Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 16:05

(Suite du chapitre « Anatomie de la femme par des diaboliques »)

 

L’enseignement occulte au sujet des Nymphes ou Ondines leur accorde une puissance esthétique doublée d’un pouvoir d’attraction redoutable. Rappel sur ce qu’écrivait Collin de Plancy à leur sujet : « On rapporte alors qu’il n’est pas impossible que des Sylphes, des Gnomes, des Salamandres ou des Nymphes entendent commercer avec des hommes et connaître des unions. On conçoit par là que ces êtres se plaisent parmi nous quand nous les appelons. Les kabbalistes assurent que les déesses de l’antiquité, et ces Nymphes qui prenaient des époux parmi les hommes, et ces démons Incubes et Succubes des temps barbares, et ces fées qui, dans le moyen âge, se montraient au clair de lune, ne sont que des Sylphes, des Salamandres ou des Ondins. Parmi les Sylphes, nous trouvons les Satyres ». Le comte de Gabalis précise : « Ecoutez-donc jusqu’à la fin, et sachez que les mers et les fleuves sont habités de même que l’air ; les anciens sages ont nommé Ondins, ou Nymphes, cette espèce de peuples. Ils sont peu de mâles et les femmes sont en grand nombre ; leur beauté est extrême et les filles des hommes n’ont rien de comparable ».

 

Le tantrisme évoque ces entités sous le nom de Dâkinî, parfois « Nagy Apsara » (Serpentes de l’Eau), mot sanscrit mais dont les origines peuvent le faire se rapprocher du mot arabe « Djinn » et du mot oriental « Dag » pour « poisson », un dieu ressemblant à un poisson s’étant fait appeler « Dagon ». « Djinn » s’écrivant textuellement « ginn », on obtient par l’union « Dag-ginn-ia » au féminin, mot dont le nombre est 83 (hynygad).

 

Dans le règne infernal, la Nymphe ou Dâkinî prend la forme d’une démone redoutable et prend le nom et la figure de Lilith. Le fameux conte mettant en scène Lilith rend compte « d’innombrables » démons qui l’accompagnent : « (…) Et lorsque le miroir fut enlevé de la maison hantée, la démone vint avec lui. Car, chaque miroir est une porte vers l’autre Monde et est directement relié à la grotte de Lilith ; la grotte où elle eut ses ébats avec ses amants démons. De ces multitudes d’unions, des démons naquirent, qui affluent de cette grotte et s’infiltrent dans le monde. Et lorsqu’ils veulent revenir, ils entrent simplement dans le miroir ». (Howard Schwartz – Les contes juifs du surnaturel ; Harper & Row, San Francisco, 1988) (cf. chapitres « Les milles masques de la Maîtresse (Prêtresse de Lilith) » ; et Le « Miroir »)

 

Par extension, les diaboliques imaginent que le miroir est le sexe féminin, qui a pour forme visible celle de la grotte et où l’on apprend alors qu’elle est un passage pour les démons qui son ses amants, où ils entrent dans ce monde en grande affluence puis retournent de leur côté. Pour cela, les quelques études médicales servant leurs recherches aidèrent à penser que le sexe féminin, puisqu’il est une réplique physiologique à la ressemblance d’une tête de bouc - ou de bélier (la lettre « Hé » qui signale le « féminin » correspond au Bélier dans les arcanes du Tarot) -, le dévot qui l’idolâtrait sacrifiait directement devant Satan lui-même (ou Lilith).     

 

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Le sexe féminin idolâtré, c’est possible ; nous reprenons un précédent propos : « Il existe entre Zohaub et Kermanshah un peuple appelé Nesserah, lequel, comme celui qui, en Syrie, porte le même nom, pratique le culte du sexe de la femme et célèbre les cérémonies rappelant les anciens mystères de Vénus » (note d’Edward Sellon – Francis King – Esotérisme et sexualité). L’auteur cité évoque la Syrie antique et nous savons, d’une lilith et astartépart, que la Vénus grecque vient de cette terre, sous son nom Aphrodite ; que des pratiques dites religieuses mais décrites comme des débauches avaient lieu comme c’est raconté pour la secte des Aphaques, par exemple. Ensuite, le nom même de ce peuple est révélateur : « Nesserah ». Il existe, en effet, ce mot réécrit « Nessirah » (Nun – Samech – Yod – Resh – Hé) en hébreu dont l’enseignement kabbaliste dit : « signifie « séparation ». Adam et Eve ont été initialement créés comme une entité simple, faite d’éléments masculins et féminins, connectés dos-à-dos. La Nessirah est le processus de séparation en deux entités indépendantes, afin qu’ils puissent s’unir face à face ». D’où la « Nessirah », dont le chiffre est 325, est la « fente », assimilée physiquement au sexe féminin. En conséquence, ce peuple « Nesserah » est nommé ainsi parce qu’il vouait un culte à la « Matrice », il est donc un précurseur dans la dévotion portée à Vénus sous sa figure d’un sexe féminin. Au point que Kâlî, Durgâ en Orient, Hathor, Ishtar ou Astarté avaient pris figure de dominatrice.

 

kali overblog

 

Idem chez l’Impératrice Messaline, dont certains mages racontent qu’au cours de ses Bacchanales, elle amenait les mâles très membrés, en compagnie desquels elle sacrifierait pour Priape, enchaînés l’un derrière l’autre, chacun entièrement nu, et qu’elle tirait devant comme une femme traîne un chien par la laisse.  

 

Comme « Nessirah », nous trouvons « Belphégor » ou plus précisément « Ba’al Peor ». Edward Sellon juge probable que « Ba’al » correspond au pôle masculin et que « Peor », signifiant « ouverture » - d’où la bouche ouverte de Belphégor – se rapporte au sexe belphegorféminin. D’où que le culte comprend autant une idolâtrie au Phallus qu’au Mullos. Collin de Plancy, par Leloyer, entend traduire « Peor » par « fendasse » et « crevasse », deux termes volontairement peu élogieux mais excluant toute ambigüité. Ce qui signifie que le culte de Ba’al Peor glorifiait autant le Phallus que le sexe féminin, que des magiciennes (sorcières du moyen âge) et autres courtisanes devaient porter ce dernier comme un emblème des plus puissants. Les diaboliques, constatant combien une femme attirante peut persécuter l’esprit des mâles au point d’en faire ses esclaves, en déduisirent, sur un plan mystique, que le sexe féminin est un symbole de la toute-puissance, en firent un préservatif ou pentacle efficace pour les opérations magiques.

 

edward sellonNous le savons par ailleurs, AO signifia, dans l’antique temple de Seth, autant le « pouvoir féminin » redoutable que la luxure de l’âne ou que le mot de « taureau », emblème viril de la génération et symbole, comme le bouc, de la puissance sexuelle qui est celle de la Bête ou « Heith ».

 

Comme les antiques kabbalistes avaient l’art de personnifier les forces occultes, des diaboliques donnèrent divers noms à cette force foudroyante dont le sexe féminin devint le meilleur emblème, l’appelant Astarté ou Hathor, jusqu’à devenir Lilith en persona, tant cette dernière, héritière des Perséphone et autres divinités étant descendues en enfer, correspondait au rôle qu’on lui attribuait désormais, en qualité d’ex-courtisane et plus célèbre recrue déchue dans les ténèbres.

 

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(Suite au chapitre « Comte de Gabalis et les élémentals ; magie élémentaire »)

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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