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Si le couple Lilith – Priape est admis par les
astrologues, historiquement, il est plus que probable que la Lilith « sortant des ténèbres » soit la transposition sumérienne de la Kâlî orientale, et de la même façon, que le Samaël
hébreu ait quelque lien évident avec le Shiva hindou ; ceci, même si, ultérieurement, des experts identifient Samaël avec Pan (Priape). C’est plus tard que Lilith épousa la cause des
courtisanes. En effet, les kabbalistes la placèrent, dans l’Arbre Kliphothique, Archidémone dans Yesod, siège des organes génitaux, dont « le triangle uro-génital est la correspondance
physique ». Des représentations montrent une belle femme tenant dans sa main droite levée en l’air un phallus, dans la gauche baissée, un ctéis, assise et posant de la même façon que
l’habituelle figure du Baphomet. Il suffit de changer la tête et d’y mettre celle d’un bouc pour que la mutation soit parfaite.
Priape, quant à lui, est
l’héritier des Mendès, Pan, Apis, Ba’al Peor, Ba’al Zeboub, Adon, Thammuz, Bacchus et autres divinités figurées par un taureau ou un bouc viril. Son nom le plus exact est « Pri-Apis »
signifiant « Taureau fécond », et sous-entendu « taureau viril » ou « taureau toujours en érection* ». Parfois « Paro-Apis » voulant dire « le taureau
ou bouc débridé », sous entendu le « bouc lubrique ».
(* « Le bouc, couvert de longs poils, est signe de virilité autant que de lubricité ; une légende africaine de Kaydara rapporte au sujet d’un bouc « qu’il tournait autour d’une souche, sur laquelle il montait, descendait et remontait sans arrêt. A chaque escalade, le mâle caprin éjaculait sur la souche, comme s’il s’accouplait avec une chèvre ; malgré la quantité considérable de sperme qu’il déversait, il ne parvenait pas à éteindre son ardeur virile ». D’où l’iconographie du bouc illustrant la lame 15 et vite changé en un Diable symbole du « déséquilibre, des excès en toutes sortes, du mal, de l’égoïsme, etc. » (Nadia Julien – Le Dictionnaire des symboles).)

Si son premier ancêtre
figura à l’origine le Soleil, il devint plus tard, avec les suivants qui s’occupèrent de luxure, le Maître de Vénus. Mais sa
figure de bouc atteste de sa filiation avec le règne de Saturne également, et les anciens confirmaient que « le
Soleil, Vénus et Saturne ont pour point commun de s’occuper de la génération ». Le caractère « Ayin », qui correspond avec
le quinzième arcane du Tarot (Lame du Diable), a pour élément le signe du Capricorne ou Caprin Cornu (bouc), dont Saturne est le Maître. D’où que son nom occulte à Priape fut, chez les
Babyloniens, « Stur » (Saturne), dont le chiffre est 666, considéré comme le Maître des Incubes, parmi lesquels nous devons compter les Satyres (Stur ou Styr), autres
« Velus » (Boucs ou Seïrim). La mythologie démoniaque place Belzébuth comme Maître de Saturne, et nous rapportons volontiers cette rectification sur son nom, qu’au lieu de
« Seigneur des Mouches », l’auteur Kamal Salibi lui donne une autre interprétation : « Le nom « est peut être une contraction de « père des moissons » ou « celui des moissons », comme
« Belzébuth » ou « Ba’al Zebub » dont le nom subsiste dans celui de plusieurs villages d’Asïr comme Dhabûb et Dhuabâbah, dans la région de Jizan, et Âl Dhubâbah, près de
Khamis Mushait. On comprend aisément pourquoi ce Ba’al Zebub ne fut jamais identifié à Yahvé. A en juger par le sens de « zbb* » en arabe, son nom indique qu’il était le « père des
récoltes à l’énorme phallus » ». (Kamal Salibi – La bible est née en Arabie)

Il faut fouiller l’arabe ancien pour trouver non pas « Zeboub » mais « ZBB » ou « Zubb », terme différent mais phonétique si proche :
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Zubb : |
zababa ; mot arabe (venu du Yemen) signifiant « verge », « pénis » ; mot très grossier |
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Zubb al humâr : |
Verge d’âne |
Et s’il nous faut passer impérativement par la case
« Babylone » pour saisir la dimension de la personnification « Priape », forcément la « prostituée écarlate » fait son entrée en scène. S’en suit son règne des
courtisanes qui dégénère en des temples sous la forme de « tentes » ou « Succoth Benoth » (Tentes des filles) qui ne sont pas autre chose que des lieux de prostitution
« sacrée » où les filles sont supposées sacrifier à leur dieu et déesse. Au point que la mythologie démoniaque figura un démon Succor Benoth, travaillant comme par hasard avec
Belzébuth.
La Bouc tient un phallus dans sa
main droite, un ctéis dans la gauche : cette figure symbolique montre le démon qui exprime sa lubricité sous la forme de la virilité à droite, sous celle de la luxure à gauche. Ou bien,
inversement, que les deux pôles masculin et féminin sont les deux expressions de sa puissance lascive, servant à ses fins pareillement l’un que l’autre. Autrement dit, tout ramène à lui, autant
l’œuvre de la femme que celle de l’homme. D’où cette affirmation dans les « Priapées » que « la femme luxurieuse CONDUIT l’homme à Priape, voilà son rôle : « Je te
conduirai à Priape… ! »
(Lire chapitre « Belzébuth, démon-bouc sous les traits de la belle Biondetta »)