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Démons infernaux, énumérés dans Babylone antique, adorés et fréquentés par les humbles comme par les puissants, ils connurent un second souffle au premier moyen âge, quand les prêtres les invoquèrent à leur tour. Parmi eux, nous comptons les tueurs, les voleurs, les intellectuels. Mais aussi, ce que qualifient nombre de religieux, « ceux des plus vicieux et des plus crapuleux en matière de luxures », nommés ici les « démons-pornocrates* ». Il semble bien que tous ces démons n’en sont finalement qu’un seul, qui a la figure du bouc viril au regard concupiscent. Nous sélectionnons là les représentations liées à Vénus, comme c’est le cas pour Belphégor, et non Belzébuth, souvent rapporté à Saturne, parfois Uranus. De même, il semble bien, comme il est écrit que « Pan est le Samaël des Hébreux », et qu’en plus, Collin de Plancy affirme que « Samaël est Asmodée » : que, par déduction, « Pan Priape est Asmodée ». Mais comme le moyen âge distingua chaque démon et lui donna une propre figure, nous opérons de même. Si l’antique Belphégor ou Baal Peor fut nommé « Mammon » parce qu’il était le « dieu des richesses », le moyen âge ayant personnifié un Belphégor et un Mammon, nous procédons de même.
(* Si le moyen-âge diversifia les modèles de ces figures antiques, les démons-pornocrates sont des satyres ; comme il est écrit dans le Livre d’Esaïe ; 34 ;14 : « Les animaux du désert y rencontreront les chiens sauvages, et les boucs s’y appelleront les uns les autres ; là se tapira le spectre de Lilith, et trouvera son lieu de repos ». La traduction ici (Georges Lahy – Dictionnaire encyclopédique de la Kabbale – Editions Lahy) traduit « Seïrim » pour « Velus » par « Boucs » au lieu de « Satyres ». De plus, la phrase suppose des fornications entre eux, ce qui contribue à croire que leur lascivité est si forte qu’ils commercent aussi bien des femmes que des hommes, d’où les pratiques homosexuelles.
Porphyre avoue que « les démons s’enfermaient dans les idoles pour recevoir le culte des gentils. Parmi les idoles, il y a les Esprits impurs, trompeurs et malfaisants, qui veulent passer pour des dieux et se faire adorer parmi les hommes ; il faut les apaiser, de peur qu’ils ne nous nuisent ».
La vie luxurieuse de Messaline l’a prouvée, attirer les démons au cours de Bacchanales a pour conséquence d’invoquer dans le plan physique des entités subtiles dont la sexualité est débordante au point qu’ils sont chargés d’irritation (leurs homologues tibétains sont décrits les « dieux au visage courroucé » ou « Heruka »). Si des femmes (bacchantes) n’étaient pas aptes à apaiser leur fièvre lubrique, l’assemblée passait « un mauvais quart d’heure ». Il valait mieux qu’elles maîtrisent les arts sexuels, sans quoi ces démons-pornocrates astreignaient le public à la licence forcée. Par la sorcellerie, les démons-pornocrates sortaient des femmes bacchantes, que des médiums voyaient nettement s’échapper de leur corps et se jetaient sur le premier venu, fille ou homme. Ils les voyaient engager de suite des atteintes lubriques.
(* Papus cite les détails d’une expérience d’hypnose, liée à celles du colonel de Rochas, publiée dans « l’Initiation : « La plupart des sujets, quand on hypersthésie leurs yeux par certaines manœuvres, voient s’échapper des animaux, des végétaux, des cristaux et des aimants, des lueurs… » (Papus – Traité méthodique de magie pratique – Editions Dangles) ; pour « animaux », nous « voyons » des boucs…)
C’est ce même terme « apaiser » qui est utilisé lors de ces autres cérémonies dites sacrées et pratiquées dans l’antique Syrie : « Les hommes, mêmes mariés, « s’adonnèrent entre eux, s’adonnant ainsi à leur dieu » : « Le temple des « Aphaques » était très ancien. L’auteur du Traité de la Déesse de Syrie en parle comme d’une antiquité vénérable. Eusèbe en fait un tableau hideux. C’était, suivant lui, de vieilles masures, entourées d’arbustes et broussailles épaisses, où aucun chemin, aucun sentier n’aboutissaient. Les ministres du temps y tenaient école de débauche. Des hommes efféminés, impudents, pour apaiser le démon qui y présidait, se livraient entre eux aux excès du plus honteux libertinage. En outre, des hommes et des femmes mariés s’y réunissaient, se confondaient ensemble, et assouvissaient la violence de leurs désirs ».
Quant au mot « pornocrate » ou « pornocratie », il sera expliqué au prochain chapitre, puisqu’il fait référence à une période de l’Histoire (« La pornocratie pontificale est une expression qui désigne, dans l’historiographie traditionnelle, une période sombre de la papauté romaine de 904 à 963. Le terme vient de l’allemand « Römisches Hurenregiment », utilisé par les historiens du dix-huitième siècle, et qui signifie littéralement « gouvernement romain des courtisanes ». Source Wikipédia). D’où notre insistance à « fréquenter » intimement Messaline. Sinon, le pornocrate est un « prosélyte de l’activité commerciale liée à la pratique de la pornographie ».)

Au Nord :
Bélial
Démon adoré des Sidoniens – et des habitants de Sodome qui lui rendirent un culte -. « L’enfer n’a pas eu de démon plus crapuleux, plus dissolu, plus épris de vice pour le vice même. Si son âme est hideuse et vile, il apparaît toujours sous une forme séduisante, écrit Collin de Plancy. Il n’est point mort à Sodome puisque qu’on trouve les Babyloniens qui l’adorèrent alors qu’il campait dans une statue. Il se mit à rendre des oracles ». Démon de la pédérastie, il dispose d’un lieutenant, dont le nom est Philotanus, qui l’aide à inciter les humains à la sodomie.
Sabathan
Démon invoqué dans les litanies du sabbat. C’est lui qui engrosse les sorcières et sodomise les sorciers. Protecteur des partouzards.
Philotanus
Démon du second ordre, partisan, comme son nom l’indique expressément, du coït anal. Il assiste Bélial chaque fois qu’il faut inciter les humains à commettre le grave pêché de sodomie.
Point de sceau, ni d’image. Tout au plus pouvons-nous supposer que son nom, contenant des caractères du nom « Mipheletzeth », un nom probablement utilisé par les anciens Hébreux pour « Priape » ou Baal Peor », il est possible que « Philos » ait quelque lien avec « Phallus » ; et « anu » ou « anus », signifiant en chaldéen « géant », « Philotanus » veuille dire « Phallus géant », et confirme la parenté phallique avec Priape.
Zépar
Grand duc de l’empire infernal. Peut être le même que Vépar ou Sépar. Il a la forme d’un guerrier. Il pousse les hommes aux passions infâmes. Il commande vingt huit légions.
A l’Ouest :
Lilith
Traduction possible : Reine de la Nuit, Reine des Démons, « femme de mauvaise compagnie ». Description : une femme qui change d’apparence, passe de la beauté à la bestialité. Puissance : Tentation. Commentaire : séduction, provocation, séduction, stimulation, enchantement, fascination, envoûtement, attractivité, captation.
Gamaliel Nahashiel
Autre nom : Obriel ; traduction possible : « Le plus Grand Obscène » ; description : homme-taureau à l’apparence répugnante, corrompue ; puissance : obscénité. Commentaire : indécence, immoralité, provocation.
(Rappel) Goetia Sexualis : Gamaliel Nahashiel inspire l’assouvissement impérieux des désirs charnels. Il est le maître de l’obscénité dans l’activité sexuelle. C’est ici, dans son règne, que l’activité sexuelle prend le plus d’importance, car c’est son domaine d’influence majeur. C’est le règne des Lubriques dont l’Archi-démone est Lilith. C’est l’entrée dans la ville de Sodome. Gamaliel Nahashiel et les siens sont les maîtres du fantasme obscène qui trouble l’esprit à l’excès. Ici, le phallus est l’emblème de l’obscénité, d’ailleurs, on l’appelle « L’Obscène », il figure donc Nahashiel, le Serpent Obscène. De plus, on les nomme les « pollués » : or, le mot « pollution » se rapporte à « l’éjaculation du sperme ». Certains vampires se nourrissent de sang, d’autres comme eux de sperme aussi. Des Liliths travaillent pour eux.
Au Sud ;
Belphégor
Démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Les Moabites, qui l’appelaient Baal Peor, l’adoraient sur le mont Phégor. Il prend souvent un corps de jeune femme, c’est un démon qui a toujours la bouche ouverte, ambassadeur en France.
(Rappel) Dans son ouvrage « Annotations on the sacred writings of the Hindus », Edward Sellon nous assure du « dieu syrien, qui s’appelait également Baal, Baal Peor (devenu Belphégor) que son nom signifie pour « Baal », « ériger », « dresser ». Peor veut dire « ouvert », « « tendu ». « Pharo » signifiant, pour sa part, « ôter le frein, mettre à nu, lâcher la bride ».
Jacques Collin de Plancy écrit dans son « Dictionnaire infernal » : « Wierus (Jean Wier) relève que Belphégor est un démon qui a toujours la bouche ouverte ; observation qu’il doit sans doute au nom de Phégor (Peor), lequel signifie, selon Leloyer, « crevasse » ou « fendasse », parce qu’on l’adorait quelquefois dans des cavernes, et qu’on lui jetait des offrandes par un soupirail ».
Ce qui tendrait à démontrer que le démon présente une
androgynie, même si celle-ci ne saute pas aux yeux, d’une virilité exemplaire ajoutée d’une bouche ouverte figurant le sexe féminin. Ce qui laisse entendre aussi que les dévots qui pratiquaient
son culte sacrifiaient le plus couramment leur luxure.
Sytry ou Bitru
Grand prince aux enfers. Il apparaît sous la forme d’un léopard avec des ailes de griffon. Lorsqu’il prend forme humaine, il est d’une grande beauté. Il enflamme les passions. Il pousse à l’amour des hommes pour les femmes et inversement, et les fait se montrer nu l’un à l’autre quand chacun le désire. Il découvre quand on lui commande, le secret des femmes, qu’il tourne volontiers au ridicule. Il commande soixante dix légions.
A l’Est :
Asmodée
Son invocation le décrit si bien : « Saint
Asmodée, maître de tous les diables Incubes Succubes luxurieux, Tu es le Très Libidineux, infiniment expert dans l’art érotique, pratiquant en maître les plus sales raffinements de la volupté la
plus perverse. C’est que Tu viens des enfers qui doivent être une excellente école de la salacité, je Te prie de m’être favorable dans l’appellation que je Te fais, ayant envie de faire pacte
avec Toi ; je Te prie aussi de me protéger dans mon entreprise – qui est la Tienne -. Ô Saint Asmodée ! Sois-moi propice mon Incube, et fais que, dans cette nuit, Tu m’apparaisses sous
une forme humaine, et sans aucune mauvaise odeur, et que Tu m’accordes, par le moyen du pacte que je vais Te présenter, toutes les richesses dont j’ai besoin ».
Béchard
Démon désigné dans les Clavicules de Salomon comme ayant puissance sur les vents et les tempêtes.
Il fait grêler, tonner et pleuvoir, au moyen d’un maléfice qu'il compose avec des crapauds et autres drogues. Mais pas seulement, démon dont la planète est Vénus, celle de l’amour et du désir des sens, il est invoqué le vendredi, est réputé pour donner l’amour des hommes pour les femmes et inversement, procurer virilité aux mâles, luxure aux femmes.
Furfur
Comte aux enfers. Il se fait voir sous la forme d’un cerf avec une queue enflammée. Il ne dit que des mensonges, à moins qu’il ne soit enfermé dans un triangle. Il prend souvent la forme d’un ange, parle d’une voix rauque, et entretient l’union entre les maris et les femmes ; il fait tomber la foudre, luire les éclairs et gronder le tonnerre dans les lieux ou il en reçoit l’ordre. Il commande vingt six légions.