Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 16:48

Des pratiques peu coutumières sont décrites dans des rites anciens :    

  

« Le temple des Aphaques était très ancien. L’auteur du « Traité de la Déesse de Syrie » en parle comme d’une antiquité vénérable. Eusèbe en fait un tableau hideux. C’était, suivant lui, de vieilles masures, entourées d’arbustes et broussailles épaisses, où aucun chemin, aucun sentier n’aboutissait. Les ministres du temple y tenaient école de débauche. Des hommes efféminés, impudents, pour apaiser le démon qui y présidait, se livraient entre eux aux excès du plus honteux libertinage. En outre, des hommes et des femmes mariés s’y réunissaient, se confondaient ensemble, et assouvissaient la violence de leurs désirs. Il raconte des choses semblables du temple d’Héliopolis, et dit que les habitants y prostituaient leurs filles aux étrangers qui passaient dans leur pays ».

 

Puis : « Les cérémonies qu’on observait dans le culte rendu à Baal-Peor Belphégor (Priape) ont exercé la plume de plusieurs commentateurs de la Bible, et d’autres savants. Il paraît que la principale consistait à se présenter nu devant l’idole. Les adorateurs, suivant Phillon, mettaient devant elle en évidence toutes les ouvertures extérieures du corps. Le texte de la Bible semble dire qu’ils s’offraient à l’idole pour se prostituer à elle. Beyer, dans ses additions sur Selden, conclut du texte de la Bible que les filles moabites se prostituaient d’abord à l’idole, puis aux (hommes) ».

 

C’est exactement pareille pratique que nous trouvons lors du rituel de consécration de la femme lorsqu’elle se présente devant Satan, lors d’une Messe Noire datant du premier moyen âge. Nous racontons.

 

      

Ainsi, de belles bourgeoises au sang chaud, au tempérament volcanique, fréquentaient des religieux adorateurs de saint Foutin le descendant de Priape devenu Belphégor pour les uns, doublé d’une tête de mort et voilà Satan, lesquels, mi libertin mi magicien, organisaient, dans les cryptes ténébreuses de leur église, des cérémonies religieuses particulières. Ayant un peu étudié des pratiques magiques et des envoûtements datant des temps antiques (Bacchantes), ils expérimentaient avec des « virago », des femmes sexuellement entreprenantes, les moyens de fréquenter assidûment leur dieu figuré par un Bouc au pieu dressé. Des demandes pour des conjurations de la luxure, de la compassion ou de la destruction d’autrui (malédiction) étaient nombreuses et le prêtre n’avait que l’embarras du choix. La femme d’un haut rang dans la noblesse se déshabillait nue, ou presque, gardant quelques dessous en dentelles pour attirer plus vite les démons, dévoilait ses charmes indécents au prêtre accompagné d’un ou plusieurs acolytes, s’allongeait sur le lit servant d’autel, tandis qu’on brûlait les cierges et allumait l’encens propice à Asmodée, à moins que ce ne fut du laurier-cerise mélangé à de l’élémi, la solution radicale pour rendre luxurieux quiconque. Pendant l’effeuillage sensuel, le prêtre prononçait à voix basse : « Hekas, Hekas, este bebeloï ! », signifiant « Hors d’ici, profane ! » ; et prenait son fusain pour marquer sur la poitrine de la bourgeoise le fameux chiffre 666, dessinait le pentagramme inversé sur son ventre, dont le centre était son nombril, et le nom en hébreu du démon invoqué pour l’heure sur sa croupe préalablement rasée en partie. L’huile sainte, qui n’était pas celle servant à oindre les prêtres, mais aromatisée d’herbes aux senteurs enivrantes, était versée par quelques gouttes sur le ctéis.  

 

Pour consacrer cet autel qui était la croupe nue, deux façons étaient possibles : la première consistait à ce que la femme vienne se frotter contre la figure de bois du Bouc ou Priape ou Satan (on l’appelait « Satan » qui était son titre, mais son nom dans ce cas fut Belphégor). L’autre méthode était plus puissante encore : la femme était allongée, écartait ses jambes, s’ouvrant ainsi à Satan. Le prêtre et son acolyte sortaient de derrière le rideau une statue (en bois le plus souvent) d’un Baphomet qu’ils présentaient au-dessus du corps nu de la femme ; ils le posaient quelques instants sur son ventre puis approchaient la tête du Bouc devant son sexe ouvert. Là, ils retournaient la stèle car le phallus du dieu (démon) était dans son dos. Jules Michelet l’écrit ainsi : « La sorcière dressait son Satan, un grand Satan de bois, noir et velu. Par les cornes et le bouc qui était près de lui, il eût été Bacchus ; mais par ses attributs virils, c’était Priape. Ténébreuse figure que chacun voyait autrement. A lui Priape de sacrer sa prêtresse. Le dieu de bois l’accueille. Conformément à la forme païenne, elle se donne à lui, siège un moment sur lui. Elle en reçoit ainsi l’âme, la vie, la fécondation simulée. Dès lors, elle est l’autel vivant ». (Jules Michelet – La sorcière) Et Johannès d’Aguerre dit que « le diable en forme de bouc avait son membre au derrière et connaissait les femmes « en agitant et poussant celui-ci contre leur devant » » (Jules Delassus – Les incubes et les succubes). Le verbe « connaître » utilisé ici signifie, selon les auteurs de la Bible, « avoir des relations sexuelles avec… ».

 

Le prêtre et son acolyte retournaient la figure du Bouc lascif, le montraient ainsi de dos, et l’on voyait alors son membrum viril dressé d’une manière offensive ; le prêtre le consacrait d’abord en prononçant ces : « Per intercessionem beati Satanas, liberet te ab omni malo. Amen » ; puis versait quelques gouttes d’une huile sainte dessus.

 

Il consacrait encore la croupe nue en faisant sur elle un signe de croix particulier. Il se plaçait devant ses jambes écartées, prenait une dague d’acier dans sa main droite, pointait son ventre, donc le Nord, et disait : « Au nom de Belphégor » ; puis descendait vers l’orifice le plus serré (Sud) et poursuivait : « de Satan » ; allant à droite, qui était la gauche de l’autel (Ouest) : « de Lilith » ; enfin, s’orientant à gauche et touchant la cuisse droite (Est) avec son poignard : « et d’Asmodée » ; finissant les mains jointes : « Le Olam Amen ». 

 

Les hommes pointaient alors ce simulacre devant l’autel dédié à Satan et tentaient la pénétration, seul moyen de consacrer la femme. Seulement, la croupe ne signifiait pas seulement le devant mais le derrière aussi. Car les vœux ne portaient point seulement sur la génération, cette demande était faite par les femmes qui formaient la « masse populaire » mais beaucoup moins l’élite aisée ; les bourgeoises réclamaient des aventures, du luxe, des beaux vêtements, elles usaient de cupidité, de convoitise, et exigeaient de la luxure en abondance. Pour cela, elles étaient en affaires relationnelles avec des hommes notables ou non, mais toujours aisés dont elles espéraient toujours tirer le meilleur parti. Quand le mari n’assumait pas le niveau de luxe exigé par ces dames, elles décidaient d’engager les plus basses initiatives pour obtenir leurs fins, allant de la prostitution jusqu’aux messes les plus débauchées. Le luxe et l’aisance importaient davantage que la génération : aussi sacrifiaient-elles ardemment, ces belles dames, au culte de Sodome. Jules Delassus écrit sur ce point que « Satan sodomite avait coutume de posséder les belles « à la manière ordinaire et au rebours ». Ou bien encore, sans distinction esthétique, le démon incube besognait à la fois dans les deux vases, car sa mentule était fourchue. Il préférait aussi les femmes mariées aux vierges, parce que l’adultère était un péché plus grand. (Jules Delassus – Les incubes et les succubes)

 

 

Les femmes trompaient leur mari avec plus d’envie encore, motivées par les approches charnelles avec Satan. Comme c’est rapporté dans le texte suivant : « Les pèlerines parisiennes n’avaient de dévotion que pour les moines, et se rendaient secrètement dans leurs convents. Leurs maris se plaignirent de leur longue absence ; elles répondirent qu’elles viennent d’un pèlerinage ». (Jacques-Antoine Dulaure – Histoire civile, physique et morale de Paris)

 

Aussi, des orifices de la croupe nue celui qui fut dédié à Satan ne fut plus le vase de la génération, « car il y avait assez de pauvres pour faire des gosses, aux riches le luxe et les bonnes affaires », mais l’autre, le plus étroit, celui dont on était sûr, par ailleurs, qu’utilisé avec ses amants, il ne laissait aucun risque de voir naître neuf mois plus tard un nouveau-né. On prit ainsi pour principe d’honorer la Vénus luxurieuse (Vénus noire) celle des Gnostiques et non celle des Romains, responsable de la génération.

 

La femme autel souleva ses jambes en arrière, à moins que d’autre femmes présentes pour l’office l’aidassent à le faire, jusqu’à ce que le prêtre et son acolyte, tenant l’idole de bois chacun d’un côté, parvinrent à introduire dans l’orifice le plus étroit le simulacre du membrum viril. Quelques allers et retours dans l’antre serré, et le prêtre murmure des paroles sacrées : « Satan, ora pro nobis ». (La litanie pouvait continuer ainsi : « Lucifer : miserere nobis. Belzébuth : miserere nobis. Léviathan : miserere nobis. Belzébuth, prince des séraphins : ora pro nobis. Balbérith, prince des chérubins : ora pro nobis. Astaroth, prince des trônes : ora pro nobis. Rosier, prince des dominations : ora pro nobis. Carreau, prince des puissances : ora pro nobis. Bélias (Bélial), prince des vertus : ora pro nobis. Perrier, prince des principautés : ora pro nobis. Olivier, prince des archanges : ora pro nobis. Junier, prince des anges : ora pro nobis. Sarcueil : ora pro nobis. Fume-Bouche : ora pro nobis. Pierre-de-Feu : ora pro nobis. Carniveau : ora pro nobis. Terrier : ora pro nobis. Coutellier : ora pro nobis. Candelier : ora pro nobis. Béhémoth : ora pro nobis. Oilette : ora pro nobis. Belphégor : ora pro nobis. Sabathan : ora pro nobis. Garandier : ora pro nobis. Dolers : ora pro nobis. Pierre Fort : ora pro nobis. Axaphat : ora pro nobis. Prisier : ora pro nobis. Kakos : ora pro nobis. Lucesme : ora pro nobis ».)

 

Ce à quoi la femme-autel répondait, en récitant ces paroles : « Je te promets, Satan, que je te servirai toute ma vie, et te donne mon cœur et mon âme, toutes les facultés de mon âme, tous les sens de mon corps, toutes mes œuvres, tous mes désirs et soupirs, toutes les affections de mon cœur, toutes mes oraisons et mes pensées, je te donne toutes les parties de mon corps, toutes les gouttes de mon sang, tous mes nerfs, tous mes ossements et toutes mes veines, et tout ce qui est dans mon corps et ce que créature pourrait offrir. En confirmation de quoi, j’écrirai et signerai par la présente toutes les affections de mon propre sang ».

 

On reconnaît aux chanoines « qu’ils étaient, d’entre tous les religieux de ce moyen âge, les plus libertins » ; d’où, sûrement que plus tard, devant pratiquer dans l’ombre et en grand secret, certains soient devenus à l’image du fameux chanoine Docre, personnage vedette du livre de Joris-Karl Juysmans « Là-bas ».

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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