Partager l'article ! Les secrets de Belzébuth et de son soufre dans Sodome: Pour préserver ce chapitre « à hauteur teneur en sexe » de toute vulgar ...
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Pour préserver ce chapitre « à hauteur teneur en
sexe » de toute vulgarité, nous avons jugé bon que le contenu exact ne puisse être entendu qu’en filigranes par chacun, le langage n’étant pas crépusculaire mais au moins teinté de quelques
subtilités.
Si, comme il est écrit par de nombreux auteurs en mystique, les différents noms ajoutés à Baal sont ceux des régions où il fut adoré, pourquoi distinguer Ba’al Peor (Belphégor) de Ba’al Zeboul (Baalzeboub ou Belzébuth) par exemple ?
Collin de Plancy, dans son Dictionnaire infernal, confirme que les deux divinités antiques étaient jadis identifiées avec Priape : « Belphégor est Priape ; quant au monarque des enfers, dit Palingène, « In Zodiaco Vitae », il est d’une taille prodigieuse, assis sur un trône immense, ayant le front ceint d’un bandeau de feu, la poitrine gonflée, le visage bouffi, les yeux étincelants, les sourcils élevés, et l’air menaçant. Il a les narines extrêmement larges, et deux grandes cornes sur la tête ; il est noir comme un Maure ; deux vastes ailes de chauve-souris sont attachées à ses épaules ; il a deux larges pattes de canard, une queue de lion, et de longs poils depuis la tête jusqu’aux pieds. Les uns disent que Belzébuth est Priape ; d’autres, comme Porphyre, le confondent avec Bacchus. On a cru le trouver dans le Belbog ou Belbach (dieu blanc) (et pourquoi pas dans le Tchernibog ou dieu noir – NDA) des Slavons, parce que son image ensanglantée était toujours couverte de mouches, comme celle de Belzébuth chez les Syriens ». (Collin de Plancy – Dictionnaire infernal)
Nous-mêmes supposons alors que Ba’al Peor, lié à Vénus,
était une divinité solaire tandis que Ba’al Zeboul était le dieu de Saturne. De plus, en regard aux études d’Edward Sellon sur Ba’al Peor, si l’idole est androgyne, que Ba’al est le principe mâle
et Peor (ouverture) est le principe femelle, ce ne peut être qu’idem pour Ba’al Zeboul, ce dernier mot signifiant « lieu, habitation, maison, temple » et pouvant être rapporté au pôle
féminin. Plus tard, Ba’al Zeboul devint Ba’al Zeboub ou « Seigneur des Mouches », une appellation que nombre de mystiques ont tenté d’expliquer de manière parfois sérieuse parfois
moqueuse. Nous en sommes resté au Ba’al Zubb de Kamal Salibi : « Le nom
« est peut être une contraction de « père des
moissons » ou « celui des moissons ». On comprend aisément pourquoi ce Ba’al Zebub ne fut jamais identifié à Yahvé. A en juger par le sens de « zbb » en arabe, son nom
indique qu’il était le « père des récoltes à l’énorme phallus ». De « zababa ; mot arabe (venu du Yemen) signifiant « verge », « pénis » ; mot très
grossier » et de « Zubb al humâr » ou « Verge d’âne » (Kamal Salibi – La bible est née en Arabie). (Lire chapitre « Lilith, complice
de Priape, saint Priape… »)
Jacques Antoine-Dulaure, répétant les enseignements des anciens, affirmait que « le Soleil, Vénus et Saturne ont pour point commun de s’occuper de la génération ». D’accord pour Vénus et le Soleil, étudiés dans d’autres chapitres, mais Saturne? Un Ba’al assurément gouvernait Saturne : « Selon Alexander Hyslop, dans son ouvrage « Les deux Babylones », les Romains faisaient remonter leur origine au dieu du Soleil qu’ils identifiaient également à Saturne, en babylonien Stur. Considérant la valeur chaldéenne des lettres de « Stur », on obtient aussi 666 ».
Si Vénus est réputée pour sa luxure, qu’en est-il de Saturne ?
Le Marquis de Sade, décrivant les perversions de ses héroïnes,
mystifie l’heure du coït, aimant l’imager comme le sacrifice au temple de Vénus. Ne fait-il pas dire à l’un de ses héros : « Un moment, dit un nommé Cœur-de-Fer qui paraissait le chef de la bande, homme de trente-six ans, d’une force de taureau et d’une
figure de satyre ; un moment, mes amis ; il est possible de contenter tout le monde ; puisque la vertu de cette fille (Justine) lui est si précieuse, et que, comme dit fort bien la
Dubois, cette qualité, différemment mise en action, pourra nous devenir nécessaire, laissons-la-lui. (…) Je ne toucherai point à ce fantôme dont la possession fait toutes vos délices ; une
fille a plus d’une faveur à donner, et Vénus avec elle est fêtée dans bien plus d’un temple ; je me contenterai du plus médiocre ; vous le savez, ma chère, près des autels de Cypris, il
est un antre obscur où vont s’isoler les Amours pour nous séduire avec plus d’énergie ; tel sera l’autel où je brûlerai l’encens ; là, pas le moindre inconvénient, Thérèse, si les
grossesses vous effraient, elles ne sauraient avoir lieu de cette manière, votre jolie taille ne se déformera jamais ; ces prémices qui vous sont si douces seront conservées sans atteinte,
et quel que soit l’usage que vous en vouliez faire, vous pourrez les offrir pures » (Marquis de Sade – Justine ou Les malheurs de la vertu).
A en croire le
Marquis, l’orifice de derrière comme celui de devant servent à sacrifier pour Vénus. Dans « Juliette et les prospérités du vice », il réitère son affirmation en faisant dire à
Madame Delbène : « Il n’est aucun plaisir qui puisse se comparer à
celui du cul : malheur aux filles assez simples, assez imbéciles pour n’oser pas ces lubriques écarts ; elles ne seront jamais dignes de sacrifier à Vénus, et jamais la déesse de Paphos
ne les comblera de ses faveurs ! ». Parfois tout de même, il distingue l’usage des deux, disant que celui de la génération est dédié à Vénus, l’autre à Ganymède.
Alors, Vénus, Mars ; le Soleil ? Dulaure, bien malgré lui, désigne Saturne.
Et Saturne renvoie à une mystique autrement infernale. Les prêtres du premier moyen âge avaient mis à sa tête l’Archidémon Belzébuth. Ce Diable Maître de Sodome, ex Bélial, placé à la tête de l’empire rectal !
C’est vrai que dans le règne infernal, Saturne renvoie à la lubricité. Ce n’est pas sans raisons si la tête du Priape ou Baphomet est celle d’un bouc et si, en la voyant, les hommes pieux s’exclament à « l’idole lubrique » : Saturne est le Maître du signe du Capricorne ou Caprin Cornu, le visage cornu si célèbre est le sien.
L’anthroposophe Rudolf Steiner décrit ainsi les
Esprits de Saturne : « Il existe une catégorie d’entités, appelées Esprits de Saturne, décrites comme « horribles », qui possèdent tout ce qui vit en l’homme sous forme de
désir et de luxure sensuels. Ces entités sont loin d’être sans rapport avec notre vie ; elles font au contraire pénétrer leurs actions, leurs effets et leurs
manifestations
(vu de haut,
démons à invoquer pour un voeu de luxure)
jusqu’au cœur de notre vie… Ces entités développent des passions d’ordre sensuel tellement dévastatrices contre lesquelles tout ce que l’homme peut mettre en œuvre dans ce contexte, ne sont que jeux d’enfants ». Pas de doute, l’auteur mystique les considère comme les plus pervers d’entre tous. Si les démons de Vénus s’occupent de la génération, ceux du Soleil de la virilité, assurément, ceux de Saturne s’emploient à la lubricité. Ce sont les satyres du plan subtil que les voyants mystiques ont perçu sous la forme d’êtres cornus.
Certains les nomment des « Zeboub ». Ce nom associé à
l’activité luxurieuse, connaît des prolongements surprenants ; nous écrivions par ailleurs : « Guedi » (Bouc) totalise 17, comme « Zeboub » ou « Mouche » ou « Esprit de Saturne », une entité
toute puissante du Désir ou un Esprit des Sensations. Si l’enseignement occultiste reconnaît que « le foie est l’un des sièges du corps astral, l’autre siège se trouve dans les organes
sexuels », l’anthroposophe Rudolf Steiner ajoute, nous citons, « de même que nous pouvons donner des indications sur certains sucs (ou substances liquides) qui circulent en l’homme, on
peut aussi attirer l’attention sur différents organes humains dans lesquels s’expriment, se manifestent également des êtres des mondes supérieurs. C’est ainsi par exemple que les entités de
Saturne (Esprits de Saturne) s’expriment d’une certaine manière dans le foie humain ; (…) c’est sur le foie que les entités de Saturne exercent une influence intense et profonde ».
Lesquels s’expriment d’une même manière intense sur les organes sexuels.

La racine latine du mot « foie » est « ficus » signifiant « figuier », nous rappelant l’épisode d’Adam et Eve cachant leurs parties intimes à l’aide d’une feuille de figuier (« Adam et Eve cousent une feuille de figuier et s’en font des ceintures ». (Gn 3 – 7)). L’auteur Annick de Souzenelle précise que la formule « cousent une feuille de figuier » peut se lire aussi : « ils font croître une montée de désir ». Le figuier produit un caoutchouc particulier appelé « latex » et nous savons combien cette matière participe pour augmenter l’excitation dans certaines activités érotiques. Dans des temps très anciens (les Dravidiens), « l’arbre à latex » était sacralisé car certains lui accordaient le pouvoir de la fertilité ou, au contraire, de la stérilité ».
Aussi, dans un contexte hautement luxurieux, la mouche illustre le copulateur vêtu de latex, d’un vêtement noir qui lui colle à la peau. C’est connu, nombre de positions sexuelles soucieuses d’être décrites le plus simplement possible, portent des noms d’insectes ou d’animaux. L’entité « Zeboub » est subtile, mais si elle pouvait prendre une apparence physique, sa forme serait celle d’une mouche ou en fait, d’un homme cambré en avant les jambes arquées s’apprêtant à forniquer et son corps serait entièrement vêtu de latex.
Aussi les diaboliques ont-ils perçu dans l’invisible que leur règne à ces entités dans le corps humain était le rectum, que ce sexe stérile était leur siège. Lorsqu’ils se mettent en action, ils produisent une influence perturbatrice et irritante, qui hypnotisent les témoins et rend à celui qui les porte des talents magiques, qui forme instantanément un champ magnétique, sortant violemment par les yeux du possédé et que les diaboliques nommaient le « soufre », quintessence d’aspect masculin, agressive et non génératrice.
Cette échappée par les yeux est expliquée de la sorte par Rudolf Steiner : « Les esprits saturniens s’insinuent d’une façon encore plus mystérieuse dans le corps humain, à savoir par les sensations. Lorsque l’homme dirige son regard sur une belle chose, cela suscite en lui une représentation ; s’il dirige son regard vers une chose sordide et triviale, une autre représentation est suscitée. Tandis que des impressions extérieures font naître une représentation dans l’âme, les esprits saturniens s’insinuent par ce biais et dans le même temps en l’homme. Et à travers tout ce qu’il déploie autour de lui par simple sympathie ou antipathie à l’égard de ce qui l’entoure, sous forme de ce qu’il voit, entend et sent, l’homme s’expose à cette infiltration furtive de tels ou tels esprits saturniens. Ceux-ci pénètrent par les yeux, les oreilles et par la peau, lorsque la sensibilité de l’homme est en action. (…) Vous voyez donc que nous devons nous représenter l’homme comme un être tout à fait complexe, comme un compagnon issu de divers mondes et de divers êtres » (Rudolf Steiner – L’intervention des forces spirituelles en l’homme).
Enfin, à quelle substance,
à quel encens pense un diabolique lorsqu’il entend prononcer le nom de Saturne, autant que Belzébuth, sinon le soufre ? Et ce même soufre, à quel démon les prêtres du moyen âge l’ont-ils
associé sinon Satan, le Diable ? Et lui-même, ne fût-il pas abordé à ce moment-là comme le plus haut représentant de la luxure ? Par effet de conséquence, dans le domaine du stupre, si
comme les diaboliques l’affirmaient, « le rectum est le temple de Saturne » dont Belzébuth est l’Archidémon, sacrifier pour ce diable engendre un dégagement d’un soufre subtil brûlant
et hypnotique, la quintessence du Diable, rouge de feu duquel vient se loger un ou plusieurs Zeboub, que les prêtres du moyen âge identifièrent avec des incubes et qui s’attaquent virilement à
celles et ceux qui regardent dans leur direction.
Ceci peut sembler facétieux de lier un soufre subtil avec des pratiques anales ; et pourtant, l’épisode biblique concernant Sodome rend compte d’une pluie de soufre qui vient brûler ceux qui consacraient un culte à leur divinité (Bélial) par des commerces charnels entre hommes (GN 19/24 : « L’Éternel fit pleuvoir sur Sodome et sur Gomorrhe du soufre et du feu; l’Éternel lui-même, du haut des cieux »). Entendu, les chercheurs évoquent la présence d’un volcan. Mais la mystique connaît des raisons que l’Histoire ignore, c’est toute la force des sciences occultes sur les hommes.
Aussi, parmi les prêtres si
particuliers du premier moyen âge, honorant des saints virils et héritiers de Priape, certains exploitaient la pratique anale pour s’affranchir de fautes ou de péchés à l’image du Terme romain
qui tenait son priape pour menacer le voleur d’une punition anale ; d’autres employaient l’exercice lubrique pour fréquenter le Diable de Saturne, Belzébuth. Des femmes sensuelles devenaient
son autel de luxure et lorsqu’elles connaissaient l’orgasme par lui, crachaient de son soufre par leurs yeux. Des diaboliques assurent qu’alors des incubes ayant tête de bouc sortaient par le
regard et attaquaient sexuellement les présents, lesquels s’offraient à eux dans le vice le plus dépravé. « Sodome portait à la gloire le démon de Saturne que les anciens nommaient Belzébuth
ou Ba’al Zeboub ».