Partager l'article ! Les dessous secrets des prostitutions antiques: A la prostitution sacrée vint se joindre la prostitution tout court. La panthère qui accomp ...
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A la prostitution sacrée vint se joindre la prostitution tout court. La panthère qui accompagne la Bacchante n’est pas autre chose, dans le symbolisme, que son redoutable pouvoir d’attraction dans le domaine érotique. Et ce léopard, étant la figure même de Bastet, on ne peut plus douter que cette divinité, ou démone, se rapportant, selon le tableau des correspondances d’Aleister Crowley, à Netzah (Vénus), soit une prostituée, la maîtresse des filles de joie ou leur mère maquerelle. Et même, si Horus, fils d’Isis et d’Osiris, est assimilé par certains mystiques à l’Eros grec, fils de Vénus et de Mars, puisque le « conducteur du char du Soleil » est Priape, alors Eros l’est aussi ; par conséquent, Hathor a quelque rapport avec le mot grec « hétaïre » qui signifie « prostituée », comme « pornéïa » d’ailleurs. Sa figure de vache cache astucieusement que les Hathors furent, pour beaucoup, les prostituées du temple d’Horus figuré à l’identique de Priape, comme un taureau.
De la même manière d’analyser, nous pouvons penser que des mages pratiquaient des exercices magiques (d’où est venu le mot ancien « vénéfice », dérivé initialement de « Vénus » et utilisé au moyen âge, terme d’ancienne jurisprudence, signifiant « empoisonnement par suite de sortilège (magie) ; ainsi s’associent les mots « bénéfice » (bien) ; « vénéfice » (magie noire) ; maléfice (mal)) à partir de ces prostitutions sacrées, utilisant les artifices propres à leur activité, dont les fameuses figurines de cire, statuettes, d’où ce commandement biblique célèbre et dont le sens occulte échappe sans aucun doute à beaucoup : « Tu ne te feras point d’idole, d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre » (Ex 20 – 2/17). Outre que l’ordre condamne le culte étudié ici, celui de Priape (Pan, Belphégor) adoré sous la forme d’un taureau ou d’un bouc, et d’autres tel Léviathan en poisson, il s’agit aussi de la pratique magique utilisée lors des envoûtements au moyen âge, mais aussi dans l’Antiquité, et qui conduisirent les Bacchanales en des folies meurtrières jusqu’à être condamnées à l’extinction par un senatus-consulte.
On trouve écrit au sujet de la prostitution romaine : « Bien qu’il y ait des ressemblances entre la prostitution romaine et grecque, les Romains se distinguaient par leur vulgarité, ils considéraient la prostitution comme du sexe pur. Le Romain avait également pris l’habitude de désigner les prostituées par des noms divers. Les meretrices (meretrix) étaient celles qui vendaient leur corps la nuit seulement, tandis que les prostibulae pratiquaient leur honteux métier nuit et jour. Egalement les meretrices étaient plutôt bien vues, tandis que les prostibulae incarnaient la prostituée vulgaire. Les prostibulae étaient en vrac les filles de carrefour (alicariae) ou de soldats, celles qui travaillaient dans les lieux peu recommandés comme les subures, des femmes soûles et dépravées (blitae). Les meretrices, femmes qui pouvaient être fières de coucher avec les chevaliers et riches, se réservaient d’ailleurs le droit de refuser les moins fortunés. Mais les plus fameuses étaient les lupae, qui rendaient hommage à Acca Laurentia, car elles se prenaient pour des louves dans les bois, imitant des aboiements pour attirer les chalands. Elles furent si renommées, qu’on prit l’habitude de nommer toutes les courtisanes par Lupae (d’où « salope »). Evidemment, la vulgarité des Romains ne se limitaient pas aux femmes, car on trouvait également la prostitution masculine, elle était infiniment plus débauchée que son homologue féminine. Les clients désiraient voir chez eux les charmes féminins. Le phénomène de pédérastie n’est pas à ignorer ».
Suite aux enseignements apportés de son côté par Edward Sellon, nous pouvons penser que « l’adoration pour le ctéis », qui figure mystiquement la Shakti, provenait aussi de ce que les adorateurs présents avaient bien compris que l’érection de leur priape dépendait du sexe féminin, que ce dernier recelait un pouvoir quasiment magique et qui méritait amplement une dévotion jusqu’à la soumission.
Ainsi, ce qui distingue le culte d’Eros de celui de Priape, c’est que, bien que tous deux utilisant les figures des organes mâle et femelle pour représenter la divinité « androgyne » ou « hermaphrodite » (grec), celui des deux sexes qui l’emportait sur l’autre chez Eros était le ctéis tandis que chez Priape, c’était le Phallus. Sachant bien que dans la Grèce antique, on éleva Eros comme divinité des homosexuels, l’exposant dans les gymnases, mais ce sujet sort du cadre strictement réservé à la mystique et entre dans le domaine mondain. C’est sans aucun doute des événements de ce genre qui firent que le nom d’Eros servit à qualifier l’art de l’amour ou « érotisme ». De même, nous pouvons croire que le moment où le culte rendu à Vénus (divinité d’aspect féminin) devint celui d’Eros (divinité d’aspect masculin) peut correspondre avec un temps où les cérémonies liées au Phallus reprirent le dessus sur celles du Mullos ou ctéis. Jusque-là, le culte rendu à Eros, à la différence de Priape, devait être plus ou moins similaire au « culte de la Shakti » décrit par Edward Sellon, et qui rejoint celui des Aphaques lesquels confessaient leur adoration au ctéis ainsi qu’à la fornication, attendant sentence. Eros devait connaître un rituel comme celui des 5 Makaras, connu des tantristes, d’où que sa description ressemble tant à Kâma, sauf qu’il n’a point d’épouse et peu de maîtresses. Alors que le dieu oriental est « le seigneur et maître des Asparas ou « Nymphes » », par extension des Dâkinî, ou pour la mythologie chrétienne, des démones.
On relève bien sur une figure antique les deux emblèmes phalliques tenus aux côtés de Vénus-Mylitta, afin de rappeler les deux sexes de la déesse. Au-dessus, nous voyons un flamboiement qui semblerait représenter la brillante planète que nous nommons Vénus, et que les Arabes désignent encore aujourd’hui par l’appellation « El-Zahra », qui exprime l’idée de « splendeur, de lumière éclatante ». Remarquons encore la sculpture d’un bouc, animal consacré à Vénus. Bouc ici et taureau là, Vénus et Pan se retrouvent à la façon d’une union des mystiques extrême orientale et égyptienne, signant aussi une association luxure – génération qui fera dégénérer ces cultes jusque dans les ténèbres.
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