Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 13:57

« La messe, écrit Francis King dans « Esotérisme et sexualité », constitue, et a toujours constitué, le point central de la pratique religieuse catholique ». Pareillement, dans cette messe, c’est la « transformation mystique de la substance du pain et du vin en celle des vrais corps et sang du Christ » qui est le « point central ». pan fb6Ce « pouvoir de transsubstantiation opéré par le prêtre quotidiennement conduit le peuple à croire en une vertu magique de la cérémonie ». Par le passé, le même prêtre avait, entre autres, « le pouvoir de célébrer la messe dans un but de mort, de convoitise sexuelle ou d’appétit matériel ».

L’usage du vin paraît anodin, et cette boisson ayant la propriété de devenir le sang du dieu invoqué n’étonne pas outre mesure.

C’est ce même vin que buvaient lors des cérémonies diamétralement inverses, rapportées par Raspoutine, les sectateurs du dieu noir Tchort. Un rituel est dévoilé à son sujet, et au cours de celui-ci, nous lisons :

« Le prêtre prononce : « Au nom de celui qui règne dans le firmament de feu et de glace… levez-vous, laquais de Tchort le Seigneur ! Ô, que s’élève le blizzard en travers des steppes, et réponds à notre signal ! Mes lèvres se pompei4 délectent de Tes louanges, Ô Tchornibog ! Je suis une créature de Ta création, engendrée par Ta flamme, rendue folle par Ton esprit, porteuse de changement ! Que les comètes saluent Ton arrivée, quand nous, Tes fils, attendons sur les hauteurs de Triglav les présages de Ta volonté ! Les braises rougeoyantes des anciens sacrifices donnent naissance aux ombres spectrales qui vivent à nouveau en tant que dieux du vin et de la joie ! »… Puis, il reçoit le calice, le place devant l’autel, le parfume, et le bénit avec la mûdra de la flamme (mains croisées au bout des doigts, vers le haut). Il lève le calice en l’honneur de l’autel, puis le vide. L’acolyte le reprend ».

 

Cette pratique de boire du vin lors d’une cérémonie pour tel dieu, fils de dieu ou démon, à quelle divinité antique peut-elle le mieux appartenir sinon à celui des plus grands et que le monde moderne ne connaît plus que sous le titre de « dieu du vin », A autel messe noire satyre NBc’est-à-dire Bacchus ? Et justement, la formule « dieux du vin et de la joie » est trouvée dans l’invocation à Tchort. Ce qui souligne combien ce qu’il nous reste de Bacchus à ce jour n’est plus que ce Génie ivrogne assis sur un tonneau de vin et qui prête à rire, promené lors du carnaval et autres fêtes arrosées, pourtant, c’est bien vers lui comme dieu antique que les prêtres se tournaient pour boire leur calice de vin, et c’est de son sang qu’ils étaient convaincus d’absorber, comme c’était de Cérès (Démeter), divinité du blé, qu’ils mangeaient de son corps en prenant du pain.

 

Tchort est d’ailleurs le « dieu noir » et il a tout dans son apparence d’un dieu saturnien. C’est le même « costume » qui est enfilé par Bacchus lors des cérémonies secrètes dans ses Bacchanales, puisqu’il est appelé « Sabazius », et qui est le même nom de « Sabbaoth ». Il est alors exhibé à ses sectateurs sous la forme d’un taureau, et comme le voici membré d’un phallus impressionnant, ses dévots disent « qu’il expose son priape » et ainsi l’appellent « Bacchus-Priape ».

 

Les Romains nommaient aussi ce membre viril du nom de « fascinum », dont ils se servaient sous la forme d’amulettes et de talismans pour se protéger. Hérodote souligne qu’aux pays vainqueurs, ils aimaient graver sur le fronton de leurs édifices un phallus, tandis qu’à ceux qui perdaient, ils dessinaient un mullos (sexe féminin). Mais saint priape1 Richard Payne Knight est moins affirmatif, et nous le soutenons, l’amulette du phallus apportait la force et celle du mullos, la protection.

Le mot « fascinum » vint à remplacer un temps « priape » et « phallus », au point qu’il en devint une « injure », un terme salace. Toutefois, les gens d’église au moyen âge qui punissaient leurs personnels des monastères et des couvents pour s’en servir à des fins luxurieuses utilisaient le terme « fascinum ». C’est ainsi qu’un diminutif fut trouvé, « fesne » puis « pesne », pour aboutir à « pénis ».

 

Une anecdote illustre le sujet : « Au commencement de 1282, le 29 mars et le 5 avril, un prêtre de la paroisse d’Inkerkeithing célébrait les rites de Priape en rassemblant les jeunes filles de la ville, et, sans égard pour le sexe, il les faisait danser autour de la statue du dieu, et, promenait à travers la danse une image en bois de l’organe mâle de la génération, il chantait et dansait lui-même en accompagnant le chant de gestes et d’attitudes analogues à la circonstance et provoquait des actes licencieux, pas des paroles non moins licencieuses » (Richard Payne Knight – Le culte de Priape / La théologie mystique des anciens ; Sebastiani Milano).

 

L’usage du phallus et du mullos artificiels a servi longtemps pour les opérations de sorcellerie et autres magies et le même auteur cité est certain que bien des prêtres au moyen âge conservaient ces mœurs mystiques. « Il était de coutume de placer l’image du phallus sur les murs des édifices, usage qui vient des Romains pour se protéger des enchantements de toutes sortes ».

 

Au Sud comme au Nord, les usages étaient les mêmes. Au Sud, les hommes célébraient Priape, au Nord, son avatar Frey. Le mot vient de « Fri » et F se frey-ithyphallique.jpgprononçant « Ph » ou « P », il s’agit de « Pri » qui est la racine de « Pri-Apis », Apis étant le taureau, la locution signifie « taureau fécond ». La même racine « Pri » sert au mot « Pharaon ». Frey est le dieu de la fécondité, à fortiori, il est celui qui soutient la virilité et apporte les plaisirs charnels. Toutefois, lors de sa célébration, l’accouplement cérémoniel avait lieu entre un prêtre et une femme, ou une prêtresse et un homme, tous censés représenter la déesse et le dieu auxquels ils sacrifiaient. En l’occurrence, il s’agissait ici de Freya (ou Friga) et Frey, et leur jour pour les célébrer était le cinquième, qui devint « Frige-daeg » pour « Friday » en anglais, « Freitag » en allemand. Idem en France où Vénus était appelée « Vendre », ce qui donna « Vendredi ». La mythologie distingue Friga et Freya, la première étant l’épouse d’Odin, la seconde, sœur ou compagne de Frey. Toutefois, les racines de leurs noms respectifs paraissent semblables.

 

Si l’actuel Bacchus est réputé pour son caractère jovial, qu’il prête à la moquerie pour son embonpoint et son goût pour l’ivrognerie, c’est finalement le résultat que les gens d’Eglise ont fait de lui, cherchant d’abord à le faire disparaître au profit du crucifié, puis, voyant qu’ils n’y parvenaient pas, finirent par le décrire physiquement de la sorte. C’est idem avec Priape qui finit sa carrière dans les jardins d’où que image satyre2l’actuel dieu du même nom ne serait autre que sa réincarnation en un épouvantail dont les jardiniers se servent pour faire fuir les oiseaux. C’est pourtant bel et bien ce Bacchus qui était le Grand Maître de cérémonie des Bacchanales tel qu’il est décrit ici : « Bacchus, nommé aussi lors de ses célébrations « Sabazius »,  dit Leloyer, n’était qu’un démon épouvantable ayant cornes en tête et javelot en main. C’était le maître guide-danse, et dieu des sorciers et des sorcières : c’est leur chevreau, c’est leur bouc cornu, c’est le prince des bouquins, satyres et silènes. Il apparaît toujours aux sorciers et sorcières, dans leurs Sabbats, les cornes en tête ; et hors des Sabbats, bien qu’il montre visage d’homme, les sorcières ont toujours confessé qu’il a le pied difforme, tantôt de corne solide comme ceux du cheval, tantôt fendu comme celle du taureau » (Collin de Plancy – Dictionnaire infernal). Il tient de Saturne pour être nommé « Sabazius », il est exhibé saturne overblogaux sectateurs sous la forme d’un taureau viril, mais aussi d’un bouc, et même d’un serpent, puisque les Bacchantes l’invoquent par le nom « Evohé », impliquant là qu’il détient la même sorcellerie noire que le dieu Ob des Phéniciens, cet autre Dieu-Serpent (Mandigoès-Obéah) devant qui ses sectateurs pratiquaient la magie noire.

 

Ob, Dieu-Serpent de la magie noire…

Ob (Aleph-Vau-Beth) (9) ou Obéah (Aleph-Vau-Beth-Aleph-Hé) (15), tantôt Ov ou Oph, n’est point étranger à Héva (Chet-Vau-Aleph) (15), à tel point qu’ils peuvent représenter la même réalité occulte, tous deux ayant la forme d’un serpent, et qu’en remarquant bien, il n’y a qu’une évolution de la prononciation qui les distingue, sans plus.

Et c’est ce nom « Héva » que prononçaient les Bacchantes romaines lorsqu’elles invoquaient leur divinité, et qu’en articulant chaque lettre, elles obtenaient le phonème « Evohé ». Il s’agissait donc moins du dieu « Yod-Hé-Vau-Hé » que du Dieu-Serpent « Héva » ou « Ob » des Phéniciens. 

 

Aleister Crowley écrit : « L’usage du sexe et d’excitants est précisé dans les rites » ; dans le livre « Energized Enthusiasm », il ajoute : « Les Grecs disent qu’il existe trois méthodes permettant de décharger la bouteille de Leyde du Génie. A ces trois asmodai-phallus3.jpgméthodes, ils attribuent trois dieux. Ces trois dieux sont Dionysos (Bacchus), Apollon, Aphrodite. En anglais : le vin, les femmes et le chant » ; et dans « Le Livre de la Loi » : « Pour m’adorer, prenez du vin et des drogues étranges dont je parlerai à mon prophète, et enivrez-vous ! »

 

Plutôt que la musique, nous préférons concentrer notre attention sur les fumées d’encens, lesquelles propagent ces parfums vifs dans l’air, le remplissant de leurs effluves supposés attirer les esprits dont c’est l’odeur favorite.

 

Ainsi, le triptyque devient « le vin, les femmes et les fumées d’encens » : et dans ce cas, les trois dieux adéquats sont Dionysos (Bacchus), Aphrodite (Vénus) et Hermès (Mercure). Lorsque ces génies sont évoqués dans leur plan inférieur respectif, « plan phallique », ils sont Priape, Vénus-Salacia et Pan. Et dans le règne démoniaque, ces derniers sont assimilés à Asmodée, Astarté (Lilith) et Samaël.

 

Vin

Femmes

Fumées d’encens

Grec : Dionysos

Aphrodite

Hermès

Romain : Bacchus

Vénus

Mercure

Romain infernal : Priape

Vénus-Salacia

Pan

Démoniaque : Asmodée

Astarté (future Lilith)

Samaël

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte
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