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Le pire est à suivre avec ce pamphlet du prêtre Ezéchiel aux chapitres 17 et 23 :
« Mais tu t’es fiée à ta beauté et livrée à la
prostitution à la faveur de ta renommée; tu as prodigué tes débauches à tout passant quel qu’il fût. Tu as pris de tes vêtements, tu en as fait des hauts lieux bigarrés et tu t’es prostituée sur
eux, ce qui ne devait pas arriver et ne devait pas être. Et tu as pris tes belles parures (faites) de mon or et de mon argent que je t’avais donnés et tu t’es confectionnée des simulacres de
mâles et tu t’es prostituée à eux. Et tu as pris tes vêtements brodés et tu les en as recouverts et tu as mis devant eux mon huile et mon encens ». Nous l’avons désormais compris, les
« simulacres de mâles » sont les Phallus ou Priape figurant le dieu sur lequel ou avec lequel des hommes et surtout des femmes forniquaient ».

« Et tu as pris tes fils et tes filles que tu m’avais enfantés et tu les leur as sacrifiés en pâture ; était-ce trop peu que ta prostitution? Tu as immolé mes fils, tu les as livrés en les faisant passer devant eux. Et au cours de toutes tes abominations, de tes débauches, tu ne t’es pas souvenue des jours de ton enfance, où tu étais nue et dénudée et où tu te roulais dans ton sang. Et ensuite après toute ta dépravation malheur, malheur à toi ! dit le Seigneur Dieu, tu t’es bâtie un tertre et tu t’es faite un « haut-lieu » sur chaque place. A l’entrée de chaque chemin, tu as édifié ton « haut-lieu », tu as souillé ta beauté, tu t’es abandonnée à tout passant, tu as multiplié tes impudicités. Tu t’es prostituée aux enfants de l’Egypte, tes voisins, forts en chair, et tu as multiplié tes débauches pour me courroucer ».
« Ensuite tu t’es prostituée aux enfants d'Achour (Assyriens), faute d’être assouvie; tu t’es prostituée avec eux, sans en avoir encore assez. Tu as multiplié aussi tes débauches du côté du pays mercantile des Chaldéens, et avec cela non plus tu ne fus pas rassasiée. Que ton cœur était languissant, dit le Seigneur Dieu, quand tu commettais tous ces actes, à la façon d’une courtisane sans frein! Quand tu bâtissais ton tertre à l’entrée de chaque chemin, ta hauteur sur chaque place, tu n’étais pas comme les courtisanes toujours mécontentes du salaire. O femme adultère, qui prend des étrangers à la place de ton mari ! A toutes les courtisanes on offre un don, et toi, tu as fait des cadeaux à tous tes amants, tu les as achetés afin qu’ils vinssent à toi des alentours pour tes débauches. II s’est passé pour toi le contraire des autres femmes, car c’est toi qui t’es prostituée, et l’on ne s’est pas prostitué à toi ; c’est toi qui payais un salaire et l’on ne t’en a point donné; ça été un renversement des choses ».
« Tu es bien la fille de ta mère, qui a pris en
aversion son mari et ses enfants, et la sœur de tes sœurs, qui ont pris en aversion leurs maris et leurs fils ; non seulement tu as marché dans leurs voies et pratiqué leurs abominations, mais
peu s’en est fallu que tu n’eusses été plus corrompue qu’elles dans toutes tes voies. Par ma vie, dit le Seigneur Dieu, Sodome ta sœur, elle avec ses filles, n’a pas agi comme tu as agi, toi et
tes filles ».

« La parole de l’Eternel me fut adressée en ces
termes : « Fils de l’homme, il y avait deux femmes, filles d’une même mère. Elles se prostituèrent en Egypte, dans leur jeunesse elles s’y prostituèrent. Elles s’appelaient, l’aînée, Ohola,
et sa sœur, Oholiba (deux femmes qui figurent Jérusalem et Juda mais leur description est intéressante pour connaître la vie mondaine à cette époque - NDA). Ohola se débaucha, alors qu’elle était
en ma puissance; elle s’engoua de ceux qui la courtisaient, des Assyriens qui l’approchaient, gens habillés d’azur, gouverneurs et seigneurs, tous jouvenceaux séduisants, cavaliers montant des
chevaux (qu’une traduction plus moderne et moins tronquée ose transcrire « Elle s'est passionnée de ces impudiques ayant des membres d’âne et ardents comme le sont des étalons… Les fils de
Babel et tous les Chaldéens, princes, riches et grands, et tous les fils d’Assur avec eux, beaux jeunes hommes, tous gouverneurs et chefs, dignitaires et conseillers, tous montés sur des
chevaux » ou « montés comme des étalons » - NDA). Elle leur prodigua ses faveurs impures, à tous ces fils distingués d’Achour (Assyrie – NDA), et à cause de tous ceux dont elle
était éprise elle se souilla par leurs idoles. Pourtant, elle ne renonça point à ses dérèglements de l’Egypte; car ils avaient eu commerce avec elle dans sa jeunesse, ils avaient étreint son sein
virginal et répandu leur impudicité sur elle. Or, sa sœur Oholiba en avait été témoin ; et elle s’adonna à des amours encore plus coupables, à un dévergondage pire que celui de sa sœur. Je
constatai qu’elle s’était souillée : même conduite chez toutes deux. Elle enchérit sur son inconduite, quand elle vit des hommes dessinés sur la muraille, des images de Chaldéens peintes en
vermillon, portant des ceintures attachées aux reins, des turbans étalés sur leur tête, ayant tous l’apparence de capitaines, fidèles peintures des fils de Babel, dont la Chaldée est le pays
natal. Elle se prit d’amour pour eux, fascinée par ce qu'elle voyait, et elle leur dépêcha des messagers en Chaldée. Les fils de Babel vinrent à elle pour un commerce d’amour, et la souillèrent
par leur luxure; elle reçut d’eux une souillure, elle étala ses débauches, elle découvrit sa honte avec ces jeunes hommes séduisants, tous gouverneurs et seigneurs, officiers et dignitaires, tous
montant des chevaux (la version de la TOB est plus directe encore : « Oholiba multiplia ses débauches, souvenir des jours de sa jeunesse quand elle se prostituait en Egypte. Elle montra
sa sensualité avec leurs débauchés ; leur membre est un membre d’âne, leur éjaculation celle d’un cheval »). Décidément, Dieu voit tout !
« Elles ont forniqué, il y a du sang sur leurs
mains ; elles ont forniqué avec leurs idoles et sont allées jusqu’à leur livrer en pâture leurs fils, qu’elles m’avaient enfantés. Elles m’ont fait ceci encore : elles ont souillé mon sanctuaire
ce même jour et profané mes sabbats. Oui, lorsqu’elles immolaient leurs fils à leurs idoles, elles entraient le même jour dans mon sanctuaire pour le profaner ; voilà comme elles en ont agi dans
ma maison. Bien plus, elles envoyaient chercher des hommes qui venaient de loin ; un ambassadeur leur était dépêché, et ils arrivaient ceux pour qui tu t’étais baignée, tu t’étais enduit les yeux
de fard (plus tard, on appellera Lilith la « femme fardée » en référence à la prostitution « sacrée »), et tu avais revêtu tes atours. Et tu prenais place sur un lit
d’apparat, devant lequel une table était dressée, où tu posais mon encens et mon huile. On entendait chez elle le bruit d’une multitude paisible, et aux gens d’une nombreuse foule venaient encore
s’ajouter des buveurs amenés du désert ; alors elles mettaient des bracelets à leurs bras et une couronne magnifique sur leur tête. Et j’ai dit de celle qui est flétrie par son inconduite :
encore maintenant on se livre avec elle aux débauches habituelles. On venait vers elle comme on vient vers une femme prostituée ; ainsi on est venu vers Ohola et Oholiba, femmes de mauvaises
mœurs ».
Conséquence des prostitutions, nous relevions plus haut les hostilités existant entre les membres d’une même famille, citant « qu’il n’y avait pas de pires ennemis que dans la cellule familiale ». Voici un exemple apporté par Ezéchiel 22 – 6- 12, qui laisse imaginer les possibilités de rapports charnels pouvant être pratiquées à cette époque : « Chez toi, on méprise père et mère ; au milieu de toi, on fait violence à l’émigré, chez toi, on exploite l’orphelin et la veuve. Chez toi, il y a des calomniateurs qui incitent à répandre le sang ; chez toi, on mange sur les montagnes ; au milieu de toi, on commet des ordures (idoles). Chez toi, on découvre la nudité de ton père ; chez toi, on abuse de la femme en état d’impureté. L’un commet l’abomination avec la femme de son prochain* ; l’autre souille sa belle-fille par impudicité ; et chez toi, un autre abuse de sa sœur, la fille de son père ». L’exemple des pratiques luxurieuses décrites au temple des Aphaques* peut s’inclure dans cette dénonciation ; qu’en plus, en Syrie antique, Seth le dieu, figuré sous la forme d’un âne viril, était aussi adoré, et la comparaison avec l’âne revient souvent dans ces exhortations.
(* « Les hommes, mêmes mariés, s’adonnèrent entre eux, s’adonnant ainsi à leur dieu » : « Le temple des « Aphaques » était très ancien. L’auteur du Traité de la Déesse de Syrie en parle comme d’une antiquité vénérable. Eusèbe en fait un tableau hideux. C’était, suivant lui, de vieilles masures, entourées d’arbustes et broussailles épaisses, où aucun chemin, aucun sentier n’aboutissaient. Les ministres du temps y tenaient école de débauche. Des hommes efféminés, impudents, pour apaiser le démon qui y présidait, se livraient entre eux aux excès du plus honteux libertinage. En outre, des hommes et des femmes mariés s’y réunissaient, se confondaient ensemble, et assouvissaient la violence de leurs désirs ». (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices))
Le prophète Jérémie, évoquant les hostilités familiales, dénonce également ces pratiques échangistes dans son « Dévergondage des mœurs » ; 5 – 7/9 : « Dans ces conditions, comment te pardonner ? Tes fils m’abandonnent, ils prêtent serment par les non-dieux. Je les ai comblés, et pourtant ils commettent l’adultère, ils se bousculent chez la prostituée. Des étalons en rut, bien membrés ! Chacun hennit après la femme de l’autre ».
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