Partager l'article ! Vénus, Baphomet et le rituel des scènes de débauche: Il est de plus en plus clairement établi que Vénus ne fut pas toujours figurée par une ...
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Il est de plus en plus clairement établi que Vénus ne fut pas toujours figurée par une belle
femme mais bien par un bouc portant à la place de son sexe un caducée : « Le symbolisme utilisé dans la mythologie grecque impose de croire que le caducée est l’emblème d’Hermès. La
remarque suivante tempère pareille évidence : « Le serpent à tête radiée et le serpent à tête surmontée d’un croissant sont comme les symboles de la vie mâle et de la vile femelle, ou
du principe actif et du principe passif de la vie ; ne pourrait-on pas conjecturer que ces deux emblèmes nous révèlent l’origine et la véritable signification des deux serpents qui sont
constamment enlacés autour du caducée d’Hermès ? Ne faut-il pas reconnaître que ces deux reptiles, l’un mâle, l’autre femelle, deviennent des hiéroglyphes idéographiques de la puissance
génératrice complète comme ils le sont sur notre cône auprès de la Vénus assyrienne ou Mylitta ? » (Jean-Baptiste Félix Lajard – Recherches sur le culte, les symboles, les attributs et
les monuments figurés de Vénus en Orient et en Occident ; 1837).
Puis : « Une particularité de la représentation de la Vénus androgyne est qu’elle porte un caducée fait de deux serpents : ceux-ci ne doivent-ils pas être rapprochés des deux serpents enlacés que l’on voit sur des médailles qui appartiennent à des localités où Bacchus recevait un culte particulier ? »
Ainsi prend la place désormais du Priape par rapport à Vénus :
« l’un est l’autre et l’autre est l’un, le tout est hermaphrodite ». « Chez les Moabites ou Médianites, le Baal-Peor ou Belphégor – identifié par ailleurs à Priape – s’assimile à
Baalim ou Belus, et, par conséquent, à l’ancienne Vénus androgyne Bel-Mylitta – ou Mithra - des Chaldéens ».
Remarquons que des prostitutions* du genre de celle qui accompagnèrent sont culte étaient liées, en Lycie, au culte d’Apollon ; en Egypte, à celui de Jupiter Thébéen, et dans l’Inde, parmi les Vanus (nom proche de Vénus) – ou Vamachara (étudiées ailleurs comme « Dâkinî de la Main Gauche, parfois succube ; ici « prostituée sacrée »), au culte de Parvati, l’épouse de Shiva.
(* A croire que l’on créa des dieux à ce point en
nombre pour multiplier les prostitutions tant le commerce en était juteux, car il ne fut pas toujours « sacré », nous n’en doutons point.)
On sait qu’à Abydos en Egypte, un temple était consacré à « Vénus courtisane ». Des Grecs puis des Romains, depuis une certaine époque, ces deux derniers peuples, aussi bien que les Assyriens, ne regardaient-ils pas Vénus comme une divinité féminine, et ne l’adoraient-ils pas sous la figure d’une femme, alors même que les temples de cette divinité renfermaient encore d’antiques statues qui la représentaient avec les signes caractéristiques de l’un et de l’autre sexe ?
« Ces doctrines ont laissé sur le sol de l’Asie
occidentale des traces si profondes, l’adoration du ctéis - ou mullos – n’a pas cessé d’être en usage chez certaines sectes religieuses de l’Orient, et notamment dans une localité célèbre
autrefois par le culte dont Vénus y était honorée. Des mystiques rendirent dans leurs vêpres secrètes un culte aux parties sexuelles de la femme, et le leur rendent chaque vendredi soir,
c’est-à-dire le jour qui fut consacré à Vénus ». En ajout, de la part de l’auteur, « ces cérémonies nous révoltent par leur obscénité. Nous lisons, au sujet de ces vêpres, dans un
écrit intitulé : « Lumière de la chandelle du soir du vendredi », que chaque initié est obligé de faire une confession générale, et que le plus grand de tous les péchés est la
fornication avec les « sœurs » ou les initiées. Mais chez les Nozaïriens, qui ont conservé la cérémonie de l’adoration du ctéis, la cohabitation charnelle est considérée comme le seul
moyen par lequel puisse s’accomplir parfaitement l’union spirituelle ».
La confession porte sur la luxure, les pénitents avouent leur adoration sexuelle, quasi obsessionnelle pour le sexe féminin et la pénitence leur fait fréquenter les femmes présentes charnellement, à moins que certains, jugés trop lubriques, sont punis par Priape lui-même, appelé le « Grand fornicateur ». C’est parce que le confessé aime trop la luxure féminine qu’il vient déposer aux pieds de la maîtresse (vanus) sa soumission et que le Grand fornicateur vient le chevaucher pour sa pénitence.
L’explication de Monsieur Lajard dit bien que le culte déifie « les parties sexuelles de la femme », soit devant et derrière, et non pas seulement le yoni. Ceci en rapport avec l’aspect double de Vénus : « La Vénus liée à la nuit était nommé Vesper ou Hesper, celle du jour, de la lumière, à Lucifer ou Phosphoros. C’est volontairement que je nomme Vesper avant Lucifer et que je place la nuit avant le jour. Dans l’ancien système théogonique et cosmogonique des Chaldéens d’Assyrie, la Nuit, mère de toutes choses, marquait le commencement du monde, et, pour cette raison, on supputait le temps à partir du coucher du Soleil ou de la première heure de la nuit ».
« Une autre représentation nous fait voir un prêtre revêtu d’un costume asiatique et accomplissant un acte d’adoration devant un autel sur lequel on voit un ctéis et l’étoile de Vénus (cinq branches ou pentagramme, qu’on trouve sur le front du Baphomet). Ici, le ctéis semble devenir l’emblème de la déesse elle-même, et nous fait involontairement songer au surnom de « Cteoulla » (cteoulla) sous lequel était adorée Aphrodite à Julis ».
Le présent rapport de Monsieur Lajard appelle à un retour sur les études enseignées à son heure par l’anglais Edward Sellon : c’est le moment d’y voir clair avec le nom « Vénus » (Lire chapitre « L’origine de Vénus chez les ésotéristes »), que nous supposons, pour notre part personnelle, plus sûrement venu d’Orient, la sonorité particulière l’atteste, dérivé de « vanus », un autre mot pour signifier la « vamachara ». Tiré des « Annotations sur les écritures sacrées des Hindous » d’Edward Sellon, cette traduction approximative et libre, néanmoins soucieuse d’apporter des informations justes, permet de constater d’où sont venues nombre des pratiques commentées jusqu’ici, d’Orient, que les Gnostiques apportèrent durant les temps antiques aux pays d’Occident : « Les Vanus, Varnus ou Vamacharis (« Vama » du nom « Vamachara » signifie « gauche » ; bien que l’on trouve aussi « vâmâ » qui veut dire « femme ») rendent un culte à leur déesse. Les adeptes pratiquent entre autres le rituel des cinq makaras, c’est-à-dire qu’ils mangent de la viande, du poisson, des céréales, boivent du vin, s’unissent aux femmes. Puis ils récitent des mantras, lisent des incantations… Ils tentent d’entrer ainsi en contact avec des esprits infernaux qu’ils nomment Yoginî ou Dhutî, attirent à eux des démons mâles et femelles afin qu’ils deviennent leurs esclaves*.
(* On rappelle ce passage de la magie tantrique :
Apparemment, la Dâkinî de la voie Gauche, autrement dit la Vamachara, vit par l’activité sexuelle des hommes. Pas seulement mais sûrement… Un rituel tantrique abonde dans ce sens et prépare à la
pratique de la magia sexualis, disant : « La magie sexuelle de certains tantristes de la Main Gauche de Bonpa et Nyimgmapa, ou des Vamachara (is) tantriques de l’Inde, consiste à ce que
la Dâkinî qui est invoquée, donc qui préside au rituel, prenne possession d’une partenaire féminine qui devient ainsi un « médium » et copule avec le yogi dévot. Inversement, un yogi
dévot suffisamment formé peut devenir médium et copuler avec les éléments de ses « désirs supérieurs » durant sa méditation ou « plongée astrale ». Dans le cas d’un très bon
médium, l’une ou l’autre des méthodes peut avoir pour conséquence une « apparition » ou au moins il peut résulter une « matérialisation », ainsi une deuxième copulation vient
s’ajouter subtilement à la première. On voit ainsi un parallèle avec des pratiques dépravées de certains spiritualistes du 19ème siècle, s’adonner à des rituels sexuels ou des orgies
dans certains « convens » de la Main Gauche, de la renaissance de la Witchcraft » (Docteur Evans-Wentz). Ce que HPB résume par ces mots dans son « Glossaire
théosophique » : « Certains travaux mystiques comme magiques, dont la particularité dominante est la vénération du pouvoir féminin, forcent la personnification de la Shakti. Dévi
ou Durgâ (de Kâli*) est ainsi l’énergie spécifique connectée aux rituels sexuels et aux pouvoirs magiques, le meilleur de la magie noire et de la sorcellerie ». (Lire chapitre « Magia
Sexualis avec Dâkinî Vamachara ou Lilith de la Main Gauche »)
« Dans une stricte observance des exercices, la principale pratique des cérémonies du culte de la Shakti – ou Pouvoir - nécessite la présence de jeunes et belles filles, lesquelles seront la représentation vivante de la déesse. Ce culte est célébré le plus souvent dans un groupe mixte. Les hommes représentent les Bhairavas ou Viras, les femmes les Bhanravis ou Nayikis. La Shakti est personnifiée par une fille nue, à qui l’on offre à manger et du vin, distribués par les assistants. Il s’en suit des récitations de mantras, des mouvements des doigts – dans les Bacchanales, il s’agissait de danses érotiques exécutées par les bacchantes - ; s’enclenche alors une orgie dont la description est des plus licencieuses. Cette cérémonie est intitulée « Sri Chakra » ou « Purnabisheka », le « bijou de la complète initiation ».
Le mot « Purnabisheka » ou « Purna » (Poorna) signifiant ici « complet » ou « plein » (« Purnachandra » ou « Pleine Lune ») a-t-il servi à concevoir le nom du démon « Porna », en même temps du mot grec « pornéia » signifiant « prostituée » mais aussi « fornication ». C’est possible, compte tenu que les pratiques de Maithuna dans la pûjâ réclamaient, de la part des adeptes, vu la maîtrise des arts sexuels exigés, des filles de joie ; d’où ce verset célèbre : « peu importe sa caste ». De fait, il est des Vénus incarnées qui furent abordées dévotement par le titre de « Grande fornicatrice » ; tout comme le dieu – Priape – était le « Grand fornicateur ».
Nous devinons que des cérémonies pareilles ont pu être exercées par des initiés de haute spiritualité, exempts de toute luxure, l’esprit en harmonie à leur objectif purement mystique. Mais nous savons bien que des mêmes pûjâ ont été réalisées par des prêtres et des hommes, sachant bien qu’ils n’atteindraient point le nirvana, espérant au moins rendre un culte dévotionnel intense tout en fréquentant la luxure du plus près.
Cette méthode d’adoration de la Shakti est inconnue
officiellement mais les textes confirment les « Vanus » come les « autorités en matière de pratiques impures ». A l’occasion d’un culte rendu à la divinité, les épouses, les
femmes et les filles déposent un de leurs vêtements dans une boîte tenue par un prêtre. Puis, chaque homme vient prendre un habit au hasard, qui décidera de la femme qu’il prendra pour lui et qui
personnifiera à ses yeux la divinité Shakti. Elle devient ainsi sa partenaire d’un soir au cours de cette orgie lascive.
La danse tient une place importante dans ce culte
cérémoniel. Dans chaque temple, une importance est accordée à une troupe de danseuses pouvant participer à la cérémonie. Ces femmes sont généralement recrutées jeunes, bien qu’initiées à tous les
arts de la profession. Elles sont sélectionnées aussi pour leur potentiel d’attraction sur la gent masculine, qu’elles intensifient par le moyen vestimentaire, des maquillages, bijoux et une
bonne connaissance des arts techniques dans le domaine érotique.
Celle qui incarne la déesse ou Shakti est considérée comme un médium, et parfois les arts hypnotiques utilisés par les mages rendent cette réalité effective. La fille est souvent une courtisane ou une danseuse érotique mais aussi une épouse, une fille sensuelle, mais toujours informée du déroulement du rituel. Le culte de Shakti est l’adoration du « pouvoir » que ces mages imagent par le yoni ou ctéis, l’argha ou la vulve, qui est le sexe féminin, devant lequel ils disent :
« Aswattha patra sadrusam Yoni a ram cha bh a j a nam
T a mra, r u pya, suvaruaistu rachitam tal prasasyate. »
Dans « l’Ananda Tantra » chapitre 7 verset 148, ainsi que dans d’autres passages, la femme intronisée apparaît comme la déesse qui préside le « pudendum-muliebre » - dérivé de « mullos », l’antique nom sacré pour le sexe féminin – ou « vulve déifiée ». Dans l’esprit de chacun, un diagramme de la Shakti se dessine, et la figure est visualisée sur la vulve de la femme. C’est « Adha-mukham » ou la « face secrète », le yoni duquel l’adorateur imagine que l’autel sacré est érigé. De tels rituels de ce culte de la Shakti ont été exportés et adaptés ici et là par des Gnostiques de l’antiquité, qui l’ont combiné à la linga-pûjâ (adoration du phallus) ».
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