eros666
Nous avons exposé dans un précédent chapitre qu’un modèle érotique,
justement paraissant du plus à l’aise devant l’objectif d’un appareil photo, dominant son public, apte à le magnétiser, pouvait en même temps être médium. Etonnant car nous croyons souvent qu’il
n’y a que son spectateur qui entre dans une sorte d’état médiumnique, conséquence de son état subjugué par la beauté sensuelle ; mais, à sa manière, le modèle érotique peut l’être aussi.
Nous trouvons situation comparable chez les gens doués pour guérir par le magnétisme qu’ils dégagent ; nous lisons à leur sujet dans « Le Livre des Médiums » d’Allan Kardec :
« On dira sans doute que ce n’est pas autre chose que du magnétisme. Il est évident que le fluide magnétique joue ici un grand rôle ; mais quand on examine ce phénomène avec soin, on
reconnaît sans peine qu’il y a quelque chose de plus. L’intervention d’une puissance occulte, qui constitue la médiumnité, devient évidente en certaines circonstances ». Il peut y avoir
phénomène de médiumnité chez un sujet doué d’un fort magnétisme sur autrui. Le questionnaire suivant joint cerne encore mieux ce point. Les réponses sont données par un Esprit via un médium qu’un
spécialiste interroge au cours d’une séance d’hypnose :
« Peut-on considérer les personnes douées de la puissance magnétique comme formant une variété de médiums ?
« Vous n’en pouvez douter ».
Cependant, le médium est un intermédiaire entre les Esprits et l’homme ; or, le magnétiseur, puisant sa force en lui-même, ne semble être l’intermédiaire d’aucune puissance étrangère ?
« C’est une erreur ; la puissance magnétique réside sans doute en l’homme, mais elle est augmentée par l’action des Esprits qu’il appelle à son aide. Si tu magnétises en vue de guérir, par exemple, et que tu invoques un bon Esprit qui s’intéresse à toi et à ton malade, il augmente ta force et ta volonté, il dirige ton fluide et lui donne les qualités nécessaires ».
Il y a cependant de très bons magnétiseurs qui ne croient pas aux Esprits ?
« Penses-tu donc que les Esprits n’agissent que sur ceux qui croient en eux ? Ceux qui magnétisent pour le bien sont secondés par de bons Esprits ».
Celui qui ayant la puissance croirait à l’intervention des Esprits, agirait-il plus efficacement ?
« Il ferait des choses que vous regarderiez comme des miracles ».
Y a-t-il action magnétique ou seulement influence des Esprits ?
« L’un et l’autre. Ces personnes sont de véritables médiums, puisqu’elles agissent sous l’influence des Esprits ; mais ce n’est pas à dire qu’elles soient médiums guérisseurs comme vous l’entendez ».
Pareillement, nous confirmons pareilles réponses pour le domaine de la luxure. Les spécialistes du spiritisme, à commencer par Allan Kardec, n’ont jamais cessé de distinguer les « Esprits bons » des « Esprits mauvais », mettant toujours les « Esprits de la luxure » avec ces derniers. Nous n’abondons pas du tout dans ce sens, aussi devons-nous reprendre les éléments apportés à notre connaissance et les adapter au domaine qui préoccupe nos études et qui concerne le règne d’Eros.
En reprenant une pareille conversation spirite avec un Esprit de la luxure - un serviteur d’Asmodée ou lui-même -, il tient le même langage, le même exposé, disant que « la personne développant un fort érotisme et douée de la puissance magnétique constitue une variété de « médiums », qu’elle compte ainsi comme un agent intermédiaire entre les esprits infernaux de la luxure et l’homme ; la force qu’elle puise en elle-même, vient d’elle mais pas seulement, elle est intensément et intensivement augmentée par l’action des esprits infernaux qu’elle appelle à son aide. Si elle magnétise en vue de séduire et qu’elle invoque un esprit infernal de la luxure, il augmente sa force et son influence, il dirige son fluide et lui donne les qualités nécessaires. Si elle ne croit pas à ces esprits infernaux de la luxure, peu importe à ces derniers, qui l’aideront tant qu’elle demeurera leur agent. Celle qui détient le pouvoir redoutable de la séduction, si elle croit aux esprits infernaux de la luxure, peut faire des choses que chacun regarde comme des miracles. Dans la séduction, lorsqu’elle est puissante, il faut deviner l’action magnétique et l’influence des esprits infernaux de la luxure, l’une et l’autre ».
Comme on définit les médiums, et ils sont si nombreux, les médiums mécaniques, les médiums intuitifs, les médiums semi-mécaniques, les médiums inspirés, les médiums à pressentiments, il faut compter ceux dont les expériences ne rendent jamais compte, les « médiums érotiques ». Par exemple, on décrit de la sorte les « médiums inspirés » : « Les hommes de génie dans tous les genres, artistes, savants, littérateurs, sont sans doute capables par eux-mêmes de comprendre et de concevoir de grandes choses ; or, c’est précisément parce qu’ils sont jugés capables, que les Esprits qui veulent l’accomplissement de certains travaux leur suggèrent les idées nécessaires, et c’est ainsi qu’ils sont le plus souvent médiums sans le savoir. Ils ont pourtant une vague intuition d’une assistance étrangère, car celui qui fait appel à l’inspiration ne fait pas autre chose qu’une évocation ; s’il n’espérait pas être entendu, pourquoi s’écrierait-il si souvent : Mon bon génie, viens à mon aide ! » ; ou du « médium à effet physique », qu’il attire à lui des Esprits qui se manifesteront en faisant du bruit, en tapant sur une armoire, une chaise sans la moindre intervention humaine. Par voie de conséquence, les médiums érotiques font approcher des hommes ces esprits infernaux de la luxure ; et, dans la vie ordinaire, ces gens sont choisis parce qu’ils possèdent les aptitudes pour être leur agent.
Les spécialistes objectent que ces esprits lascifs sont vulgaires et grossiers, même orduriers. Des médiums entrent en contact avec ceux-ci et le résultat en est des conversations douteuses ; ils sont rangés parmi les « médiums à communications triviales et ordurières ; ces mots indiquent le genre de communications que certains médiums reçoivent d’habitude, et la nature des Esprits qui les font. Quiconque a étudié le monde spirite à tous les degrés de l’échelle sait qu’il y en a dont la perversité égale celle des hommes les plus dépravés, et qui se complaisent à exprimer leurs pensées dans les termes les plus grossiers. D’autres, moins abjects, se contentent d’expressions triviales. On comprend que ces médiums doivent avoir le désir d’être délivrés de la préférence que ces Esprits leur accordent, et qu’ils doivent envier ceux qui, dans les communications qu’ils reçoivent, n’ont jamais eu un mot malséant. Il faudrait une étrange aberration d’idées et avoir divorcé avec le bon sens, pour croire qu’un pareil langage puisse être le fait de bons Esprits ». Mais ce n’est pas pour autant parce que nous sommes dans le domaine de la luxure que tous les Esprits lui étant liés doivent être catalogués pareillement. Comme dans le genre humain, il y a les maîtres et les esclaves, les libertins et les instinctifs, les sophistiqués et les brutaux, les amants et les violeurs : il y a les originaux et leurs trompeurs.
Dans Qliphoth*, le règne des démons, le serviteur de l’Archidémone Lilith se nomme Gamaliel Nahashiel*, dont le nom signifie, d’après certains auteurs kabbalistes, « le Serpent Obscène », même « Cul obscène » pour d’actuels étudiants en kabbale. Sans doute exagéré. Mais peu lui importe, l’obscénité étant son règne, il se satisfait de toutes les outrances.
(* Des enseignements antiques venus de Babylone aux conceptions médiévales ont contenu l’enseignement des Qliphoth (les « coques » primitives de l’impureté), entités blâmées pour tout le mal créé dans le monde. Les Sphères des Qliphoth sont les mauvaises jumelles des Sephiroth. L’arbre de Qliphoth s’appelle habituellement l’Arbre kabbalistique de la mort, et parfois les Qliphoth sont appelés « les anges de la mort ». Ils sont trouvés dans les vieilles incantations babyloniennes.
Mais un autre enseignement, basé sur le précédent tout inverse dans son raisonnement, sans doute d’origine gnostique, atteignit une popularité au premier moyen âge et la retrouve parmi quelques mouvements magiques modernes : « Dieu n’est pas du tout bon, mais fait le mal. Dieu est cruel et sadique. Les Qliphoth, en tant que rebelles, « luttent contre la cruauté de Dieu ». Ils apportent aux hommes quelques plaisirs permettant de compenser cette cruauté venue d’en-haut ».)
(* lire chapitre « Goetia Sexualis : les 10 principaux maîtres des enfers » :
9. Sphère : Yesod
Qlipah : Gamaliel
Autres noms : Nahashiel, Obriel (319)
Traduction possible : Le plus Grand Obscène
Description : homme-taureau à l’apparence répugnante, corrompue
Puissance : Obscénité
Commentaire : indécence, immoralité, provocation
Version « Dragon Rouge » : les mauvais rêves. Magie astrale. Sorcellerie. Les mystères de la Lune sombre (Lune Noire). La Déesse tombée de la Nuit.
Goetia Sexualis : Nahashiel (tiré de Nahash, le Serpent, dit « Serpent obscène ») [Gamaliel tiré de Gamal, le Chameau] inspire l’assouvissement impérieux des désirs charnels. Il est le maître de l’obscénité dans l’activité sexuelle. C’est ici, dans son règne, que l’activité sexuelle prend le plus d’importance, car c’est son domaine d’influence majeur. Yesod correspond avec Svadhisthana, le centre sexuel dans Kundalini, dont le maître est le Makara, la figure celle d’un crocodile (Léviathan tortueux) à la démarche sinueuse, sensuelle et lascive. C’est le règne des Lubriques dont l’Archidémone est Lilith. C’est l’entrée dans la ville de Sodome. Gamaliel Nahashiel et les siens sont les maîtres du fantasme obscène qui trouble l’esprit à l’excès. Ici, le phallus est l’emblème de l’obscénité, d’ailleurs, on l’appelle « L’Obscène », il figure donc Nahashiel, le Serpent Obscène. De plus, on les nomme les « pollués » : or, le mot « pollution » se rapporte à « l’éjaculation du sperme ». Certains vampires se nourrissent de sang, d’autres comme eux de sperme aussi. Des Liliths travaillent pour eux.)
Un médium fut témoin de sa présence, le voyant
apparaître sous la forme d’un homme-taureau en forte érection au-dessus d’une scène de débauche*, soufflant en sa direction comme un homme souffle sur une braise pour l’attiser, ayant un regard
concupiscent mais vif, dont le rayonnement avait la propriété de rendre intensément luxurieux celui ou celle qu’il visait. Cherchant le dialogue avec la Qlipah (Démon), voulant connaître les
arcanes de la luxure, le médium interpela Gamaliel Nahashiel, lequel répondit : « Pourquoi une femme qui fait ouvrage du vice en dévoilant sa nudité sous les auspices de la volupté
irrite-t-elle à ce point autant les instincts du mâle que sa raison ? Surtout lorsqu’elle exhibe ses parties intimes avec une insolence punissable ? Pourquoi dit-on que « c’est
obscène » ? Car je suis là ! Voir ces intimités luxurieuses, c’est comme me voir, et me voir, c’est voir le Démon. L’homme veut m’approcher mais lorsque c’est le cas, il
tressaillit. Oh non ! Je ne suis pas là physiquement, mais j’en suis le Génie (Djinn ou Shayatin) concepteur, l’inventeur maudit ; j’ai fondé l’obscénité dans le monde et avec elle, je
gagne aisément ma vie depuis le début des temps. Je souffle sur les chairs sensuelles de ces dames, j’attise leurs ardeurs, je les rends insatiable de mâles. C’est que je n’en ai jamais assez. Il
me faut toujours davantage de stupre. J’imagine des obscénités toujours plus excitantes puis je les chuchote à l’esprit de celles et ceux capables de les réaliser. Et puis le jeu se met en place
et situation. A la prière quand tu me rends gloire, prends pour autel les chairs obscènes de la femme, c’est ainsi seulement que tu pourras me fréquenter, je suis juste
au-dessus…
(* Rappel des Bacchanales : « Les jeunes garçons qu’on y admettait n’avaient jamais plus de vingt ans. D’un âge plus avancé, ils auraient eu moins d’emportement pour les plaisirs, une imagination moins inflammable, un esprit moins crédule et moins propre à recevoir les impressions qu’on voulait leur donner. Introduit par des prêtres dans des lieux souterrains, le jeune initié se trouvait livré à leur luxure. Des formes nues, les bras enroulés de serpents, exécutant des danses lascives au fond d’un bois, se surpassant dans l’art des postures et des mouvements lascifs, étourdies par le bruit des trompettes, entourées de mâles nus saisis d’une vigueur infernale, enivrées de vin et de ses émanations, des odeurs de tabac et autres parfums puissants, ces Bacchantes luxurieuses priaient Priape en s’empalant sur son pieu démesuré. Les plus grands excès attirent le plus de gloire : rien n’est figuré, tout est réel dans leurs actions. Les vieillards les plus refroidis par l’âge s’enflammeraient à la vue de leur lubricité s’ils pouvaient en supporter le spectacle. Bientôt, ces Furies, irritées par les progrès de leurs désirs appellent : « Qu’on fasse entrer des hommes, il en est temps ! Serait-il endormi, mon amant. Qu’on l’éveille ! » Chacun satisfaisait le goût auquel il était enclin ; toute pudeur était bannie ; tous les genres de luxure, même ceux que la nature réprouve, souillaient le temple de la divinité. Au point que Vénus y était souvent remplacée par Ganymède ».)