Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /Fév /2010 13:44

Kali-Lilith-NB2.jpgL’idolâtrie du Mullos (Shakti, Yoni, Ctéis, sexe féminin) conduit à nous intéresser aux Amazones*. Nous laissons le soin aux experts en mythologie d’exposer leur histoire, à ces guerrières qui vouèrent, semble-t-il, leur vie au combat.   

 

(* Dans la mythologie grecque, les Amazones (en grec ancien μαζόνες / Amazónes ou μαζονίδες / Amazonides) sont un peuple de femmes guerrières résidant sur les rives de la mer Noire. Les Amazones possèderaient une origine historique : elles correspondraient aux femmes guerrières des peuples scythes et sauromates. L’étymologie populaire admise pendant l’Antiquité décompose le mot en un a - privatif et μαζός / mázos, « sein » en ionien : « celles qui n’ont pas de sein ». Elle ne repose en fait sur rien. On a proposé de faire provenir le terme du nom d’une tribu iranienne, ha-mazan, « les guerriers », ou encore du persan « ha mashyai », « les Peuplades (des steppes) » (Source Wikipédia).)

 

Bien que les experts en linguistique ne trouvent point de proximité entre la langue hébraïque ou chaldéenne et le nom « Amazone », nous relevons ce défi et proposons une solution surprenante. Quoiqu’en y réfléchissant bien, et sachant que tout le monde veut vivre et par conséquent, doit gagner de l’argent… « Amah » (hma) signifie « esclave » et peut évoluer jusqu’à « servante » ; « Zonah » (hnvz) veut dire « courtisane », « prostituée » ou « putain », contenant en lui « Zon » (Nvz) qui est l’abréviation de « Zakhor va N’qava » pour « le masculin dans le féminin », entendu sexuellement comme l’accouplement de l’homme avec la femme. Pourtant, il est rarement évoqué de prostitution chez ces femmes « soldates ». Peut être leur mode de vie laisse-t-il supposer qu’une frugalité érotique ait conduit certaines à exercer une prostitution pour faire vivre la communauté. Il est bien précisé par ailleurs que des Amazones libyennes sont à distinguer des autres et qu’elles se seraient alliées à Bacchus, soit à Priape et à son culte éminemment luxurieux (logiquement, ces Amazones seraient devenues des Bacchantes). Leur appartenance à cette communauté peut avoir apporté à chacune une autorité naturelle qui se retrouvait dans les rapports qu’une Amazone entretenait avec un homme et qui pouvaient être dominateurs.

 

Inversement, même si, comme c’est souligné plus haut, il n’est pas raconté que des Amazones pratiquaient la prostitution, celles qui s’allièrent à Dionysos Bacchus, le viril Priape, purent embrasser tout de même cette pratique… à des fins dites « sacrées ».

 

Nadia Julien écrit : « Les Amazones de la mer Caspienne ne doivent pas être confondues avec les Amazones libyennes vêtues de peau de serpents (une forte ressemblance avec les Bacchantes : ne sont-elles pas les mêmes ici ? – NDA), qui vivaient sur une île du lac Tritonis et qui s’allièrent à Dionysos (Bacchus). L’on décrivait des femmes masculines, de grand courage, qui toujours se sont abstenues de commerce habituel avec les hommes, et même si ceux-ci, d’accord avec elles, viennent à leurs terres une fois l’an, elles les reçoivent les armes à la main, des arcs et des flèches dont elles jouent pendant un certain temps… Ces hommes reçus pour quelques jours rentrent ensuite dans leur pays et « les filles qui naissent de ces accouplements, elles les conservent et les élèvent parmi elles-mêmes, car ce sont elles qui devront perpétuer le courage et les coutumes de la nation. Mais quand aux fils, on n’est pas aussi sûr de ce qu’elles en font… »

 

« D’accord pour les choses militaires ; mais pour les choses de la luxure ? » ; Ainsi nous est-il répondu : « Ce sont celles rencontrées à la fin du siècle dernier, par Henri A. de Coudreau (dans « La France Equinoxiale 1886 – 1887 », cité par J. de Mahieu, 48-18) qui parle de femmes qui ont entre elles des amantes dont elles se montrent fort jalouses, mais elles ne le sont pas des hommes dont elles partagent honnêtement les forces surexcitées… Quand ceux-ci sont arrivés à un état d’impuissance incurable, ce qui se produit généralement aux approches de la quarantaine, tout en les utilisant pour certaines jouissances secrètes qui ne sont pas sans douceur ni compensation pour ces malheureux, bien qu’ils les provoquent sans les partager, les femmes emploient ces retraités de l’amour à la culture des jardins et à la pêche. Pour elles, elles se réservent la chasse et la guerre ». (Nadia Julien – Le dictionnaire des mythes – Marabout)

 

Le bout de phrase « tout en les utilisant pour certaines jouissances secrètes qui ne sont pas sans douceur ni compensation pour ces malheureux » souligne, sans le dire ouvertement, que ces femmes dominatrices exerçaient des pratiques sado masochistes, où les hommes devenaient leurs esclaves sexuels.

 

Le comte de Gabalis, traitant des Sylphes d’aspect féminin, propose leur description de la manière suivante : « L’air (certains tantristes préciseraient le « prâna ») est plein d’une innombrable multitude de peuples de figure humaine, un peu fiers en apparence mais dociles en effet : grands amateurs des sciences, subtils, officieux aux sages, et ennemis des sots et des ignorants. Leurs femmes et leurs filles sont des beautés mâles, telles qu’on dépeint les Amazones ».

 

Les rendant par ailleurs, « extrêmement belles » et des « beautés irrésistibles », nous voici loin des canons généralement déclarés de guerrières terrifiantes. Mais Nadia Julien a distingué pour nous les unes des autres. Chacune de Lybie ne se fit sûrement pas atrophier le sein pour porter l’arme, usa de vêtements autres que l’armure et le bouclier pour vivre au quotidien et n’attendit pas une fois l’an pour fréquenter le mâle. Néanmoins, c’est sûr, leurs temples, ou les lieux qui servaient pour leurs usages sacrées, devaient voir idolâtrer plus sûrement le sexe féminin que le phallus ; sans pour autant céder au « lesbianisme ». Car nous relevons une proximité cultuelle et des mœurs entre ces Amazones et les Dâkinî vouées au culte de la Shakti (Vénus), kalaratri2.jpg décrites « nues et dans une attitude héroïque », la figure de Durgâ (guerrière chevauchant un lion), Kâlî chevauchant Shivâ ou le piétinant, certaines Bacchantes violentes (épisode d’Orphée) ; et même Lilith, dont il est dit que son « péché capital » fut « de revendiquer son égalité avec Adam et de refuser la position d’être couchée sous lui (soumise) durant l’amour ». Vraisemblablement, cette anecdote fait écho à l’exigence de certaines prêtresses de supplanter au Phallus le Mullos. Ce qui donna à ce dernier une domination sur les premiers, fait révoltant pour l’époque, puisque l’historien Jacques-Antoine Dulaure écrivit qu’en ce temps, les pays victorieux plaçaient au fronton de leurs monuments des Phallus et les perdants des Mullos.

 

Ce qui est plus sûr encore est cette réalité développé par ailleurs par les diaboliques : « Le Phallus, contrairement aux avis des ascétiques, n’a pas toujours été adoré pour des raisons libidineuses (à l’origine « emblème du Soleil »), au contraire du Mullos kali-yantra.jpg(Ctéis), vénéré pour son pouvoir luxurieux, énergie au travers de laquelle véhicule la puissance magique ». Si des Amazones tentèrent de toutes leurs forces d’empêcher aux mâles de les fréquenter durant un an, c’était bien dans le but de préserver à leur culte dédié au sexe féminin toute la pureté possible. Mais la réalité des forces souterraines, qui inspire tôt ou tard l’ensemble de ses vérités aux objets sacrées et le Mullos, devint sûrement, et plus encore que le Phallus, un emblème de la luxure.

 

A-bast-set-invoc.jpgCertaines des Amazones comprirent le parti vénal qu’elles pouvaient tirer de l’affaire et saisirent le moyen de séduire à leur manière virile des mâles qui n’attendaient que cela pour sacrifier à la toute puissance luxurieuse dont le Mullos était l’emblème. Ils saisissaient que son pouvoir (sorcellerie, fascination, séduction, prodige) était tel qu’on ne pouvait l’approcher que par la soumission. D’autant plus qu’une mystique, celles des Eléments, fait correspondre une description de la Sylphe traditionnelle (Sylphide), que la Kabbale nomme « Paralda », avec l’Amazone. Un fait on ne peut plus révélateur, lorsqu’on se souvient que le règne infernal cite les Satyres en bonne et due place des Sylphes, qu’on imagine ainsi des hommes cornus fortement lubriques s’auto satisfaire auprès des dominatrices Amazones.   

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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