Partager l'article ! Marquis de Sade, Lilith et Priape à Sodome: De savoir si le sperme de l’homme ne peut pas servir à autre chose qu’à la génération es ...
eros666
De savoir si le sperme de l’homme ne peut pas servir à
autre chose qu’à la génération est un sujet qui occupe les esprits religieux depuis les temps antiques et peut être plus loin encore. Les cultes qui tendaient à l’utiliser pour d’autres raisons
étaient jugés comme des gaspilleurs, juste avant d’être maudits et voués à l’œuvre de Satan, sitôt que les religieux ascètes le baptisèrent de ce nom. Bélial fut un « gaspilleur »
(c’est le sens premier de son nom « gaspilleur » ou « inutile » ; « celui qui utilise inutilement sa semence » ; avant de devenir, plus grave encore
« ni dieu, ni maître »), Asmodée aussi ; bref tous les antiques dieux devenus démons qui utilisèrent la semence du mâle à des fins cultuelles ou magiques, lors de rituels liés à la
sorcellerie.
Idem pour le type de fornication et la génération, tout chrétien explique que « ceci dépend du vase ». Bien sûr, le seul qui convient, s’il est employé pour des raisons seulement de procréation, plaît à Dieu ; les autres sont proscrits. Mais, inversement, les hommes, dont le courant de pensée considère comme « un leurre de croire que la Nature attend de nous d’engendrer, elle qui dispose d’une infinité de moyens pour nous éliminer », accordent à Vénus (Pan, Baal, Ashera, etc…) tous les vases ; ou au démon de la Chair, à qui ils en font l’offrande comme sacrifice.
La scène suivante racontée par Jacques-Antoine Dulaure, déjà décrite, est significative dans ce sens : « Les Babyloniens ont une loi bien honteuse : toute femme, née dans le pays, est obligée, une fois dans sa vie, de se rendre au temple de Vénus, pour s’y livrer à un étranger. Plusieurs d’entre elles, dédaignant de se voir confondues avec les autres, à cause de l’orgueil que leur inspirent leurs richesses, se font porter devant le temple dans des chars couverts. Là, elles se tiennent assises, ayant derrière elles un grand nombre de domestiques qui les ont accompagnées ; mais la plupart du temps s’asseyent dans la pièce de terre dépendante du temple de Vénus, avec une couronne de ficelle autour de la tête. Les unes arrivent, les autres se retirent. On voit en tout temps des allées séparées par des cordages tendus. Les étrangers se promènent dans ces allées, et choisissent les femmes qui leur plaisent le plus. Quand une femme a pris place en ce lieu, elle ne peut retourner chez elle que quelque étranger ne lui ait jeté de l’argent sur les genoux, et n’ait eu commerce avec elle. Il faut que l’étranger, en lui jetant de l’argent, lui dise : « J’invoque la déesse Mylitta ». Or, les Assyriens donnent à Vénus le nom de Mylitta » (Jacques-Antoine Dulaure – Des divinités génératrices).
Le Marquis de Sade insiste sur Sodome, comme il le
fait dire à une abbesse dans « Juliette ou les prospérités du vice » : « Viens me baiser, mon ange, me dit Mme Delbène, tu es une fille digne de nous. Eh ! sans
doute, poursuivit-elle avec enthousiasme, sans doute, il n’est aucun plaisir qui puisse se comparer à celui du cul : malheur aux filles assez simples, assez imbéciles pour n’oser pas ces
lubriques écarts ; elles ne seront jamais dignes de sacrifier à Vénus, et jamais la déesse de Paphos ne les comblera de ses faveurs !
(…) Ah ! Qu’on m’encule, s’écrie la putain, en s’agenouillant sur un canapé. Volmar, Flavie, Juliette, armez-vous de godemichés ; vous, Ducroz et Télème, bandez ferme, et que vos vits
mutins entrelacent les « membres postiches » de ces coquines ; voilà mon cul : foutez-le tous ! »
Plus loin, ayant étudié l’histoire antique, il persiste et signe : « Nous punissons le libertinage, reprit mon instituteur : Plutarque nous apprend que « les Samniens se rendaient journellement, et sous la surveillance des lois, dans un lieu nommé les Jardins, et qu’ils se livraient là, pêle-mêle, à des voluptés si lascives qu’il était presque impossible de les imaginer ! En cet heureux endroit, continue l’historien, les distinctions du sexe et les liens du sang disparaissaient sous l’attrait du plaisir : l’ami devenait la femme de son ami ; la fille, la tribade de sa mère, et, plus souvent encore, le fils, la catin de son père, à côté du frère enculant sa sœur ».
L’adultère était publiquement autorisé à Sparte.
Nous méprisons les filles qui se sont prostituées : les Lydiennes, au contraire, n’étaient estimées qu’en raison de la multiplicité de leurs amants ; le fruit de leur prostitution était leur unique dot.
La dépravation des mœurs est nécessaire dans un État ; les Romains le sentirent en établissant, dans toute l’étendue de la république, des bordels de filles et de garçons, et des théâtres dont les filles dansaient toutes nues.
Les Babyloniennes se prostituaient une fois l’an, au temple de Vénus ; les Arméniennes étaient obligées de consacrer leur virginité aux prêtres du Tanaïs, qui les enculaient primitivement, et ne leur accordaient la faveur de la défloraison qu’autant qu’elles avaient courageusement soutenu les premières attaques : une défense, une larme, un mouvement, un cri venait-il à leur échapper, elles étaient privées de l’honneur des secondes, et ne trouvaient plus à se marier.
Les Caïmites, hérétiques du deuxième siècle, prétendaient que l’on n’arrivait au ciel que par l’incontinence ; ils soutenaient que chaque action infâme avait un ange tutélaire, et ils adoraient cet ange en se livrant à d’incroyables débauches.
La sodomie est générale par toute la terre ; il n’est pas un seul peuple qui ne s’y livre ; pas un grand homme qui n’y soit adonné. Le saphotisme y règne également ; cette passion est dans la nature comme l’autre ». (Marquis de Sade – Les prospérités du vice)