Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 17:59

messaline1.jpgMessaline, Impératrice de Rome et adoratrice de Priape, comprit bien vite que les sorcelleries étaient inhérentes à sa condition de femme fatale et que les sujets mâles étant nombreux à ses genoux comme à son service, elle avait droit de jouissance et de supplices sur eux comme de vie et de mort. Son grand amour idolâtre n’était autre que Priape, elle jura de l’aimer autant que possible ; aussi elle sacrifia au Phallus en multipliant le nombre de ses amants virils, et s’exerça, en compagnie des prêtres de Mutinus, à ses magies que l’on colore de noir.

 

pan-satyre-nettoy-.jpgParmi les mâles, elle choisissait des gladiateurs et autres forçats enchaînés au fond des geôles, privés de femmes à tel point que le seul souvenir de leur existence les mettait dans une irritation insoutenable, les invitaient à une Bacchanale salace en sa compagnie : Chacun d’eux allait baiser le derrière du bouc Priape, statufié dans la grande pièce, afin d’être consacré de lui, puis venait rejoindre à la queue-leu-leu les mâles entièrement dévêtus et ardents pour pénétrer l’Impératrice. Si chacun d’eux espérait d’elle qu’elle jouirait de ses efforts virils, elle n’avait qu’une obsession dont le nom est Priape.

 

A-Messaline-priape.jpgDurant l’orgie, Messaline faisait poser une couronne autour du Phallus de Priape à chaque mâle qui s’était satisfait avec elle. Avec elle, on voyait des femmes, d’excitantes bacchantes, aussi dévotes que lubriques, offrir pareillement à Priape autant de couronnes que de sacrifices leurs amants avaient fait à leurs charmes. Elles les appendaient à l’énorme Phallus de cette idole, et cette partie saillante en était en quelque sorte totalement garnie. D’autres bacchantes faisaient hommage à ce dieu d’autant de Phallus en bois de saule, qu’elles avaient vaincu d’hommes durant une nuit. Cette pratique est représentée sur une pierre gravée (Culte secret des Dames romaines), et mentionnée dans la pièce 34 des Priapées :

 

Cum sacrum fieret Deo salaci,

Conducta est pretio puella parvo,

Communis satis omnibus futura.

Quae quot nocte viros peregit una,

Tot verpas tibi dedicat salignas.

 

messaline2.jpgMais on compta au nombre de ses forfaits en sorcellerie une autre pratique, celle de la dagyde vivante. Voulant multiplier les ébats illégitimes tout en s’assurant de ne pas être quittée par Claude, son vieil époux Empereur, elle trouva un moyen magique original que des Bacchantes lui suggérèrent d’expérimenter : au lieu d’une dagyde en cire, il fallait œuvrer magiquement avec une momie de chair et de sang. On recruta un mâle (plusieurs mâles furent utilisés au cours de ces expériences) dont l’âge et la physionomie ressemblaient à Claude, on l’habilla exactement comme l’Empereur, le prêtre fit sur lui les mêmes bénédictions, on lui remit les pareils ornements et prononcer les idem vœux d’investiture. Après quoi, Messaline, sachant que toute femme fatale investie de pouvoirs magiques se trouve comme enveloppée d’un démon (incube succube) tenu à elle par les yeux, les mains, les pieds et le centre sacré*, elle faisait entrer dans la chambre de Priape le simulacre de son époux, lui imposait de se mettre à genoux devant elle, puis s’autorisait avec lui ses moindres caprices.

 

(* Comme un enfant est relié physiquement à sa mère par le cordon ombilical au moment de sa naissance, la même image peut servir pour montrer comment une femme douée de sorcellerie est attachée subtilement à une entité démoniaque qui vient l’envelopper et se tient liée à elle par un cordon subtil mais dont le point d’attache n’est pas le nombril mais les yeux.)

 

bastet1.jpgDes prêtresses bacchantes se tenaient autour, des prêtres aussi surveillaient les cérémonies ; Messaline, en superbe dominatrice, soumettait le simulacre de son époux aux humiliants sévices en lui faisant jurer pour elle une irréprochable fidélité. Pour le narguer, elle le contraignait de la regarder se vautrer dans une luxure choquante en compagnie de prisonniers condamnés à mort et qui l’abusaient en fornication, sachant que s’ils l’usaient bien, ils auraient peut être une révision de leur peine. A d’autres moments, elle l’attachait et le flagellait comme on dresse un esclave, elle lui faisait porter le masque d’un porc et ramper à ses pieds tel un serpent en pénitence, prenait les gros cierges noirs qui brûlaient pour Priape et laisser couler la cire sur son corps avili. Les insultes comme les moqueries « pleuvaient » et les bacchantes échauffées prolongeaient les invectives. Enfin, tel un chat urine dans un champ pour délimiter son territoire et se l’approprier pour lui seul, l’Impératrice s’approchait debout de celui qui figurait l’époux, écartait ses cuisses et lui lâchait ses eaux en pleine face et sur tout son corps nu, jurant que désormais, il était son objet, son jouet, et qu’elle pouvait faire de lui tout ce qu’elle voulait, qu’il était sa propriété. Répétant l’incantation : « Tu m’appartiens ! » ; et finissant : « Ave Priapis ! »

(Suite dans le chapitre "Messaline et Priape")

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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