Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 14:51


Aux temps infâmes de saint Foutin, des prélats, partagés entre le culte de Priape voué au sexe et ce même déclaré « péché mortel » par les convertis au crucifié, ayant lu certains écrits datant de Bacchus sur la sorcellerie antique et sauvés in extremis des flammes de la censure catholique, conclurent que le postérieur de la femme servait aux basses œuvres de la magie, qu’il en était un « associé », sans conteste possible le symbole de l’insolence, au point de devoir le punir. Les élus du crucifié ayant instauré la pratique de la confession, des prélats l’utilisèrent à des fins personnelles*, attisant les femmes de conter leurs séductions puis de désigner comme fautif coupable leur postérieur.

 

(*« Les confesseurs, les jeunes prêtres surtout, doivent prudemment s’abstenir des questions indiscrètes qui mettent les personnes mariées dans de grands embarras, mais ils doivent s’abstenir de donner à tort l’absolution, lorsqu’ils sont persuadés que leurs pénitents sont dans le cas de péché mortel ; (…) le confesseur n’interrogera pas tout d’abord sur le fait principal mais sur les accessoires. Au lieu de questionner sur le péché que la pénitente aura commis, et qu’elle n’ose pas expliquer, il lui dira : « Combien de fois l’avez-vous commis ? » Si la pénitente hésite à répondre, ou si elle laisse entendre en effet qu’elle a commis le péché, le confesseur lui demandera si elle l’a commis un nombre de fois beaucoup plus grand qu’elle ne l’avait cru. Alors la pénitente voyant son vice deviné, elle dira combien de fois elle a péché. (…) Il y a péché mortel et sodomie incomplète quand le coït se fait dans le vase postérieur de la femme, car c’est une grave infraction aux lois de la nature. Il n’est même pas permis de le commencer là avec l’intention de l’achever dans le vase légitime, attendu que, quelle que soit l’intention, et quoi qu’on ait pu dire, cet attouchement ne peut être considéré comme une particularité de l’acte conjugal et appartient au domaine de la luxure. La femme ne doit donc jamais, fût-elle-même menacée de mort, consentir à une telle union qui est pire que la fornication, et ne peut en aucun cas être tolérée (en somme, l’Eglise préfère que la femme en question se fasse tuer plutôt qu’elle pratique par le vase postérieur – NDA). Cet acte du coït dans le vase postérieur, contre nature, dit saint Augustin, est exécrable dans une prostituée, et il l’est bien plus dans une épouse. Lorsqu’un mari veut se servir de cette partie du corps de sa femme, celle-ci est bien plus coupable si elle y consent que si elle permettait l’usage de toute autre partie ».

 

« Le confesseur posera donc ainsi ses questions : « Avez-vous eu des pensées impures et déshonnêtes ? Depuis combien de temps ? En quoi consistaient-elles ? D’où vous étaient-elles venues ? Est-ce de l’aspect de votre corps ou de celui des autres ? Sont-ce des propos obscènes qui les ont fait naître ? Ces pensées ont-elles excité en vous des mouvements impurs ? Avez-vous désiré faire ce à quoi vous pensiez ? L’avez-vous essayé ? Vous êtes-vous masturbé ? Y a-t-il eu des attouchements impurs ?... On peut ainsi sans danger découvrir le péché de la pollution chez n’importe qui ; celles qui n’avouent pas ne sont pas parfaitement chastes pour autant ; car il s’en trouve certaines qui, bien que souillant journellement leur corps par la pollution et d’autres impudicités, seraient, si on les croyait, pures de toutes pensées obscènes. Demandez-leur si elles se sont regardées, ou en ont regardé d’autres à des endroits déshonnêtes en ayant ensuite des émotions sensuelles. Le confesseur a alors parfaitement le droit de leur demander si elles ont porté sans nécessité la main à des endroits inconvenants ; si c’était par plaisir ; si elles l’avaient continué jusqu’à ce que leur chair fût complètement épuisée. On arrive facilement par ce biais à faire avouer aux femmes la fornication ». Avec certaines femmes mûres ou des hommes faits, il n’est pas besoin de tant d’ambages, la nature est si faible, la concupiscence si aveugle, le diable si puissant : « Avez-vous donné des baisers à des femmes mariées ? Avez-vous pris des libertés avec elles ? Les avez-vous touchées par-dessus ou par-dessous leurs vêtements, à la poitrine ou aux parties honteuses ? Avez-vous commis le péché avec elles ? » (Les arcanes du Diable – Monseigneur Bouvier - Manuel secret des confesseurs ou Diaconales – éditions Jean de Bonnot) Si une seule chose est d’évidence, c’est bien que les « puritains semblent toujours préoccupés par ce qui se passe dans le lit d’autrui… »

 

Manifestement  si le Dieu catholique est d’un puritanisme chevronné, comment-a-t-il pu créer cet homme entièrement érotique que nous sommes chacun ? Au fond, s’il voulait tant le voir adopter un comportement aussi chaste, quelle erreur a-t-il commise de le rendre si inspiré par les forces de la luxure ! 

 

Les Pères de l’Eglise répondent à cette accusation, disant que « pour faire comprendre la malice de ce péché (luxure), vous saurez, mon frère, que le Créateur a mis en nous une inclinaison très forte vers les choses de la luxure, parce que si l’homme eût été comme une statue, sans ressentir les aiguillons de la chair, le genre humain eût disparu de la terre en fort peu de temps ». (Même auteur que précédent)

 

C’est sans compter sur les Gnostiques antiques, les Ophites, qui enseignaient justement que « l’homme, engendré par Ildabaoth, porté spontanément par la Terre, fut posé là sans la respiration, sans pouvoir bouger, sans le moindre désir, comme une statue (Dieu ne put en faire davantage). C’est Sophia Achamoth (Prunikos ou la Concupiscence) qui, par l’entremise de son serviteur le Serpent Ophis, insuffla l’âme en l’homme. C’est cette âme insufflée en lui qui l’anima, qui est la cause efficiente de toutes ces choses qui veulent évoluer, se nourrissent et agissent. Sans une âme, l’évolution et la nutrition sont impossibles. Si l’âme la maîtresse des sens, elle l’est de l’érotisme, donc de la luxure (C.W. King – Les Ophites).

 

Cette version gnostique rend incompétent le Seigneur que les Pères de l’Eglise reconnaissent comme le Tout-Puissant pour ce qui est de la luxure des hommes - qui est l’œuvre de Sophia via Ophis le Serpent (dont l’autre figure est Pan Priape le Bouc) -, puisqu’il engendra l’homme « comme une statue ». Qu’il soit devenu apte à la sensualité peut l’irriter, au point d’inspirer à ses fidèles de lutter contre les amants d’Eros.)    

 

Si une table en bois noble servait d’autel au crucifié, le postérieur de la femme devint celui de Satan, au point que « les écritures sataniques » s’autorisèrent à affirmer que « la puissance du Sathan s’exerce en sortant du postérieur de la femme ».

 

Bien sûr, pour ces mêmes prélats, le fautif coupable devant être puni pour être absous de ses péchés, la pénitence première ne pouvait être autre que la sodomie. Bien souvent, elle était précédée, suivie ou remplacée par la flagellation. Jacques-Antoine Dulaure écrit : « Dans les premiers siècles du christianisme, les prélats fouettaient les pénitents pour les réconcilier à l’église. Lorsque vers la fin du onzième siècle, a confession fut généralement établie parmi les chrétiens, les confesseurs fouettèrent eux-mêmes leurs pénitents et pénitentes, qui, pour cette exécution, se plaçaient dans un lieu secret. Cette manie ne se calma un peu qu’au seizième siècle, où les fouetteurs furent organisés en sociétés de pénitents et de battus, qui se sont maintenus jusqu’à ces derniers temps (1800 – NDA). Ils eurent la permission de se déchirer la peau tant qu’ils le voudraient ; et non pas celle de vagabonder en se fouettant ». (Jacques-Antoine Dulaure – Les divinités génératrices)

 

Ces mauvais prélats punissaient le postérieur de la femme pour son degré infini d’insolence, si redoutable en effets produits sur autrui, qu’ils jurèrent qu’une puissance démoniaque était à l’œuvre dans ses chairs et l’accusèrent de sorcellerie ; au point de s’adresser à lui comme s’il s’agissait d’une personne. Le dialogue suivant entre Giacomo Casanova et une femme (Casanova de Fellini) est directement inspiré d’un pareil discours entre un prêtre confesseur de l’an 1000 et une dame qui vient le trouver, avouant ses péchés en accusant son postérieur d’être le coupable de ses séductions illégitimes ; extrait :

 

Femme : « Il a recommencé à faire le fou, tu sais ?

Giacomo Casanova : Encore. C’est inouï !

F : Puisque je te le dis ! Pire que jamais ! Il se comporte avec une insolence !

GC : Mamie, c’est un vrai martyre ! Ne penses-tu pas qu’il faille punir ce désobéissant, ce rebelle ?

F : Que puis-je faire de plus ? J’essaie de le cacher autant que je le peux ; mais c’est un tel impudent, un tel effronté ! Il s’expose honteusement ! Il fait tout pour se faire remarquer ! Je vis dans la terreur que soudain il se mette à parler, à me railler, à me rendre encore plus ridicule.

GC : Il est imbu de sa petite personne, il semble qu’il soit exalté, qu’il enfle de jour en jour, n’est-ce pas ?

F : Oh oui ! Et il fait scandale à l’église ! Il détourne les fidèles de leurs pieuses pensées. Ce qu’il fait pour attirer les regards ! Instrument de sacrilège, il interrompt le dialogue avec Dieu pour emplir les yeux des fidèles de son galbe gras et rond !

GC : Il n’y a pas ! Il doit être châtié !

F : Il faut le fouetter !

GC : Découvre-le ! Depuis si longtemps, je rêve de l’entendre crier !

F : Mortifie ma chair ! Fais pleurer cet impudique ! Pas de pitié ! »

 

Le dialogue au confessionnal est sensiblement le même avec le prolongement suivant. Le prêtre fait sortir la femme, « lui fait épouser les formes d’une table, implore : « Découvrez-le Madame, cet odieux effronté, que je puisse juger à vue du degré de complicité qu’il tient avec Satan » ; la femme soulève ses jupes, dénude son fessier ; l’homme saint reprend : « En effet, l’effronterie dépasse l’entendement ; le goujat s’y entend pour attiser les mauvaises pensées ; je crains qu’une seule pénitence ne suffira pas pour l’absoudre de ses péchés, à ce gros-là… » Faisant des gestes sacrés dessus, récitant deux trois paroles en latin, le confesseur, pris d’une forte érection, dépose sur son vit l’hostie consacrée et pénètre l’orifice de l’effronté. « Oui, mon Père, punissez-le, c’est sa faute à lui si j’attire sur moi tant de regards concupiscents » ; le coït anal double d’élan bestial au point que le prêtre ne peut y tenir davantage, il succombe. « Satan m’a eu, sa puissance est redoutable, je n’ai pas pu en venir à bout du Malin ; il me faut de l’aide pour exorciser ». Alors, il appelle un acolyte. « Prends ma place, l’effronterie de ce complice du Diable est telle qu’un seul saint ne parvient pas à l’annihiler ». L’acolyte présente un priape deux fois plus ardent, sur le gland duquel on dépose une hostie*, prononce une bénédiction et l’enfonce dans le vase de l’insolent. Plus jeune que le confesseur, le mâle ouvrage avec véhémence. Pourtant, il ne parvient pas davantage à la purification de l’obscène. Un troisième acolyte est réclamé. La femme demande à changer de position, elle s’allonge sur l’autel, relève ses jambes. « Comme cela, c’est pire encore, dit le confesseur, le coupable montre une telle effronterie qu’il usera chacun de mes acolytes sans qu’ils en viennent à bout de lui. Dans cette position, Satan montre combien il est persuasif dans son art salace de corrompre la raison ». Le troisième acolyte vient connaître la femme, tandis que le confesseur s’empare du goupillon, tentant une bénédiction au-dessus de la copulation contre nature. Mais le fornicateur succombe à son tour devant le Malin, il est pris d’une contraction trop forte qui le contraint de gicler sa semence sur les lieux à peine bénis. Il souffle tel un asthmatique tandis que la femme brûle d’un feu ardent, en réclame davantage, ses yeux jouissent d’un foutre subtil et ses regards répondent comme des ordres donnés. « Tant pis, dit le confesseur, l’exorcisme sera long mais c’est œuvre louable de vouloir en venir à bout ; nous irons jusqu’à dix acolytes**… »       

 

(* On trouve pareil geste sacrilège dans les scènes suivantes écrites par le Marquis de Sade : « Irrités de ce premier crime, les sacrilèges ne s’en tiennent point là : ils font mettre nue cette enfant, ils la couchent à plat ventre sur une grande table, ils allument des cierges, ils placent l’image de notre Sauveur au milieu des reins de la jeune fille et osent consommer sur ses fesses le plus redoutable de nos mystères. Je m’évanouis à ce spectacle horrible, il me fut impossible de le soutenir. Le moine Sévérino, me voyant en cet état, dit que pour m’y apprivoiser, il fallait que je servisse d’autel à mon tour. On me saisit ; on me place au même lieu que Florette ; le sacrifice se consomme, et l’hostie... ce symbole sacré de notre auguste religion... Sévérino s’en saisit, il l’enfonce au local obscène de ses sodomites jouissances..., la foule avec injure..., la presse avec ignominie sous les coups redoublés de son dard monstrueux, et lance, en blasphémant, sur le corps même de son Sauveur, les flots impurs du torrent de sa lubricité ! » (Marquis de Sade – Justine ou Les malheurs de la vertu)

 

« La messe se disait, et les ordres donnés pour que mes désirs s’exécutassent avec la même célérité que ceux du souverain pontife. Dès que l’hostie fut consacrée, l’acolyte l’apporta sur l’estrade et la déposa respectueusement sur la tête du vit papal ; aussitôt qu’il l’y voit, le bougre m’encule avec. » (Marquis de Sade – Juliette ou Les prospérités du vice))

 

(** L’Eglise condamna ces pratiques par les articles suivants : (Les arcanes du Diable – Monseigneur Bouvier - Manuel secret des confesseurs ou Diaconales – éditions Jean de Bonnot)

 

« Il ne suffit pas que le pénitent dise qu’il a eu de mauvais désirs ou qu’il a désiré commettre des actes impurs ; il doit spécifier l’objet de ses désirs : l’union charnelle, ou seulement des regards, des attouchements, avec une personne en général et de quel sexe, ou avec une personne déterminée, libre ou liée par un engagement quelconque ».

 

« Le sacrilège, en tant que péché de luxure, est la profanation d’une chose sacrée par l’acte charnel. Par chose sacrée, on entend : une personne consacrée à Dieu, un lieu destiné au culte, et autres objets spécialement consacrés ».

 

« Si une personne consacrée à Dieu était la cause d’un péché de luxure commis par une personne libre, elle serait coupable de scandale ».

 

« Tout acte vénérien (baisers, attouchements impudiques, fornication), accompli volontairement, même d’une manière cachée, dans un lieu sacré, entraîne la malice du sacrilège. Le lieu saint se trouverait souillé par la publicité de cet acte et par l’écoulement de la matière séminale, quoiqu’elle ne fût pas répandue sur le pavé ». (Décrét., tit.68, c.3)

 

« L’union charnelle accomplie sans nécessité dans le lieu sacré entraîne la malice du sacrilège ».

 

« Ainsi encore, le prêtre qui, en administrant les sacrements, en célébrant la messe, ou revêtu des ornements sacrés pour la célébrer, ou même en descendant de l’autel, se livre volontairement à la pollution, ou se délecte dans les plaisirs vénériens, ne peut être excusé du double sacrilège ». (Saint Ligori, I. 3, n°463))

 

Ces confesseurs réclamaient des femmes les détails les plus obscènes sur leurs agissements luxurieux, et chaque fois, ils montraient ce postérieur comme le coupable pour tant d’insolence. Il méritait châtiment, punition et correction ; et parfois, il était jugé si effronté qu’un prélat seul ne suffisait pas pour en découdre avec son impudence, il en fallait plusieurs ! Ils avaient bien lu dans les « écritures secrètes du Diable antique » qu’aux temps jadis, des sorciers voulant procéder à un envoûtement hypnotique d’une victime, avaient convoqué une messe où l’autel devait être chargé d’un magnétisme redoutable, aussi prirent-ils la plus belle fille de la ville, la déshabillèrent, l’allongèrent et firent la cérémonie satanique… sur son postérieur. Ils écartèrent les parties charnues et devant le vase postérieur, appelèrent Satan à leur secours. Sachant cela, à quel point des sataniques vouaient à cette partie intime du corps féminin un tel culte, une telle vénération, et connaissant eux-mêmes pour cet endroit une érection puissante, ils le déclarèrent coupable du péché d’insolence, ne pouvant être absous devant le Tout Puissant que par la flagellation ou la sodomie. Ainsi, ces mauvais prélats s’assuraient, en pratiquant scrupuleusement les saintes écritures, de pratiquer les mêmes libertinages que les satanistes.    

Par Jacques Moritz - Publié dans : occulte - Communauté : Sorcellerie Sciences Occultes
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