eros666
Définir la Gnose... Chose difficile lorsque l’on sait que les
premiers Gnostiques avaient des visions tellement différentes, qu’il y avait à l’époque autant de Gnoses que de Gnostiques. La Gnose n’est pas un concept dogmatique et figé, mais de toutes les
Gnoses qui ont existé ou existent encore, on peut dégager des lignes maîtresses communes, et surtout un but commun.
Les Gnostiques construisent leur image du monde sur la connaissance et non sur la croyance et la Foi. Ils voient dans la matière, et le monde auquel nous appartenons, le produit d’un démiurge ennemi de l’homme, différent du Dieu inaccessible. Et à leurs yeux la vie et la matière sont une œuvre manquée, porteuse d’une imperfection originelle matériellement décelable, que seule la Gnose peut combattre. Mais si l’homme est imparfait, il porte aussi en lui une étincelle divine, un feu, quelque chose qui vient du Dieu inaccessible et qui échappe à la « malédiction » de ce monde. Le but des Gnostiques est de s’arracher à cette malédiction de la matière pour retrouver l’Unité avec Dieu.
La pensée Gnostique des premiers siècles, qui a vu le jour en même temps et dans les mêmes lieux que le christianisme naissant, s’est démarquée des autres courants de l'époque, « c’est une pensée profondément originale, une pensée mutante » (Jacques Lacarrière – Les Gnostiques). Les Gnostiques sont des insoumis, ils refusent un monde gouverné par des « ombres d’hommes », ainsi que ses lois. C’est pourquoi les Gnostiques ont toujours refusé d'obéir aux pouvoirs temporels, et qu’ils rejettent des institutions comme le mariage, la famille ou la procréation. Les Gnostiques sont des insoumis et des révoltés, et si on y regarde de plus près, on peut même dire qu’ils ont été des anarchistes de la première heure.
Le but de la Gnose et de ses pratiques parfois choquantes (sodomie, pratique de l’amour
libre, etc.) est de susciter en l’homme une véritable conscience (dont sont dépourvus les « ombres d'hommes »), d’éveiller cette étincelle divine qu’il porte en lui afin que ses actes
et ses pensées acquièrent la permanence et la rigueur nécessaires pour échapper aux sortilèges du monde.
Mais les Gnostiques des premiers siècles étant contre toute forme d’histoire ou de postérité, ils n’ont laissé que peu de traces, et leurs « anti-sociétés » ont été éphémères pour la plupart, faute de structures et d’institutions. Ce « défaut » a été pallié par les Cathares, néo-gnostiques du moyen âge, qui se sont dotés de structures et d’une société parallèle afin que leur mouvement puisse perdurer.
Traitée d’hérésie par l’Eglise Chrétienne, la Gnose est en réalité l’arbre dont cette même église est un surgeon. Et si la Gnose avait eu un dogme, on aurait même pu dire que l’Eglise Chrétienne est une branche hérétique de la Gnose. Ceci explique les liens entre le Christianisme et la Gnose, et les récupérations ultérieures que les fondateurs de l’Eglise Gnostique Apostolique ont fait dans les sacrements chrétiens.
(Morigane alias Sophia Eris - EsoWiki)
Gnose signifie « connaissance parfaite ». Ce qui caractérise les mouvements
gnostiques n’est pas cette « connaissance », que d’autres traditions prétendent aussi posséder, mais plutôt la définition de Plotin : « Ceux qui disent que le Démiurge de ce
monde est mauvais et que le Cosmos est mauvais ».
Selon les témoignages des historiens anciens, c’est dans un cadre géographique allant de la vallée du Jourdain à l’Asie Mineure que les sectes se manifestent à l’époque des apôtres, avec Simon à Samarie, Nicolas à Antioche. Mais c’est en Babylonie, véritable lieu de rencontre des religions aux alentours du début de notre ère, que l’influence des anciennes croyances mésopotamiennes, de l’Iran, de la Grèce et de l’Ancien Testament ont jeté les bases du mouvement gnostique. L’influence de l’Ancien Testament se fit à travers des textes apocryphes marqués de l’hellénisme. Parmi ces livres, le Livre d’Enoch est un des rares à nous être parvenu.
Vers 120, les sectes gagnent Alexandrie, autour de Basilide, Carpocrate et Valentin. Valentin se rendit à Rome, où sa gnose voila ses mythes orientaux d’une exégèse philosophique mêlée de christianisme. A Rome, des sectes fortement influencées par les éléments orientaux continuent d’affluer. Les sectes se propagent, notamment en Espagne.
Au moyen âge, les condamnations de plus en plus dures de la part des églises chrétiennes obligèrent les sectes gnostiques (et les manichéens) à se cacher, puis à disparaître. Les bogomiles et cathares sont plus de simples résurgences suscitées par la transmission d’écrits gnostiques déguisés en apocryphes chrétiens que de vrais gnostiques. Des survivances plus sérieuses de la gnose la plus philosophique se cachent dans la littérature alchimique. De même, il y a intercommunication entre la littérature kabbalistique et certaines doctrines du gnosticisme hellénisé.