Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /2009 17:08

Jacques-Antoine Dulaure livre ses recherches au sujet des origines probables du nom « Vénus », elles sont très intéressantes mais un bémol est à mettre sur la portée de ses études, car, il l’avoua lui-même, le contenu ésotérique des réalités qu’il étudiait lui échappa volontairement. A nous de l’approcher.

 

On relève ainsi qu’aux temps antiques, tout ce qui est féminin contient la racine « va », comme « Hovah » ou, pour Eve, « Hawwah » (hvvc). Le mot « Amour », dont le nom servit à Cupidon, fils de Vénus, se dit « Ahavah » (hbha) : bien qu’on trouve « Beth », la sonorité qui en sort est « v » (comme « Benoth » ou « filles » devint « Venoth »). On trouve encore, dans l’antique culte rendu à Seth, le phonème « AO », qui rejoint la « première femme », selon les Grecs, « IO », et qui, selon les auteurs ésotériques, s’écrit « hvh » ou « cvh » ou « hvc », lié à IAO. Ce Seth, dont certains affirment que le nom provient de « Teth » ou « serpent magnétique », et que sa figure le montre en serpent avec une tête d’âne, rejoint l’autre phonème « OB » de la formule chère à Eliphas Lévi (Od Ob Aour), lequel chez les Phéniciens antiques signifiait le « serpent », ce même « B » pouvant se prononcer « V », faisant indirectement référence au « principe féminin ». Donc, « vah » ou « veh » se rapporte à la « féminité » ; et certains ajouteront au « serpent », d’autant plus que « Nahash » veut dire « serpent » (« sorcier » également) et « Nashim » est « femmes » au pluriel.

 

Pareillement au « B » prononcé « V », nous trouvons « N’qava » (Nun – Quoph – Beth – Hé) (hbqn), signifiant « féminin », évoluant en « pôle féminin » jusqu’à « sexe féminin » ; on trouve d’ailleurs dans « N’qava » quelque chose de « Benoth », logique puisque « féminin » conduit à « fille ». Ce qui veut encore dire que « Vénus » peut lointainement venir de « N’qava », et en suivant alors l’orthographe de ce dernier mot, nous obtenons pour « Vénus » : « svnhb », nom dont le chiffre est 123, celui de « Oneg » (gni) ou « plaisir ». Le même rapprochement peut se faire du côté masculin : « Zakhor » (rkz) signifie autant « masculin » que « sexe mâle » en mystique, et l’on sait que Pan, Priape, Apis furent tous figurés par un phallus avant même d’être montrés comme un bouc. En somme, le mot même de « phallus » les identifia mieux que « bouc » ou « taureau ». Et nous trouvons un peu de « Zakhor » dans « Zagreus » grec, divinité qui devint plus tard « Bacchus » (de Zakhor à Bakhor), dieu romain rendu démon justement parce que son culte était devenu… trop phallique*.

 

(* La « messe » antique voyait donc pour objets d’adoration les sexes mâle (Zakhor) et femelle (N’qava) – ou Bacchus et Vénus -, dont le nombre est 227+157=384 ; que les Gnostiques antiques trouvèrent dans le nom de leur divinité « Nahash IAO » (hvhy scn), 384. D’où aussi le phonème mantrique épelé à haute voix par les Bacchantes lors de leurs incantations : « évohé ».)     

 

Passons à « Nos » ou « Nus ». Certains chercheurs l’assimilent à « Nysa », une contrée située dans l’au-delà pour de nombreux mystiques et pouvant être assimilée à un paradis. Le mot hébreu « Sinaï », selon HPB, peut s’y rapporter, comme « Zen » aussi, mot oriental. On trouve « Nysa » dans « Dionysos » - que certains traduisent par « dieu de Nysa » - ; et par la même logique, on obtiendrait Vah ou Veh-Nysa, « Hovah-Nysa », la « féminité synonyme de réjouissance ».

 

Il y a plus occulte encore. Aleister Crowley évoque le mot latin « nox » signifiant « nuit » et qu’il identifie avec une formule secrète, « NOX » ou « N.O.X. », entendue dans la science occulte comme la « nuit de Pan ». Car « Pan » est « Tout », le début de la vie jusqu’à la fin, la naissance, la vie, la mort. « N » est lié au treizième arcane du Tarot, la Mort ; et « X » est le Phallus, emblème de la vie, de la procréation, de la génération. Reste « O » qui est le « cœur », ou le ventre, « ce qui donne », « ce qui fait entrer dans la vie », caractère lié au principe féminin, « O » que l’on retrouve dans AO. Somme toute, « NOX » englobe le sens de la vie avec ses trois mots-clés mort, procréation (génération), vie. Sens profond que l’on trouve dans « PAN » : « P » pour « dualité » (sexualité) ; « A » pour « énergie » ; « N » pour « mort ».

 

En associant « Veh » à « Nox », on obtient la formule ésotérique « dans le féminin (O), la nuit de Pan (N(O)X) ». De même, « Veh-Nox », par « Veh » contient secrètement « Seth » ; par « Nox », « Pan ». Ce qui est logique, puisque nous savons par ailleurs que le culte de Vénus fut celui de Pan, que celui-ci considéré « mort » par ses ennemis, un autre culte prit naissance nommé « Priape », lequel fut admis comme le fils de Vénus. La « nuit » fait référence à ce qu’il y a de plus profond, de plus secret, de plus mystique : soit, « le mystère de Vénus est Pan ». La « nuit » signifie aussi la « subtilité », aussi « Veh-Nox » pourrait s’entendre : « du féminin paraît subtilement Pan » (un sens que les mages et les sorciers affectionnent pour accomplir leurs sortilèges). Aleister Crowley insiste sur ce point sans le faire remarquer trop fort par le caractère « Ayin » (i), dont l’élément est le bouc, figure de Pan en même temps que le « O » de « NOX » (xin) (valeur 210), attribué au pôle féminin.

 

« AO », « Ava… », « Hovah » sont autant de mots et de noms qui proviennent de « IAO », « OB », « Benoth ». Le son « v » tiré du « b » domine. Pour « é », l’orthographe désigne « Hé » (h) parce que « féminin » ; Aleister Crowley lui ajoute ou lui préfère « Ayin » (i), caractère plus subtil puisque lié au bouc, donc au démon dont c’est l’animal emblématique. AO est autant le nom avec lequel l’initié invoque Seth, dont la représentation est celle d’un âne phallique, que du principe féminin. Pratique courante chez lui, puisqu’il change le « Vau » (v) dans « Baphomet » par « Ayin » (i). 

 


 Finalement, la syllabe « Veh » dérive partiellement de la lettre « b » ou « Beth » (b) – Aleph (a) étant le masculin, Beth (b) est le féminin -, lié au temple, à l’intérieur, l’intimité, le couple ; c’est aussi la première lettre du mot « Bath » (tb) signifiant « fille » comme au pluriel « Benoth » dans l’antique Carthage. Et « Nox » ou la « nuit de Pan » contient le trinitaire « mort – procréation (génération) – vie » : et « Vénus » signifiait à son début pour les Gnostiques, « génération ».

 

Gardons « Veh », précisons « Neh ». Cette dernière racine paraît concerner la luxure, car la divinité Innana (que beaucoup identifient aujourd’hui avec la Lilith antique) fut « l’aspect immoral de la déesse Ishtar ». « Un goût prononcé pour les pratiques immorales au cours des rituels qui lui étaient consacrés » caractérise la nature d’Innana. « Neh » est dans « Innana », même deux fois, d’où son tempérament « doublement » plus luxurieux. Car Innana ou Inanna est la déesse de l’Amour et du Désir chez les anciens Sumériens, un nom que l’on peut trouver sous différentes formes, allant de Ennin (Nnya), Ninnin, Ninanna, Ninnar, Innina, Ennina, Irnina, Innini, Nana et Nin, probablement héritée de « Nin-ana » ou « Demoiselle du Ciel », quoique Gelb en 1960 suggère une forme plus ancienne, « Dinnin », proche de « Djinn » ou « Djinnia ». Toujours « Neh » ou « Ni », allant jusqu’à « Nue » et inspirant une forte connotation luxurieuse.

 


 « M », dont l’élément est l’Eau, est, pour les théosophes, la lettre « du redoutable pouvoir féminin ». Soit, « Veh » pour le principe féminin, « Neh » pour la puissance luxurieuse, « M » (Mem) pour le « redoutable pouvoir féminin » : nous obtenons « Venem » (Mhnhv), dont le chiffre est 666 ; le nombre simple est 26 ; le nombre total 211, le même que Bar-go (211) Go-bar (211) pour l’inspiration et l’expiration, le « souffle » ; que nous concevons aussi pour le rapport physique dans l’activité charnelle. « Venem » est peut-être le mot-clé ésotérique, agréablement voilé par le nom « Vénus ».

 

Compte tenu des différents exposés à propos du nom « Vénus », si celui-ci est bien dérivé de « Benoth », et sachant que « th » se prononce comme « s », d’ailleurs en guématrie « th » grec a la même valeur 300 que « s » (Shin) hébreu, nous obtenons pour le mot « Benoth » (wvnb) ou « Filles » le même nombre 358 que « Nahash » (wcn) ou « Serpent ». Comme si les « filles descendaient du serpent » ou que « les filles du temple ou des tentes conduisaient au serpent ». Certains auteurs prouvent même que « serpent » et « taureau » sont le même mot : « Je commencerai par les serpents. Le rôle particulier de ce reptile dans tous les systèmes religieux de l’antiquité nous montre que l’on considérait comme un symbole de vie, et que, pour cette raison, on l’attribuait aux divinités dont la principale fonction est de présider à la création du monde, à la reproduction des êtres, à la conservation de la vie et de la santé. Aussi, dans la plupart des langues dites « sémitiques », le mot qui signifie la « vie », « hay » « haya » (hyc), veut dire également « serpent » ; de même que dans certaines langues indo-scythiques, le mot qui sert à désigner le taureau, autre symbole de la vie, a la double signification de « vie » et « taureau » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837).

    

En outre, le fameux « Heit » (tyc), mot par lequel nous nommons le fluide subtil responsable de l’activité sexuelle, signifie « bête » en même temps que « fluide vital », se rapporte à la « Grande Bête » figurée par le Bouc lascif (ou le dieu-taureau Bacchus) et contient « serpent » indirectement en lui.

 

 

Enfin, pour notre part, les auteurs cités ci-dessus ne sont pas allés chercher du côté de l’Orient : le nom « vanus » pour la « vamachara », connu des tantristes, signifiant « fille » ou « femme » et désignant celle qui vient personnifier la Shakti au cours du culte qui lui est rendu, dont sa représentation est celle d’un sexe féminin ou « yoni », est trop proche de « Vénus » pour ne pas y trouver une origine presque certaine. D’autant que d’autres noms divins, Dionysos ou Mithra, Asmodée (Aeshma Deva), Lilith (Lalita) largement connus en Occident, sont aussi venus d’Orient. Dans le culte de la Shakti, la femme s’y trouve déifiée, ce qui est le propre de toute cérémonie consacrée à Vénus (Lire chapitre « Vénus, Baphomet et le rituel des scènes de débauche »).

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
             
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés