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ADAMIENS
L’adamisme, secte gnostique, fut fondée au IIème siècle par Prodicus, lui-même disciple de Carpocrate. Les adamiens étaient des hérétiques nudistes (comme les Jaïns en Inde) qui voulaient retrouver l’humanité d’avant le péché originel, symbolisée par Adam et Eve, dont ils reproduisaient le mariage. Cela les menait à certaines outrances, comme par exemple de célébrer des liturgies érotiques dans une nudité intégrale afin de retrouver le paradis sur terre. Les adamiens furent aussi connus sous le nom de Frères du Libre Esprit.
ADAMITES
Au XVème siècle, en Bohême, se fit jour une forte réapparition de la déviance des adamiens (devenus Adamites). Ils fondèrent une communauté dont on pense qu’elle fut la première communauté utopiste. Installés sur une île du fleuve Moldau, ils bannissaient toutes les structures sociales, vivant principalement de cueillette et s’interdisant de cultiver la terre. Sans églises, ils disaient entretenir un rapport direct avec Dieu. Les hussites, envieux de la réussite de leur remise en cause de la société, montèrent une expédition et les massacrèrent sans merci, sous le gant de fer de Jan Zizka.
ANDRONICIENS
Ces dissidents étaient des disciples de l’hérésiarque Andronicos (IVème siècle) Ils croyaient que la moitié supérieure du corps féminin était l’œuvre de Dieu, et l’inférieure au contraire, ne pouvait provenir que du travail du diable. Ce dualisme ne fut guère repris par les cathares, cependant un des rares troubadours identifiés comme cathares, un certain Mir Bernat, divisa bien la femme en deux parties dans un de ses poèmes. L’amour pur était le fait du haut, l'amour naturel celui du bas.
ARCHONTICIENS
Dieu étant le responsable de la création de l'univers, les Archonticiens avaient imaginé des principautés desquelles ils avaient pris le nom. Ils niaient la résurrection et se livraient à la débauche.
BOGOMILES
Avant 950, un évêque dissident porta le nom de Bogomil. Bogomile en slave équivaut à Ami de Dieu. Connus dès le Xème siècle, et peut-être plus tôt, les Bogomiles furent les précurseurs des cathares occitans et du Nord de la France, qu'ils fréquentèrent au XIIe et XIIIe s.
BOUGRES
Le terme de bougre ou boulgre était employé péjorativement pour désigner les hérétiques. Il signifiait « débauché, sodomite ». Au moyen âge, l’Eglise assimile totalement l’hérésie aux pratiques sodomites. Ainsi, être convaincu de bougrerie menait droit au bûcher. Non seulement les cathares, mais aussi les templiers furent surnommés « Bougres ». C’est à partir du concile de Naplouse (1120) que fut décidée la condamnation des homosexuels au bûcher.
L’étymologie de ce mot est amusant, elle renvoie aux... Bulgares ! Au moyen âge, fin du Xème siècle, les Bulgares se rendirent coupables aux yeux de Rome de l’hérésie bogomile (ils ne croyaient pas là où le pape leur disait de croire). Ont les accusa d’être sodomites, ce qui chargea le terme latin bulgarus d’une connotation sexuelle. Le terme francisé devint bogre puis bougre (= hérétique, débauché, homosexuel - beaucoup de signification pour un seul terme !), la bougrerie étant l’homosexualité masculine. Par extension, on a inventé la bougresse, désignant la lesbienne. Les érudits de la renaissance ont eux remplacé le terme bougrerie par un nom plus élégant car issu du grec : pédérastie. De nos jours, la connotation sexuelle du terme s’est largement effacée, un bougre est presque l’équivalent d’un gaillard.
CAÏNITES
Blasphémateurs, ils rendaient un culte à Caïn.
CATHARES
En Europe septentrionale, on identifiait le Diable à un chat noir. Nicolas, évêque de Cambrai de 1152 à 1157 traitait déjà les hérétiques de catheros, du latin, catorum (chat).
Ainsi au moyen âge, le mot « cathare » signifia « chat », puis « adorateur du chat ». On ne sait si ce mot vient du latin « catus », terme employé aussi péjorativement pour désigner les Bons Hommes et les Bonnes Femmes qui, eux mêmes, ne l’employèrent jamais. En 1190, Alain de Lille affirma que les cathares qu'il nommait Catus, baisaient le derrière des chats noirs.
Le terme, cathare, fut très employé par l’Eglise romaine pour définir son mépris de l’hérésie. C’est un moine, Eckbert de Schönau, ancien chanoine de Bonn, qui en 1163, commença à employer ce terme dans ses sermons contre les hérétiques où il reprenait aussi les appellations injurieuses de Piphles pour la Flandre, de Texerants pour la Gaule et de Cathares ou Ketzer pour la Germanie.
Ketzer qui signifie donc aussi hérétique, dérive du vieil allemand « Keter » qui se dit « Katte » et dont le sens, est « chatiste », terme qu’employa Robert le Bougre, pour stigmatiser les victimes de ses répressions.
FLAGELLANTS
Fondée par les frères Claude et François Bonjour en 1785 à Fareins dans l’Ain, cette déviance a rejoint l’Eglise Vieille-Catholique. On dit aussi Fareinistes.
FRERES DU LIBRE ESPRIT
Les adeptes de la secte des Frères du Libre-Esprit s'étaient inspirés de versets de Saint-Paul pour s’autoriser une totale liberté sexuelle. Cette hérésie fut durement réprimée au XVème siècle, en particulier dans la ville de Durango, au Pays-Basque.
GNOSTIQUES
Les gnoses étaient les sciences religieuses ésotériques composées de croyances anciennes et orientales dont certaines étaient antérieures au christianisme. Les Gnostiques refusaient le Dieu de l’Ancien Testament, l’incarnation, et se livraient aux spéculations théosophiques et cosmologiques. La majorité des adeptes du gnosticisme fut condamnée au IIIème et IVème siècle.
LUCIFERIENS
Les hérétiques lucifériens n’avaient absolument rien en commun avec les sectes lucifériennes qui prolifèrent de nos jours. Les lucifériens étaient des adeptes de l'évêque Lucifer, du diocèse de Carales, dont l’intransigeance outrancière envers d’autres hérésies nous est connue par ses écrits. C’était un partisan fanatique du Credo de Nicée dont la pensée rigoriste déviante fit qu'il fut exilé par l'empereur Constance.
NAASSENES
Comme leurs aînés antiques les Ophites, les Naassènes confondaient le Dieu biblique, créateur de la matière, avec le Diable. Ils rendaient un culte au serpent (Nahash), qui se révolta contre le Dieu de la Bible.
NICOLAÏTES
Disciples du diacre Nicolas.
OPHITES
Secte Gnostique du IIème siècle de l’ère chrétienne. Les Ophites (du grec « Ophis », « serpent ») faisaient du serpent, le Messie et le centre de leur religion.
SODOMITES
Se réfère aux anciens de Sodome et Gomorrhe, certains rendirent un culte à Bélial.
VAUDOIS
Plebs Sacra, peuple sacré...C’est Guillaume Farel, un des grands artisans de la Réforme, qui désigna ainsi les Vaudois. Pierre Valdo ou Valdès ou Vaudès, (vers 1140-1217), riche marchand lyonnais, fonda en 1176 la secte des vaudois ou valdéisme, obtenant du pape Alexandre III la permission de prêcher. Cependant Valdo fut excommunié en 1184 par l’évêque de Lyon. Les vaudois étaient en désaccord avec la plupart des rites et des sacrements de l’Eglise romaine. Adeptes de la pauvreté, ils contestaient l’existence du Purgatoire, le sacerdoce, l’invocation des saints, la confession et l'absolution. De très nombreux vaudois furent brûlés. La vindicte de l’Eglise les accusa de vénérer les chèvres, de se changer en loup, de tuer les petits enfants et d’être des sorciers qui embrassaient l’anus du Diable au cours de cérémonies d’adoration satanique. En 1532, au Synode de Chanforans, les vaudois ont adhéré avec certaines restrictions à la Réforme protestante, ainsi ils ont su garder leur propre identité. Aujourd’hui encore, il existe en Italie une Eglise Vaudoise dont le siège est à Torre Pellice. Cette église dispose d’une faculté de théologie sise à Rome. Les Vaudois composent également une grande diaspora en Amérique du Sud et maintiennent leur forte tradition de dissidence chrétienne. Ce sont les dignes héritiers des hérétiques du moyen âge.
VENUSIENS
Autre nom des Paterniens.
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