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Un ennemi cultuel de Priape fut Seth (évoqué souvent avec Typhon) (Seth – Anubis), le premier
personnifiant la génération, le second la stérilité. La mythologie grecque conte les histoires romanesques de Priape, lui vouant une haine farouche pour l’âne, animal plus membré que lui, et qui
n’est autre que Seth. C’est que le culte de Priape avait dégénéré en un folklore populaire, au point que tout idéalisme mystique avait disparu ; aussi des Gnostiques avaient-ils préféré
rejoindre les sectes sethiennes, sachant bien qu’elles commettaient aussi des rituels phalliques mais leurs fins sacrées ou magiques demeuraient préservées. Un culte ne gagne jamais grand-chose à
évoluer en un folklore populaire, il est contraint de perdre ce qui fait sa « substantifique moelle » lorsqu’il veut plaire aux crédules et aux ignorants.
Il est remarquable de constater qu’aux temps médiévaux, ces deux ennemis d’hier furent
fondés en une seule entité que les religieux nommèrent Satan, nom lié à « Seth » et « Anubis ». L’aspect profondément phallique des deux cultes obligèrent les Pères de
l’Eglise d’unir le génésique au stérile en un démon dégoûtant car leurs rites à tous deux saturaient de luxure. Ce faisant, lors des cérémonies sataniques ou des parodies de messes nommées
« Messes Noires », des prêtres « défroqués » jusqu’aux nécromanciens appelèrent Priape « Belphégor » et Seth Anubis « Satan ».
Ces prêtres pratiquant des Messes Noires sont vulgairement appelés des « défroqués ». C’est que certains d’entre eux avaient eu connaissance d’enseignements des antiques Gnostiques, bien que la plupart de leurs écrits furent brûlés et détruits. Ainsi, ils connurent plus ou moins une de leur mystique, celle concernant Sophia, et du Dieu tout-puissant Ildabaoth. Les Gnostiques considéraient le Père du Monde comme un dieu méchant et le Serpent celui qui voulut sauver les hommes. De même, ils estimèrent qu’enfanter était servir Dieu – qui était méchant et mauvais – et donc, mieux que tout, prévalait la stérilité et les pratiques sexuelles la concernant. Tout exercice charnel lié au plaisir mais incapable d’assurer la génération détenait un rapport avec une de ces entités infernales assurant la défense des hommes contre le Dieu tout-puissant – méchant et mauvais -. De même, toute luxure incompétente pour procréer servait comme un moyen pour rendre un sacrifice à l’une de ces divinités antiques dont la stérilité était la principale caractéristique*.
(* Que tout soit vrai ou pas, le célèbre Marquis de
Sade défend ainsi les pratiques d’adultère, se faisant l’écho de l’Histoire qu’il connaissait à son heure : « L’adultère était publiquement autorisé chez les Grecs. Les Romains se
prêtaient mutuellement
leurs femmes. Caton prêta la sienne à
Hortensius, qui désirait une femme féconde.
Cook découvrit une société à Otaïti où toutes les femmes se livrent indifféremment à tous les hommes de l’assemblée. Mais si l’une d'elles devient enceinte, l’enfant est étouffé au moment de sa naissance : tant il est vrai qu’il existe des peuples assez sages pour sacrifier à leurs plaisirs les lois futiles de la population ! Cette même société, à quelques différences près, existe à Constantinople.
Les nègres de la côte de Poivre et de Riogabar prostituent leurs femmes à leurs propres enfants.
Chez les anciens Bretons, huit ou dix maris se rassemblaient et mettaient leurs femmes en commun. Les intérêts, les partis différents s’opposent chez nous à ces trafics délicieux. Quand serons-nous donc assez philosophes pour les établir ?
Singha, reine d’Angola, avait fait une loi qui établissait la vulgivaguibilité des femmes. Cette même loi leur enjoignait de se garantir de grossesse, sous peine d’être pilées dans un mortier : loi sévère, mais utile, et qui doit toujours suivre la défense des liens et la communauté, afin de mettre des bornes à une population dont la trop grande abondance pourrait devenir dangereuse.
Mais on peut tarir cette population par des moyens plus
doux : ce serait en accordant des honneurs et des récompenses au saphotisme, à la sodomie, à l’infanticide, comme Sparte en décernait au vol. Ainsi la balance s’égaliserait sans avoir
besoin, comme à Angola ou à Formose, d’écraser le fruit des femmes dans leur propre sein.
Il y a, en Chine, une société pareille à celles d’Otaïti et de Constantinople. On les appelle les maris commodes. Ils n’épousent de filles qu’à la condition qu’elles se prostitueront à d’autres : leur maison est l’asile de toutes les luxures. Ils noient les enfants qui naissent de ce commerce.
Il existe des femmes au Japon qui, quoique mariées, se tiennent, avec l’agrément de leurs époux, aux environs des temples et des grands chemins, le sein découvert, comme les courtisanes d’Italie, et sont toujours prêtes à favoriser les désirs du premier venu.
On voit une pagode à Cambaye, lieu de pèlerinage où toutes les femmes se rendent avec la plus grande dévotion ; là, elles se prostituent publiquement, sans que leurs maris y trouvent à redire. Celles qui ont amassé une certaine fortune à ce métier achètent, avec cet argent, de jeunes esclaves qu’elles dressent au même usage et qu’elles mènent ensuite à la pagode pour se prostituer à leur exemple.
Un mari, au Pégu, méprise souverainement les premières faveurs de sa femme ; il les fait prendre par un ami, souvent même par l’étranger qu’il considère. Mais il n’en ferait pas de même pour les prémices d’un jeune garçon : cette jouissance est, pour les habitants de ces pays, la plus délicieuse de toutes.
Les Indiennes du Darien se prostituent au premier venu. Si elles sont mariées, l’époux se charge de l’enfant ; si elles sont filles, ce serait un déshonneur d’être grosses, et elles se font alors avorter, ou prennent, dans leur jouissance, des précautions qui les délivrent de cette inquiétude.
Les prêtres de Cumane ravissent la fleur des jeunes mariées : l’époux n’en voudrait pas sans cette cérémonie préalable. Ce précieux bijou n’est donc qu’un préjugé national, ainsi que tant d’autres choses sur lesquelles nous ne voulons jamais ouvrir les yeux.
Combien de temps la féodalité usa-t-elle de ce droit dans plusieurs provinces de l’Europe, et particulièrement en Écosse ?
Il s’en faut bien que tous les peuples aient également estimé les prémices. Plus une fille, dans l’Amérique septentrionale, avait eu d’aventures galantes, plus elle trouvait d’époux qui la recherchaient. On n’en voulait point si elle était vierge : c’était une preuve de son peu de mérite.
Aux îles Baléares, le mari est le dernier qui jouisse de sa femme : tous les parents, tous les amis le précèdent dans cette cérémonie ; il passerait pour un homme fort malhonnête, s’il s’opposait à cette prérogative. Cette même coutume s’observait en Islande, et chez les Nazaméens, peuple de l’Égypte : après le festin, l’épouse nue allait se prostituer à tous les convives et recevait un présent de chacun.
Chez les Massagètes, toutes les femmes étaient en commun : lorsqu’un homme en rencontrait une qui lui plaisait, il la faisait monter sur son chariot, sans qu’elle pût s’en défendre ; il suspendait ses armes au timon, et cela suffisait pour empêcher les autres d’approcher.
Ce ne fut point en faisant des lois de mariage, mais en établissant, au contraire, la parfaite communauté des femmes, que les peuples du Nord furent assez puissants pour culbuter trois ou quatre fois l’Europe et l’inonder de leurs émigrations ». (Sade – Prospérités vice))
Car, bien sûr, tous les mouvements spirituels et toutes les religions ont l’obsession de la génération, Dieu l’a dit Lui-même : « Croissez et multipliez ». Peu importe les unions ensuite, la Bible le prouve, un père s’unissant à sa fille pour assurer la génération est plus estimable que le coupable Onan, célèbre pour n’avoir pas voulu destiner sa semence à la procréation.
On obtient ainsi quelques divinités dont la caractéristique fut la stérilité :
Typhon, Seth, Anubis, Lilith, Bélial, etc. Chacun d’eux, lorsqu’il fut déchu en démon, gagna les rangs infects d’un règne ténébreux que des kabbalistes nommèrent « Qliphoth ». Ils les
affublèrent de tous les défauts qui font le caractère de bien des hommes et jurèrent que désormais, ils dormaient ou même, qu’ils étaient des morts.
Tout ceci pour rapporter qu’au moyen âge, Satan, dans certaines circonstances, peut être Pan Priape ou bien Seth Anubis. Les confusions ont tellement été pratiquées qu’on peut trouver, lors d’une cérémonie satanique, Priape pour Belphégor, Priape pour Satan, c’est dire. Ce faisant, dans l’art magique, tout est possible.