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Le
premier verset énonce : « Tout ce qui a été créé ne peut vivre et exister que par un mâle et une femelle ». Ce qui suggère : « Tout ce qui entre dans le plan physique le
fait par le moyen d’un mâle et d’une femelle… » ; Ou, plus précisément : « Tout ce qui entre vivant dans le plan physique le fait par le moyen d’un mâle et d’une femelle (de
l’union entre un mâle et une femelle) ».
Inversement, ceci signifie, d’un point de vue mystique, que les âmes en quête d’entrer dans le plan physique, errant dans l’Anti-Monde, sont à l’affût du moindre coït ici-bas qui leur permettrait d’aboutir à leurs fins. Les âmes meurent à leur propre maturité avant d’entrer ici-bas sous la forme d’un bébé, leur réalité subtile est donc douée d’une grande intelligence et le mystique les compare avec des esprits subtils. Il les imagina jadis à la manière actuelle des vampires, prospecter les « ouvertures » possibles, suppliant dans le plan subtil les fornicateurs de leur accorder la naissance.
De même, le même mystique conjectura une attraction automatique
entre la quête subtile des âmes et la pratique physique des couples, au point que les naissances vont de pair avec la copulation ; et si une âme n’est point désirée, un mauvais esprit la
remplace et naît tout de même. De là le péché de la fornication lorsqu’il est pratiqué pour le seul plaisir et sans volonté de féconder.
Le mage ou le sorcier s’appropria les principes édictés par le mystique et déduisit que si les âmes ou les esprits dits infernaux « sont à l’affût » de la moindre fornication ici-bas, qu’ils volent autour d’elle « comme des mouches le feraient au-dessus d’une confiture », le coït jouit d’un tel intérêt pour des entités subtiles qu’il en devient un moyen magique pour lui.
C’est-à-dire, dans un premier temps, qu’il suffit de
pratiquer le coït pour attirer des
esprits ; dans un
second temps, que plus le rituel coïtal est pratiqué dans un contexte sacré, plus les esprits qui en sont à l’affût auront de volonté et d’aptitudes pour réaliser depuis leur plan les vœux des
hommes. Pour cela, nombreux sont les rites qui concernaient la fécondité. Pas seulement pour assurer la naissance d’enfants aux femmes, sinon pourquoi autant de prostitution dite
« sacrée » ; mais logiquement pour tenter, non seulement les hommes, mais aussi ces esprits animiques irrités par l’impatience d’être aspirés par un coït, choisis pour entrer
ici-bas. Bien sûr, la débauche ne concerna pas exclusivement la fécondité, nous pouvons même dire qu’elle la supplanta, au point que les mères ne reconnaissaient même plus leurs filles, que la
notion même de « famille » disparut bientôt de Babylone.
L’autre point d’orgue touche directement à la mystique. Le corps subtil de l’homme est formé de centres de force (chakras) ayant chacun des correspondances dans des organes et des membres du corps physique, ces derniers étant, pour ainsi dire, leurs représentants dans le plan physique. Il se trouve que l’un des trois chakras inférieurs Svadhisthana est le siège de la sexualité dont les organes qui s’en rapportent sont les instruments ; et dans un cadre mystique, les suppôts. Ce siège subtil a pour emblème animal un poisson nommé Makara identifié au Léviathan ; ceci en Orient, car le même symbole en Occident, puisqu’il est sous l’influence de la Lune, devient un bouc.
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Chakras |
Kabbale |
Correspondance physique |
Emblème animal |
Analogie démonologie |
Exemples de diables (Qliphoth) |
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Manipura |
Netzah |
Plexus solaire Sexe – corps érogène |
Bélier (Agni) (parfois le bouc est placé dans ce centre) |
Agni |
Baal, Belphégor, Asmodée |
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Svadhisthana |
Hod Yesod |
Sexe Appareil génital |
Makara (monstre marin) Changé en bouc en Occident |
Léviathan
Makara |
Lilith Pan Priape Nahashiel |
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Muladhara |
Malkuth Qliphoth |
Scrotum |
Hippopotame (éléphant, parfois taureau musclé) |
Béhémoth
Ganesha |
Satan Seth |
D’où l’évidence de certains mystiques anciens (Gnostiques, tantriques, etc.) qu’un dévot sacrifie à son dieu (devenu depuis un diable) avec la partie du corps, des membres ou des organes qui lui sont attribués.
La description originale du
Priape antique (Pan, Belphégor ou Ba’al Peor, Mendès, Bacchus, etc.) est celle d’un bouc ou d’un taureau affublé d’un membre viril proéminant, cependant que le même emblème de Vénus (Mylitta,
Astarté) le figure avec, à la place du sexe, un caducée. Devenu chez les Grecs un symbole d’Hermès, il n’en est pas moins avant une marque de Vénus, et dans le tantrisme, une représentation
sexuelle importante. Deux cobras s’enlacent autour d’un pieu et les initiés affirment que c’est ainsi que ces serpents copulent ensemble. Si l’auteure en mythologie Nadia Julien dit que le
caducée est un « symbole de la sublimation sexuelle », Francis King,
dans « Esotérisme et sexualité » va plus loin encore, précisant : « Les cultes primitifs de la fécondité se sont
prolongés au cours de l’antiquité appelée classique. L’Osiris des Egyptiens, de même que le Bacchus des Romains et l’Hermès des Grecs étaient tous des dieux phalliques. Le caducée (baguette
comportant une paire d’ailes et des serpents entrelacés), attribut d’Hermès, était très probablement un pénis
stylisé ».
S’il en est ainsi, que par ailleurs le semen masculin était jadis considéré comme un « fluide magique », alors le caducée grec dessine la « figure mystique » que lui inspire l’organe génital mâle, son « image subtile ». Et celle-ci montre que les anciens percevaient dans l’aspect occulte, un pieu central autour duquel deux rayonnements rouge et bleu évoluaient en se chevauchant, l’exacte réplique du fluide magnétique, tel que le décrit des siècles plus tard le colonel de Rochas, et que voyaient sortir des yeux et des doigts de ses sujets mis sous hypnose.
Des sujets en léthargie aux temps antiques virent-ils à
la place d’un organe génital mâle qu’ils regardaient une représentation virtuelle ayant l’exacte forme du
caducée ? C’est fort possible. Ils approchèrent ainsi de la dimension magnétique du sexe masculin. Peut-être est-ce pour
cette raison que le Phallus (Zakhor) a le même nombre 227 que la formule dont le caducée est la reproduction et qui est OD OB AOUR (227). Nous imaginons que le Phallus sacré fut nommé ainsi lors
des rituels l’impliquant, et puisque l’objet devint le Dieu lui-même, la formule devint son nom. HPB, citant Eliphas Lévi, écrit dans « La doctrine secrète 1 » : « Il existe
un agent unique universel de toutes les formes et de la vie : il s’appelle « Od Ob Aour », est actif et passif, positif et négatif, comme le jour et la nuit. (…) Les anciens le
représentaient par un serpent, car « Fohat (Eros) siffle en se glissant ça et là » en zigzags (le déhanchement du Makara ou du Léviathan, du crocodile (sensuel) – NDA). La kabbale le
désigne par la lettre hébraïque Teth, dont le symbole est le serpent qui joua un rôle si important dans les Mystères » (HPB – Doctrine secrète1, p.52 – Editions
Adyar).
Nous trouvons pareille démonstration dans l’antique culte de Seth (qui put s’appeler, aux dires de certains experts, « Teth »), chez les Gnostiques Ophiques (le culte du Serpent), chez les tantriques de la Main Gauche, dans tous les cultes où le dieu exposé était phallique, chez les initiés de Samothrace comme chez ceux d’Eleusis. A chaque fois, des commentaires avisés ont fait part qu’au petit nombre des meilleurs adeptes, la cérémonie secrète voyait honorer le dieu sous la forme d’un phallus et qu’il fut approché sous son titre de « Grand Agent Magique » et nommé « Od Ob Aour » (OD OB OR).
Autre approche. Si la femme, dans le domaine
sensuel, incarne la luxure et l’homme la virilité, dans le domaine mystique, respectivement la première la puissance, le second le pouvoir, dans la magie, un autre aspect est abordé. Ce sont
certains écrits d’Aleister Crowley qui nous font approcher la dimension liée à la sorcellerie. Evoquant ces opus – accouplements entre partenaires -, notamment celui qu’il entretint avec Victor
Neuburg, il détermine la nature des rôles impartis, comme le rapporte Francis King : « Victor Neuburg, dans le monde des hommes, jouait le rôle masculin, Crowley ayant eu une attitude
nettement féminine à l’égard des autres hommes ». Puis : « Neuburg, dont le rôle était celui du médium, se sentit possédé par le dieu et Crowley vit bien « en
astral » la chambre qui se remplissait de caducées
mercuriens, avec serpents vivants en mouvement… Le lendemain, Crowley précéda le même rituel par la confection d’une image en cire jaune de Mercure, sous forme d’un pénis en érection ». Pour
Priape, le même objet serait rouge.
Ceci veut dire qu’en sorcellerie ou « magia sexualis », le partenaire actif devient le médium et le passif « celui (ou celle) qui fait entrer le plan astral dans le plan physique ». Et, dans le domaine sensuel, nous pouvons préciser « celui (ou celle) qui fait entrer le plan démoniaque (qliphotique) dans le plan physique » ; ceci, puisque les dieux antiques sont les démons d’aujourd’hui.
Tentons une courte définition du médium. Allan Kardec
dit que « toute personne qui ressent à un degré quelconque l’influence des Esprits est, par cela
même, médium ». Le plus souvent, il est mis sous hypnose par son magnétiseur. Phénomène qui se produit à sa manière dans le couple car la séduction de la femme est capable de
fasciner l’homme au point d’absorber
sa concentration et ainsi, de le mettre, en quelque sorte, dans une forme léthargique, et d’apparaître soudain comme un médium. De son côté, la séductrice douée de sorcellerie, « fait entrer
le monde astral (ici démoniaque) dans le plan physique », comme l’atteste l’écrit suivant.
En effet, dans un document rédigé avant la seconde guerre mondiale par des mystiques allemands ayant trouvé des fragments des sciences antiques impliquant des luxures et intitulé « Die astrologischen Aspekt-Zeichen als Gehaim-Symbolic », leurs auteurs rendent compte de tout un ensemble d’aspects astrologiques que les anciens mettaient en relation pour invoquer tel dieu ou telle déesse précis. Considérations complexes à comprendre puisqu’elles furent toutes en partie détruites ultérieurement par les chrétiens. Nous trouvons au moins ce passage, autant énigmatique que révélateur des mystères : « Aussi comprenons-nous le recours à la technique magique basée sur l’astrologie. Les êtres d’origine démoniaque font sentir leurs vibrations astrales en s’infiltrant, en quelque sorte à la manière de vampires, au travers des corps éthériques des participants. Par là, l’acte charnel devient comme un sacrifice au démon appelé ou, dans les cultes exclusivement religieux, un sacrifice à l’être divin ou au dieu que l’on adore ». Finissant leur sujet avec leur avertissement : « Lorsqu’on vise une fin purement magique, on doit accomplir l’acte sexuel comme un rite sacré, se servir des talismans adéquats et s’envelopper des fumées d’encens correspondantes, des produits aphrodisiaques et pierres précieuses se rapportant aux bonnes planètes ».