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Nous évoquons ici et là les vampires, et même que « certains sorciers noirs les
créèrent ». Révélant toutes sciences occultes, le mage Papus émet un avis de non recevoir au sujet du vampirisme, titrant : « Mystère horrible du vampirisme », avec, entre
parenthèses : « Nous nous garderons bien de laisser transpirer ici le moindre indice ». Il est vrai que dans ce domaine, les enseignements sont inexistants et notre imagination
cède alors à la culture cinématographique, convaincue que les mystères des vampires appartiennent aux forêts sombres des pays slaves et que Dracula est le seul exemple
célèbre.
Mais si Papus ne s’engage pas à révéler quoique ce soit du vampirisme, c’est parce qu’il se sait proche de ce domaine occulte lorsqu’il effectue des expériences dans le domaine de l’hypnose. Nous croyons qu’il ne veut point évoquer des serviteurs de Dracula, nous avons tort. Il se méfie d’aborder pareil sujet car lui sait qu’il s’agit de vampirisme humain. Que des sorciers noirs et autres nécromanciens (nigromans) exercèrent leur maléfique talent à les produire pour causer la mort d’autrui.
Nous citions il y a peu Albert de Rochas, lui-même lisant le poète Edouard Dubus (1863 – 1895), qui écrivait sur ce sujet : « Quelques occultistes sont allés plus loin et, s’appuyant sur l’hypothèse du corps astral ou fluidique, ils ont décrit ainsi et expliqué l’envoûtement à « l’esprit volant » : « Il vous faut, pour l’exécuter, avoir à votre disposition un sujet hypnotisé, dont le corps astral (de nature fluidique) abandonne, sur votre ordre, le corps matériel et soit dirigé par votre volonté vers votre ennemi. Le corps astral ainsi extériorisé, ou bien pénètre la victime qui est désignée et l’étouffe par sa seule pénétration, en arrêtant, par exemple, les mouvements du cœur ; ou bien il l’empoisonne au moyen de toxiques que vous avez eu l’art de volatiliser. L’opération terminée, vous réintégrez dans le corps matériel de votre sujet son corps astral et vous les réveillez. Certains sorciers, craignant des indiscrétions possibles, s’adressent à un corps astral déjà désincarné, c’est-à-dire au corps astral d’un mort ». (Ed. Dubus – L’art d’envoûter)
Les sorciers noirs et autres nécromanciens, antiques ou du moyen âge, utilisaient un médium, à qui ils
soumettaient une figurine de cire pour qu’il la touche et des cheveux, ongles, rognures de lui étaient fixés sur et en elle. Puis ils l’endormaient et extériorisaient son corps astral (fantôme),
qu’ils faisaient déplacer à volonté dans les lieux, jusqu’à l’envoyer s’attaquer à une victime choisie. Ils lui intimaient l’ordre d’entrer dans cette victime, de l’agacer. Lorsqu’ils étaient
convaincus de cet état de fait, ces sorciers, s’étant bien gardés de révéler au médium la finalité de leurs agissements, prenaient une petite cordelette qu’ils passaient autour du cou de la
figurine de cire et serraient jusqu’à plus d’air. Conséquence, « l’esprit volant », siégeant dans le corps de la victime, se trouvait, par correspondance, étouffé, ceci au point que
pour survivre, il devait s’approprier le fluide vital de la victime, ce qu’il faisait, et cette dernière, d’une telle opération, en mourait.
Le grand luciférien Albert Pike procédait directement sur la victime. Il prenait d’elle à son
insu des éléments corporels qu’il malaxait à une figurine de cire ; mais pour l’étouffer, il se servait d’un globe de cristal. Le docteur Bataille nous explique dans le livre de Léo Taxil,
« Le Diable au XIXème siècle » : « Albert Pike envoûte à l’aide d’une poupée de cire. Il prononce sur elle la formule « Sagrapim melanchtebo rostomouck elias phog ».
Mais, au lieu de la percer avec des épingles, il la place sous un globe de cristal, dont le socle est muni d’une petite pompe pneumatique, et fait le vide d’air à l’intérieur du globe. La
personne envoûtée éprouvait alors toutes sortes de malaises bizarres dont elle ne pouvait soupçonner la cause ».
De la même façon, les sorciers noirs et les nécromanciens
inspiraient à un « esprit volant » de s’introduire dans le corps d’une victime, tandis qu’ils possédaient sa figurine de cire qu’ils avaient pris soin de placer sous un globe de
cristal. Une pompe pneumatique permettait de faire le vide à l’intérieur du vase, et s’en suivait un manque d’air progressif chez le fantôme qui, faute de mourir, s’appropriait le fluide vital de
la victime.
Ce genre de pratiques a existé au moyen âge. Des enquêtes furent diligentées et des
sorciers noirs furent condamnés au bûcher. Aussi, pour empêcher que des sujets médiumniques utilisés par eux aillent ensuite, volontairement ou sous la contrainte, avouer ces sorcelleries, des
nécromanciens invoquèrent des esprits morts parmi celles et ceux qui, du temps où ils vivaient, avaient réussi à remplir un Curriculum Vitae impressionnant d’exploits
maléfiques.
Heureusement, ces mystiques n’utilisèrent pas seulement ces procédés vampiriques à des seules fins de causer la mort d’autrui mais aussi de suggérer le désir sexuel, domaine qui nous préoccupe davantage et que nous développerons plus loin.
Les mêmes sorciers noirs et les nécromanciens prenaient
des médiums femmes, dont
la réputation d’aimer les hommes
plus que de raison était attestée. Au point d’être surnommées les « mangeuses d’hommes ». Elles étaient mises sous hypnose puis leur sensibilité était déplacée et envoyée dans un
monastère. Il s’agissait d’irriter l’existence protégée de ces moines cénobites qui vivaient loin des plaisirs et s’adonnaient à la méditation et à la prière dans l’ascèse. Ces « esprits
volants » s’attaquaient alors aux victimes allongées silencieusement sur leur lit, le plus souvent la nuit, et les agressaient, animant leur esprit des plus obscènes visions. Des moines se
réveillaient alors en sursaut, conscients de subir des attaques de succubes et ne trouvant d’autre moyen de s’en libérer, se fouettaient, le démon n’aimant pas, selon les témoignages, ce genre de
blessures.
Le treizième siècle étant réputé le siècle des flagellations, l’Histoire rapporte qu’après la confession du vendredi, nombre des moines se faisaient flageller, cherchant ainsi le moyen de se libérer des nombreux succubes qui les tourmentaient.
Joris-Karl Huysmans écrit dans
« Là-bas » : « Je dois diviser les hommes atteints d’incubat et de succubat en deux sortes : (…) la seconde est composée de gens
auxquels l’on a imposé, par voie de maléfice, la visite de ces esprits. Ceux-là
sont très nombreux, surtout dans les couvents que les sociétés démoniaques assiègent. Ordinairement, ces victimes finissent par la folie. Les maisons d’aliénés en regorgent. Les médecins, la
plupart des prêtres ne se doutent pas de la cause de leur démence, mais ces cas-là sont guérissables. Un thaumaturge que je connais a sauvé bien des maléficiés qui hurleraient, sans lui, sous le
fouet des douches ! Il y a certaines fumigations, certaines exsufflations, certains commandements portés en amulettes et écrits sur une feuille de parchemin vierge et par trois fois béni,
qui presque toujours finissent par délivrer le malade ! »
« Gévingey assure avoir été visité par un succube. Ce cas n’est point rare. Je sais, parbleu, qu’à la Salpêtrière, des femmes atteintes d’hystéro-épilepsie voient des fantômes à côté d’elles, en plein jour, besognent avec eux lorsqu’elles sont en l’état cataleptique et couchent, chaque nuit aussi, avec des visions qui rappellent à s’y méprendre les êtres fluidiques de l’incubat ».
« - Une question : la femme reçoit-elle la visite de l’incube pendant qu’elle dort ou pendant qu’elle veille ?
-Si la femme n’est pas maléficiée, si c’est elle qui a
voulu s’accoler volontairement à
un esprit de vice impur, elle est
toujours éveillée lorsque l’acte charnel a lieu. Sinon, au cas où elle est victime d’un sortilège, le péché se commet durant son sommeil ou parfaitement éveillée, mais alors elle est dans un état
cataleptique qui l’empêche de se défendre. Tel docteur en théologie m’assurait avoir sauvé des religieuses chevauchées sans arrêt, ni trêve, pendant deux, trois, quatre jours, par des
incubes ! L’immondice des détails m’arrête, ce que je puis vous raconter est plus qu’étrange. Sachez-le donc, l’organe de l’incube se bifurque et, au même moment, pénètre dans les deux
vases. D’autres fois, il s’étend et pendant que l’une des branches agit par les voies licites, l’autre atteint en même temps le bas de la face… Vous pouvez vous figurer, messieurs, combien la vie
doit être abrégée par ces opérations qui se multiplient dans tous les sens ».
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