Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 15:45

« On lui donna même d’animer l’image de la Bête pour la faire parler, et de faire en sorte que fussent mis à mort tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la Bête. Par ses manœuvres, tous, petits et grands, riches ou pauvres, libres et esclaves, se feront marquer sur la main droite ou sur le front, et nul ne pourra rien acheter ni vendre s’il n’est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom. C’est ici qu’il faut de la finesse ! Que l’homme doué d’esprit calcule le chiffre de la Bête, c’est un chiffre d’homme : son chiffre, c’est 666 ». (Ap 13 – 15/18)

 

Les verbes « acheter » et « vendre » utilisés dans un texte mystique peuvent aussi répondre à cette réalité que « le mercantilisme est la mamelle de ce bas monde », une formule qui englobe les deux aspects de luxure et de vénalité qui sont contenus dans le nom « Mammon ». On se souvient de ses confidences : « Ici bas, tout se paie ! »


 Les sorciers noirs interprètent ces mêmes versets dans un sens magique. Une expression retient leur attention : « Par ses manœuvres… » ; qu’ils interprètent « par ses pratiques magiques… ». Qui dit « manipulation » dit « pratique magique ». En ces temps, les mages connaissaient les techniques d’envoûtements et autres sortilèges qu’ils pratiquaient assidûment, et c’est à partir de ses sciences occultes qu’ils faisaient peur au commun des mortels en même temps qu’ils l’attiraient.

 

Ensuite, il y a le verset : « (…) tous (…) se feront marquer sur la main droite ou sur le front ». Notre sens de l’analyse contemporain laisse croire qu’à la même manière qu’un club privé le fait avec ses adhérents, qu’une loge maçonnique le veut avec ses membres, un signe distinctif leur permette de se reconnaître entre eux, dans le premier cas, un logo tamponné sur un bras ou le dos d’une main, dans le second, simplement trois points. La pratique de la marque signifie une adhésion à un groupe et surtout aux idées développées par les « têtes pensantes » du mouvement, donnant des droits particuliers à ceux qui choisissent d’appartenir à l’Ordre. Là encore, nous sommes en plein discours politique. En quoi Jean vient-il prophétiser dans le domaine de la Cité ?

 

Alors, restons dans la magie. Nous avons étudié précédemment les extériorisations de la sensibilité et remarqué, au sujet des Bacchantes, qu’il était des mages noirs qui pouvaient sortir le fantôme d’une femme et l’envoyer accomplir des missions bénéfiques ou maléfiques auprès de victimes choisies. Des mêmes expériences ont permis de marquer à distance des sujets ; exemples :

 

« Monsieur Saussez, dans la « Chaîne magnétique » du 15 mai 1889, dit avoir connu un magnétiseur qui, après avoir mis son sujet en somnambulisme, parcourait les bancs de la salle, demandant qu’on lui fit, sur une des parties visibles du corps, une marque quelconque : la marque se trouvait aussitôt reproduite sur le sujet. « L’expérience la plus concluante que je lui ai vu faire est la suivante : le sujet était sur la scène avec ce teint d’albâtre des anémiques ; sa joue et son cou étaient très pâles ; le magnétiseur ayant été fortement pincé au cou, immédiatement une rougeur très vive se produisit sur le cou du sujet immédiatement au même endroit ; or, il y avait une distance de près de 15 mètres qui le séparait du magnétiseur, et les personnes interposées entre eux interceptaient toute communication visible ; je me trouvai à près de 8 mètres du sujet et j’ai parfaitement distingué la rougeur que j’ai vue se produire et disparaître lentement ».

 

Un article paru en avril 1894 dans la « Revue scientifique des idées spiritualistes » et intitulé « Le magisme », expose le phénomène de l’extériorisation de la sensibilité et de sa captation dans un verre d’eau : « Un phénomène non moins constant, c’est celui qui se produit grâce à une figure de cire ; on prend de la cire vierge ou de la cire à modeler, et on modèle une poupée femme ou homme, la distinction se fait par les formes : seins et hanches. On la remet entre les mains du sujet. Si on a pris un peu des mains du sujet, ou de sa salive, l’effet n’en est que plus complet. On laisse entre les mains du sujet cette poupée jusqu’au moment où sa sensibilité s’est transportée dans la figurine. Puis on prend la poupée et l’on s’éloigne. Tout ce que l’on fait sur la figurine, le sujet le ressent. Les piqûres se marquent sur sa peau. Vous l’empêchez de respirer par la pression sur la poitrine de la statuette ou la strangulation ». (Albert de Rochas – L’extériorisation de la sensibilité)

 

« La sensibilité extériorisée du sujet peut être fixée sur un corps quelconque : de l’eau, un fruit, un animal, etc. ; et, en piquant ce corps, le sujet sent une piqûre en un point quelconque. Si on modèle une figure de cire et qu’avec certaines précautions on extériorise dessus la sensibilité du sujet, celui-ci ressent les moindres attouchements pratiqués sur la statuette ; et si on la pique, une impression de piqûre est ressentie au point correspondant et presque toujours un stigmate reste marqué sur sa peau. Monsieur de Rochas obtient ces phénomènes en mettant le sujet dans une phase spéciale de l’état somnambulique, par des procédés assez compliqués ».

 

La phrase « La sensibilité extériorisée du sujet peut être fixée sur un corps quelconque : de l’eau, un fruit, un animal » traite d’expériences pratiquées où la sensibilité d’un sujet est transportée vers un animal, ceci dans un cadre médical, lorsqu’un sujet était, par exemple, atteint de rhumatismes. L’animal, un chien, attrapait les stigmates du symptôme, puis allait se frotter contre une plante de chanvre, se trouvait ainsi guéri le lendemain, tandis que la plante était à son tour, momentanément courbaturée.

 

Mais les mages noirs de Bacchus imaginèrent autre transfert, celui de la sensibilité extériorisée (fantôme) d’une femme bacchante sur un fétiche en forme d’animal, qui n’était autre que le bouc et la personnification de Priape. Croyant fermement qu’à force d’égrégore un esprit infernal venait loger dans sa représentation, « l’esprit volant » d’une femme était envoyé dans la statue de l’animal et ses réactions plus ou moins convulsives juraient de la présence du démon ou de son absence. Les paroles sorties de la bouche de la bacchante étaient celle de Priape. Et preuve de sa présence en elle, un stigmate - voire plusieurs - apparaissait sur un endroit de son corps, et restait marqué sur sa peau. Des médiums endormis autour d’elle voyaient clairement ces marques.


 Les mages noirs tentaient alors l’unio mystica la plus folle, celle d’unir « l’esprit volant » de la femme bacchante avec l’esprit infernal de la luxure. Une expérience moderne de ce genre a été entreprise avec une femme et un homme : « Dans l’expérience sur la « force vitale » par le docteur Baraduc en 1893, on extériorise la sensibilité d’une femme dans un récipient d’eau, qu’on passe sur son front, sur son ventre et son centre génital. Pour ce dernier, sa sexualité s’extériorise dans l’eau du bocal que l’on amène à un sujet mâle mis sous hypnose. Le passant sur son front, l’homme n’éprouve rien. Mis sous la nuque, il détermine un malaise qui se traduit par des mouvements de gêne, une sorte d’énervement, tandis que, dans l’autre pièce, la femme, toujours à l’état de rapport (hypnotisée), est énervée, excitée et maintenant par un médecin. Porté sur le ventre de l’homme, le bocal d’eau produit une commotion ; descendu à la région pubienne, le récipient est renversé. Immédiatement, la femme, dans l’autre pièce, tombe, les jambes refermées, dans un spasme caractéristique, d’où un médecin la tire en la plongeant, par une pression sur le milieu du front, dans une extase religieuse où elle voit des formes blanches qui la ravissent ».

 

D’où, l’unio mystica imaginée plus haut, les mages noirs, inspirant « l’esprit volant » de la femme bacchante maintenu dans l’Idole en forme de bouc de séduire l’esprit infernal, observaient les modifications sur son corps et les visions extatiques des médiums endormis autour d’elle pour savoir si tel prodige pouvait se produire. Nous savons, suite à l’expérience décrite, que le corps sexuel (Qlipah) du fantôme d’une femme passé sur le centre génital d’un homme le rend fou, lubrique à en être violent car emporté par ses premières pulsions ; autant pour la femme qui entre dans un spasme saturé d’une luxure, duquel, si on ne la retire pas, se trouve hanté par des formes non plus blanches mais noires, celle des esprits infernaux sexués. Ce que les mages noirs surveillaient, les spasmes empreints d’une extase profonde et signe d’une présence infernale. La voici peut être qui mimait les manières d’être chevauchée, d’être culbutée, laissant aller ses longs cheveux, et au lieu « de fermer ses jambes », les ouvrait jusqu’au grand écart.

 

Les médiums autour d’elle voyaient des effluves sortir de l’Idole, qui pouvaient être ceux de la femme bacchante, de la même manière que décrits ici : « J’ai eu trois sujets remarquables chez lesquels je provoquais parfaitement l’extériorisation de la sensibilité. Tous trois, en état de rapport, voyaient les effluves sortant du corps du magnétiseur, bleus à gauche, rouges à droite ; un sujet les décrivait sous forme de flamme, l’autre comme des rubans. La distance de la première couche de l’épiderme était de 50 centimètres environ ; les couches suivantes étaient distantes de 1 mètre et nous avons pu constater l’existence de ces couches ; celles-ci traversent facilement les murailles ». (Même auteur)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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