Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 13:44

baphomet-danseusesNB-overblog.jpgTandis que des diaboliques étudiaient des moyens magiques pour obtenir des réalisations concrètes à partir du culte qu’ils vouaient pour Priape, qui est, nous le rappelons, Ba’al Peor ou Belphégor, le Satan phallique, Pan nommé « Mendès » voulant dire « bouc », Pri-Apis ou le « taureau fécond » (taureau en érection), d’autres, éloignés des sorcelleries, sacrifiaient pour lui par des rites sacrés auxquels l’aspect religieux se confondait avec celui sexuel. Ces derniers avaient voué Priape au rang de plus grand dieu et l’adoraient au temple sous la forme d’un impressionnant Phallus, devant lequel hommes et femmes s’autorisaient toutes les licences, assurés que plus ils dépassaient les limites de la luxure, plus le dieu était satisfait. La meilleure complice de Priape étant Lilith, la prostituée « écarlate », nombreuses étaient les femmes qui faisaient tout pour lui ressembler, s’exaltaient ainsi dans toutes les formes de débauche non seulement pour lui plaire mais pour le faire approcher du monde des humains.

 

Le premier moyen âge, modifiant nom et forme apparente, voua un culte au même saint-priape1.jpgPriape et l’on vit lors des messes, nombre de saints arborer un superbe phallus et au lieu du crucifié, le même obscène qu’au temps romain. Les mœurs sexuelles constituaient en grande partie ce que des prêtres nommaient le « sacrifice de Priape ». Les diaboliques, et tant d’autres, qui étaient si dévoués au culte du Phallus, à ses élixirs et à ses représentations, vivaient tels des « fétichistes du membrum virile », « la masturbation était la pratique sexuelle favorite, convaincus qu’ils exerçaient autant le sexe que la religion. Leurs rencontres étaient les premières « messes », où les symboliques phallique et religieuse étaient intimement liées. La sexualité y était omniprésente jusqu’à tomber dans l’orgie. Les Messes étaient des moments de prière (masturbation) et de communion (fellation) visant à canaliser l’énergie sexuelle. La masturbation était leur façon de prier et la fellation à genoux devant le Phallus, leur manière de communier. L’érection représentait « l’état de grâce » et l’âme, qu’ils disaient située au fond de la gorge, permettait d’être en contact avec Priape lors de la communion et d’être purifié par le Saint-Sperme ». Le péché ou « fruit délectable du péché » existait déjà, qu’ils appelaient le « fion », « l’anus était l’endroit identifié comme le pêcheur qui doit être sévèrement battu par une sainte relique pour le nettoyer dans sa nécessité de purification ». 

 

Les adorateurs du culte de Priape vénéraient aussi les représentations phalliques sous saint-priape2.jpgles formes les plus diverses et les plus originales, cierges, godes, images et même des verres oblongs (culte de Cotytto). Ils avaient un langage et des symboles souvent proches de ceux qui seront plus tard employés par l’Église Catholique, au point qu’ils utiliseront ces derniers pour leur débauche et commettront ainsi la pratique sacrilège. Chaque dévot de Priape « devait accepter sa condition de soumis aux Phallus de Priape et accepter de porter, lors des messes, des signes de cette soumission : collier, bracelet, chaîne... » Même, comme Maimonide le souligne, et signe de cette « soumission », les hommes devaient s’habiller en femme lorsqu’ils l’approchaient ou sacrifiaient pour lui, ils s’humiliaient volontairement, condition pour le fréquenter. L’empereur Caligula s’habillait en femme lorsqu’il voulait sacrifier pour Bacchus, idem pour Elagabale. Une fresque récente montre Hyménée, dieu mâle, allant sacrifier auprès de Priape vêtu d’habits féminins.   

 

Ils ajoutaient que « les « messes » étaient des moments de concentration d’énergie sexuelle afin de s’élever spirituellement. Durant celles-ci, les fidèles n’étaient pas nus, mais portaient une chasuble trouée, permettant de n’offrir en adoration que leur phallus ». Ils avaient placé en stèle et comme saint ce Priape, que les Germains nommèrent Gala ou Priape-Gala, divinité de la joie, du plaisir et de la fécondité.

 

saint-priape3.jpg En Egypte antique, le nom de Priape était Mendès, honoré dans la ville du même nom, ce Mendès que des adoraient vénéraient sous son aspect phallique. Sa signification est « bouc ». Car pour ne pas trop exposer son Phallus au tout-venant, ses prêtres préférèrent lui substituer la figure d’un caprin cornu, réputé pour sa puissance génésique. Tandis que la figure du taureau souligne sa virilité (son pouvoir fécond), le bouc précise sa lubricité. Ce qui distingue cependant Priape de Mendès est qu’à ce dernier, nous lui connaissons une parèdre, une compagne nommée Hatmehyt. Voici ce dont nous rendions compte à son sujet :

 

makara2.jpg« Hatmehyt est figurée par un poisson, car « mehyt » signifierait justement « poisson ». Son nom égyptien signifie « Celle qui est devant les poissons ». Son animal sacré est un poisson du genre barbeau qui, à l’époque tardive, prendra la forme d’un dauphin (première figure du Makara tantrique – NDA). Selon un récit mythologique de la Basse Époque, Hatmehyt aurait participé à la recherche des morceaux dispersés du corps d’Osiris ». Le premier Priape ! Soit-dit, Hatmehyt est une Hathor, une Isis, une Astarté, une Vénus dont le corps est celui d’un poisson. Et, dans ce registre, la divinité n’est rien de moins qu’une serpente, pouvant être confondue avec « Léviathan femelle le serpent tortueux ». A propos du chakra Svadhisthana, dont l’élément est l’Eau, Harish Johari écrit que son animal est le Makara « une sorte de crocodile (en même temps appelé « Nahash » signifiant « serpent » - NDA). Le crocodile, qui se déplace sinueusement, incarne la nature sensuelle de la personne dominée par le second chakra. Le crocodile capture sa proie par la ruse. Il aime bien flotter, plonger en eau profonde et possède un grand pouvoir sexuel. Autrefois, on se servait de la graisse de crocodile pour accroître la virilité des hommes » (Harish Johari – Chakras, Centres d’énergie de transformation – Entrelacs). Or, que disent certains rabbins férus de kabbale, sinon « que c’est Lilith qui est Léviathan, le serpent tortueux » ? Logique donc que l’astrologie, lorsqu’elle place à la tête de la Lune Noire « Lilith », positionne à sa queue, « Priape » !

 

Lilith, Asherah, Astarté, Ishtar, Mylitta ; Hathor, Hatmehyt, ou quels que soient ses autres noms, est la courtisane en rouge écarlate qui œuvre comme la complice du dieu Priape, devenu depuis démon. Car les Hébreux le connaissaient par son nom Ba’al Peor, lequel devint au moyen âge Belphégor, et c’est lui le meilleur Satan sexuel.

 

belphegor extérieur

Pour les amateurs en guématrie, il est intéressant de relever que le nom « Ba’al Peor » (rvif lib) a la même valeur 458 que le mot « Benoth » (tvnb) signifiant « filles », celles qui se prostituaient dans les tentes pour sacrifier à Priape ; et qui servit, d’après Jacques-Antoine Dulaure, à l’élaboration du nom « Vénus ». Comme quoi, là aussi, « sacrifier à Vénus » ne signifie par pour l’adorateur de rendre à un culte à une divinité dont la représentation est celle d’une belle femme mais bien d’un bouc ou d’un Phallus !  

 

 

Les diaboliques du moyen âge, ne saisissant point qu’on leur demandât de substituer saint-priape4.jpgau Phallus la représentation du crucifié, optèrent pour une solution médiane, celle du sacrilège. Chacun des instruments voué au culte chrétien trouvait sa place dans le stupre voué à Priape, non point seulement pour l’outrage, mais bien parce que le premier s’était inspiré du second pour former ses propres objets consacrés. Par exemple, le cierge est l’héritier chaste du phallus en cire que les dévots brûlaient pour un bénéfice ; idem pour l’eau bénite qui remplace le phallus porte-bonheur au moment du baptême. La nonne n’est point née du catholicisme, des Historiens la reconnaissent déjà dans les temples antiques égyptiens. La cloche ne date pas des églises mais c’est la réunion, chez les moines orientaux antiques, du phallus (lingam) (battant) avec la cloche (yoni) qu’ils font sonner lors de leur célèbre mantra : « Ôm mani padme Hum » ; que l’auteur André Van Lysebeth traduit par « Ôm, le phallus dans le vagin » (André Van Lysebeth – Tantra, le culte de la Féminité – Flammarion).  

 

baphomet-belz-buth.jpgEn somme, des hommes forgeaient leur virilité pour ressembler ou montrer qu’ils étaient fiers d’être de Priape ; et des femmes se servaient de leur luxure, surpassaient leur lascivité, pour exprimer, par-delà le fait de plaire aux hommes, leur dévotion à son sujet. « Je veux être la plus belle, la plus désirable, que Priape, Saint Priape soit fou de moi ! », professaient celles qui sacrifiaient pour lui. Sous son aspect érotique, la bacchante était « l’élue de Priape », celle qui avait su si bien déployer ses charmes que le divin en érection l’avait mystiquement traversée ; au point que des pouvoirs magiques lui étaient nés de ces chevauchées. Dès lors, une aura d’aspect bestial (augmentation du magnétisme animal) entourait sa personne et lui augurait un pouvoir redoutable sur chacun des mâles qui l’approchait.

 

Si Mendès (Mendès et Hatmehyt, laquelle est une Asherah « serpent tortueux », soit, « Mendès et Ashera » forment le nombre 666 même s’ils ne l’incarnent pas directement) conserve un aspect magique, Priape tendra à le perdre, préservant seulement les usages sacrés, sa personnification inspirant trop la débauche et le libertinage, ce dont il deviendra l’emblème. Les mages le préservent sous sa forme du démon Belphégor.

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés