Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 15:16

baphomet-mendez4-blog.jpgSi le couple Lilith – Priape est admis par les astrologues, historiquement, il est plus que probable que la Lilith « sortant des ténèbres » soit la transposition sumérienne de la Kâlî orientale, et de la même façon, que le Samaël hébreu ait quelque lien évident avec le Shiva hindou ; ceci, même si, ultérieurement, des experts identifient Samaël avec Pan (Priape). C’est plus tard que Lilith épousa la cause des courtisanes. En effet, les kabbalistes la placèrent, dans l’Arbre Kliphothique, Archidémone dans Yesod, siège des organes génitaux, dont « le triangle uro-génital est la correspondance physique ». Des représentations montrent une belle femme tenant dans sa main droite levée en l’air un phallus, dans la gauche baissée, un ctéis, assise et posant de la même façon que l’habituelle figure du Baphomet. Il suffit de changer la tête et d’y mettre celle d’un bouc pour que la mutation soit parfaite.

 

jacques-au-temple-baphomet-copie-2.jpg Priape, quant à lui, est l’héritier des Mendès, Pan, Apis, Ba’al Peor, Ba’al Zeboub, Adon, Thammuz, Bacchus et autres divinités figurées par un taureau ou un bouc viril. Son nom le plus exact est « Pri-Apis » signifiant « Taureau fécond », et sous-entendu « taureau viril » ou « taureau toujours en érection* ». Parfois « Paro-Apis » voulant dire « le taureau ou bouc débridé », sous entendu le « bouc lubrique ».      

 

(* « Le bouc, couvert de longs poils, est signe de virilité autant que de lubricité ; une légende africaine de Kaydara  rapporte au sujet d’un bouc « qu’il tournait autour d’une souche, sur laquelle il montait, descendait et remontait sans arrêt. A chaque escalade, le mâle caprin éjaculait sur la souche, comme s’il s’accouplait avec une chèvre ; malgré la quantité considérable de sperme qu’il déversait, il ne parvenait pas à éteindre son ardeur virile ». D’où l’iconographie du bouc illustrant la lame 15 et vite changé en un Diable symbole du « déséquilibre, des excès en toutes sortes, du mal, de l’égoïsme, etc. » (Nadia Julien – Le Dictionnaire des symboles).)


miroir-magique-overblog.jpg

 Si son premier ancêtre figura à l’origine le Soleil, il devint plus tard, avec les suivants qui s’occupèrent de luxure, le Maître de Vénus. Mais sa figure de bouc atteste de sa filiation avec le règne de Saturne également, et les anciens confirmaient que « le bac5.jpgSoleil, Vénus et Saturne ont pour point commun de s’occuper de la génération ». Le caractère « Ayin », qui correspond avec le quinzième arcane du Tarot (Lame du Diable), a pour élément le signe du Capricorne ou Caprin Cornu (bouc), dont Saturne est le Maître. D’où que son nom occulte à Priape fut, chez les Babyloniens, « Stur » (Saturne), dont le chiffre est 666, considéré comme le Maître des Incubes, parmi lesquels nous devons compter les Satyres (Stur ou Styr), autres « Velus » (Boucs ou Seïrim). La mythologie démoniaque place Belzébuth comme Maître de Saturne, et nous rapportons volontiers cette rectification sur son nom, qu’au lieu de « Seigneur des Mouches », l’auteur Kamal Salibi lui donne une autre interprétation : « Le nom « est peut être une contraction de « père des moissons » ou « celui des moissons », comme « Belzébuth » ou « Ba’al Zebub » dont le nom subsiste dans celui de plusieurs villages d’Asïr comme Dhabûb et Dhuabâbah, dans la région de Jizan, et Âl Dhubâbah, près de Khamis Mushait. On comprend aisément pourquoi ce Ba’al Zebub ne fut jamais identifié à Yahvé. A en juger par le sens de « zbb* » en arabe, son nom indique qu’il était le « père des récoltes à l’énorme phallus » ». (Kamal Salibi – La bible est née en Arabie)

baphomet-arcane-15.jpg

Il faut fouiller l’arabe ancien pour trouver non pas « Zeboub » mais « ZBB » ou « Zubb », terme différent mais phonétique si proche :

 

Zubb :

zababa ; mot arabe (venu du Yemen) signifiant « verge », « pénis » ; mot très grossier

Zubb al humâr :

Verge d’âne

  

 

bel-zubb-xxx.jpgEt s’il nous faut passer impérativement par la case « Babylone » pour saisir la dimension de la personnification « Priape », forcément la « prostituée écarlate » fait son entrée en scène. S’en suit son règne des courtisanes qui dégénère en des temples sous la forme de « tentes » ou « Succoth Benoth » (Tentes des filles) qui ne sont pas autre chose que des lieux de prostitution « sacrée » où les filles sont supposées sacrifier à leur dieu et déesse. Au point que la mythologie démoniaque figura un démon Succor Benoth, travaillant comme par hasard avec Belzébuth.

 

La Bouc tient un phallus dans sa main droite, un ctéis dans la gauche : cette figure symbolique montre le démon qui exprime sa lubricité sous la forme de la virilité à droite, sous celle de la luxure à gauche. Ou bien, inversement, que les deux pôles masculin et féminin sont les deux expressions de sa puissance lascive, servant à ses fins pareillement l’un que l’autre. Autrement dit, tout ramène à lui, autant l’œuvre de la femme que celle de l’homme. D’où cette affirmation dans les « Priapées » que « la femme luxurieuse CONDUIT l’homme à Priape, voilà son rôle : « Je te conduirai à Priape… ! »

 


 

 

 

(Lire chapitre « Belzébuth, démon-bouc sous les traits de la belle Biondetta »)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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