devint un mauvais démon comparable à un satyre grec », car un passage le décrit « se mariant avec Lilith, qui devint sa Reine ». Cette union signifie sûrement que les temples dédiés au Aeshma Deva perse succombèrent à la tentation de s’associer à ceux de Lilitu sumérienne, laquelle était encore identifiée à la Vénus Mylitta ou Ninlin, alors Déesse de la prostitution sacrée (d’où que le démon Asmodée, dont le règne est Geburah (Mars) dans Qliphoth, vient gouverner dans Netzah (Vénus), apparaît ainsi comme le maître de la luxure et de l’impudicité).
Ceci au point qu’Asmodée, assimilé avec la pratique des prostitutions sacrées, des libertinages en tous genres, vint personnifier Vénus à son tour et l’ensemble des rites sexuels qui la concernaient. En conséquence, les mythologues chrétiens du moyen âge le dénoncèrent comme le démon de la fornication, de la jalousie, de la sensualité, de la luxure, de la colère et de la vengeance. Sa mission principale est de perturber la vie sexuelle des couples mariés, détruire les mariages récents, et encourager le désir des hommes envers les femmes. Asmodée est également un des démons responsable des obsessions. Il a toujours été considéré comme un des démons les plus craint des Enfers. Il est habituellement représenté avec des ailes et trois têtes : un monstre, un bélier, et un taureau, symbole de virilité et de fertilité. Il est assis sur un dragon, armé d’une lance, et crache du feu. Ses pieds sont ceux d’un coq et il a une queue de serpent.
Il est le surintendant de toutes les maisons de jeu des Enfers, mais également le
pourvoyeur général des distractions. Il sème la discorde et l’erreur.
Quant à Vénus elle-même, nous l’avons compris lors de nos derniers sujets (Lire « Lilith, Déesse des prostitutions sacrées (1 - 2) » ; « Précisions sur Vénus Mylitta, Mithra Baphomet »), son culte connut des divisions. Le religieux, obéissant à l’appel du Seigneur : « Croissez et multipliez », il n’accorde de reconnaissance qu’à celui des cultes qui œuvre pour la génération. Inversement, ses détracteurs, entre autres beaucoup des Gnostiques, considéraient que la pratique, dégénérant dans le folklore, avait perdu tout son caractère magique puisque les vœux des participants portaient presqu’exclusivement sur la fécondité et la prospérité. De plus, les mauvaises langues assurant les rumeurs, certains affirmèrent que des arrangements étaient opérés par des prêtres, lesquels étaient aussi des copulateurs, laissant profiter des charmes d’une dame à un ou plusieurs hommes qui la convoitaient jusque là comme épouse d’un ami et qui tremblaient de pouvoir la forniquer. D’où, ailleurs, l’écriture de ce commandement : « Tu ne convoiteras point la femme de ton prochain ».
Ceux-ci, considérant que le vœu de la fécondité
détournait le pratiquant du but réel du sacrifice, qu’en plus il n’y avait point de génération à assurer dans un monde aussi bas dominé par un Dieu méchant, ces Gnostiques érigèrent en Déesse
celle qui
consommait de la sexualité des hommes loin des
espoirs de fécondité et trouvèrent chez Mylitta la Déesse idéale pour leurs sacrifices. Pour eux, la luxure n’éloignait pas du mystique au contraire du vœu obsessionnel de la génération, une
croyance inverse de celle du religieux monothéiste. Ces temples furent alors déconseillés et une certaine Mylitta entra dans la clandestinité ; toute relative, car nombre de femmes et
d’hommes s’y pressaient tout de même. On envisagea alors des expériences magiques assimilées plus tard à la sorcellerie. Les Gnostiques forgeaient pour grande ambition de fréquenter les esprits
élémentaires parmi lesquels les esprits infernaux.
« La plupart des Grecs déclarèrent Vénus du sexe
féminin, et les Romains adoptèrent cette décision », écrit Jacques-Antoine Dulaure : si le
culte populaire figura ainsi Vénus par une belle femme, des Gnostiques continuèrent de la représenter par un
Phallus (Priape), un Mullos et un bouc lascif – « animal consacré à Vénus » -. On sait, par exemple, que les mystiques de la secte des Baptes
honoraient leur Vénus populaire sous une forme phallique : « (…) Les initiés qui se livraient à
tous les excès de la débauche, y employaient le Phallus d’une manière particulière ; ils étaient de verre, et servaient de vase à boire. On
ajoute à leur sujet que leurs rites devinrent si lascifs qu’ils en dégoûtèrent leur déesse elle-même ; en fait, ils aimaient tant le phallus qu’ils succombèrent au plaisir homosexuel.
Bisexuels qu’ils étaient devenus tout sûr. Juvénal, dans ses Satires, insiste au sujet de ces Baptes,
qu’il accuse de se maquiller à la manière des femmes, rendus homosexuels à des fins d’adoration de leur dieu figuré sous cette forme, à moins que le plaisir libidineux ait supplanté le caractère
religieux
de leurs rituels : « … au comble de l’infamie. Tu te laisseras
insensiblement entraîner dans la secte de ces prêtres qui, dans leurs assemblées secrètes, surchargent leurs têtes de longues aigrettes, leur cou de nombreux colliers ; qui se concilient la
bonne déesse par le sacrifice d’une jeune truie, et l’offrande d’un grand vase rempli de vin : car, usurpant l’ancien culte des femmes, ils les ont chassés du sanctuaire. Le temple ne
s’ouvre plus que pour les hommes. Loin d’ici, profanes ! s’écrient-ils ; vos chanteuses sont bannies de ces lieux. Ainsi les Baptes célébraient dans Athènes, à la lueur des flambeaux,
leurs nocturnes orgies, et, par des danses lascives, fatiguaient leur Cotytto. L’un se peint, en clignotant, les paupières et les sourcils avec une aiguille noircie ; l’autre boit dans un
priape de verre, se couvre d’une robe bigarrée, et rassemble ses longs cheveux dans un filet doré ; cependant son esclave, non moins fidèle au rit féminin, ne jure que par Junon. Cet autre
tient le miroir que l’infâme Othon portait avec plus de faste… un miroir dans l’attirail d’une guerre civile ! » Othon connaît une réputation homosexuelle ».
Cette Vénus, ou ces Vénus, désormais extérieures à la génération mais orientées vers la
recherche des plaisirs vénériens en toute salacité, des rites magiques en vue de commercer avec des dieux désormais répugnants comme des diables, assurant des prostitutions pour la vénalité,
finirent d’achever Mylitta, laquelle ressuscita en une Lilith maîtresse du lupanar romain, bacchante devant le dieu-taureau, courtisane panthère telle Bastet, magicienne car inspirée par certains
Gnostiques. Une chose était devenue sûre à ces derniers, cette déesse démone n’avait point de temps à perdre à s’occuper de la génération mais que des arts sexuels et des opérations magiques
(sorcellerie). Un caractère qui fit d’elle la plus redoutable des démones.
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