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« Les moines cénobites* du premier moyen âge et les religieux de Paris avaient
une conduite aussi scandaleuse que celle des autres ecclésiastiques. Maillard rapporte plusieurs exemples de leurs débordements et de leur mépris pour les convenances. « Les religieux
courent les rues de Paris, scandalisent les novices par leur mauvaise conduite ; il en est qui tiennent des cabarets, j’en vois qui fréquentent des lieux de débauche (in Lupanar) ; j’y
vois aussi entrer un abbé qui ne s’occupe qu’à entasser de l’argent pour des friponneries. Aujourd’hui, dot notre prédicateur, les ecclésiastiques sont plus scandaleux que les séculiers ;
ils les surpassent en infamie et en turpitudes ».
(*Aux premiers temps du christianisme, le cénobitisme était une forme de vie
monastique en communauté, propre aux cénobites ; par opposition, les anachorètes ou ermites, vivaient seuls une vie consacrée à la prière et la contemplation. L’étymologie explique bien cette
différence essentielle, à travers deux mots grecs : koinos qui signifie « en commun » et bios qui signifie « vie ». C’est l’anachorète Pacôme de Tabennesis qui est considéré
comme l’initiateur des premiers monastères, tant masculins que féminins, sur un modèle militaire à partir de 315 en Égypte. Jean Cassien importa cette organisation monastique dans l’Occident
chrétien autour de l’an 400.
Dans les premiers exemples de vie cénobitique, les moines s’en remettaient à l’autorité d’un patriarche, d’un ancien, souvent appelé « abba » (père) ; par la suite, fut instituée l’élection d’un supérieur du monastère (l’abbé ou prieur), à qui les moines doivent une absolue obéissance.
En Orient, saint Sabas le Sanctifié, au sixième siècle, fit nommer deux supérieurs, appelés « archimandrites », comme responsables devant les autorités civile et religieuse de Jérusalem, l’un pour les laures (le premier fut Sabas lui-même), l’autre pour les cenobia (le premier fut Théodose « le cénobiarque » – source : Wikipédia)
Aujourd’hui, dans un domaine plus ludique, le cénobite, héros de la saga Hellraiser, est un « démon vêtu de cuir venu du royaume connu de nous comme étant l’Enfer, un serviteur de Léviathan ».
Est-ce le fruit du seul hasard ou un trait de génie du dieu des lettres, mais les descriptions rapportées ici avec les agissements de certains cénobites correspondent si bien avec le mot qui est son anagramme parfaite, « obscénité » :
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au point qu’il y a lieu de s’interroger si « obscène » ne sous-entendait pas « cénobite », comme aujourd’hui « meuf » veut dire « femme ».)
« Les religieuses ne sont pas exemptées de cette descente aux enfers de
la lubricité : « Les mœurs des religieuses, si l’on en croit les plus graves écrivains du temps, n’étaient pas plus régulières. Le respectable Jean Gerson, chanoine et chancelier de
l’église de Paris, qui avait sans doute puisé dans les couvents de cette ville ou de ses environs ses notions sur la conduite des filles cloîtrées, parle de leurs maisons comme de lieux de
débauche : « Ouvrez donc les yeux, dit-il, et voyez si ces couvents de moinesses ne ressemblent pas aux repaires de la prostitution (quasi prostibula
meretricum) ».
Nicolas de Clémangis, docteur de Sorbonne, recteur de l’Université, et professeur au
collège de Navarre en cette ville, confirme le témoignage de Gerson : « Que de choses à dire sur ces couvents de religieuses, qui sont moins des communautés de vierges consacrées à
Dieu, que des lieux de prostitution, habités par des femmes livrées à tous les excès de la débauche, à la fornication, à l’inceste, à l’adultère, à tous les actes de luxure et de méchanceté en
usage chez les femmes publiques ; nos monastères sont-ils autre chose que des « infâmes repaires de Vénus », qu’un refuge où des jeunes gens, lascifs, impudiques, viennent assouvir
leur luxure ? Et aujourd’hui, n’est-il pas reconnu que faire prendre le voile à une jeune fille, c’est comme si on la livrait à la prostitution dans un lieu de débauche ? C’est à ce
sujet que le prédicateur Barlette s’écrie : « Oh ! Que de luxures, que de sodomies, que de fornications ! »
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